Site officiel du MCG « Pour changer le Gabon »

Face au risque d’extrême droite en France, votez Emmanuel Macron le 24 avril 2022 !
21 avril, 2022, 20:33
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2017-2022: peut-on parler de Macron « l’Africain »?
La guerre en Ukraine a très largement influencé la direction de la campagne électorale française. De ce fait, le Président Macron, en raison de son activité diplomatique dans un moment de crise majeure, n’a pas présenté son bilan international complet.
Contrairement à 2017, il n’y a pas eu de discussions sur la politique africaine de la France. Le débat a été hystérisé par les forces d’extrême-droite sur l’immigration, thème quasi unique et réducteur de la relation historique entre le continent et la France. Le racisme au cœur de la vision sur l’immigration de l’extrême droite a empêché d’analyser un quinquennat pourtant prometteur, qui a commencé avec une discussion à bâtons rompus avec des étudiants à Ouagadougou et s’est achevé avec la reconnaissance du premier coup d’État au Mali, tournant le dos à l’apparence démocratique que s’était donnée la France en Afrique de l’Ouest. La prise de pouvoir des pro-Russes dans ce pays, alors même que l’armée française agit dans le Nord, a marqué par là le caractère dépassé de la diplomatie et du renseignement français.
Les analyses sur l’évolution du Président Macron ont d’abord noté que le jeune énarque avait fait un choix de stage étonnant quand il a intégré l’ENA. Au lieu de choisir une ambassade française de prestige, il a préféré rejoindre l’ambassade de France au Nigéria, pays de 200 millions d’habitants, anglophone, très riche et miné par des problèmes de gouvernance. Si cette démarche a quelque chose de louable, il n’en est pas moins qu’elle n’a pas franchi le seuil de l’image d’Epinal, ce malgré des avancées et des novations qu’il serait vain de nier, comme la volonté de restituer les œuvres d’art africaines, ou bien celle de réconcilier les Français avec leur histoire coloniale, en Algérie. Ce travail sur les mémoires n’a pas été sans intérêt comme l’a été la fin d’un fantasme alimenté depuis des années sur la mise sous tutelle du continent à travers le vecteur monétaire du Franc CFA.
Au-delà de ces politiques sectorielles, qui ne sont pas sans portée, il n’y a pas eu un grand dessein.
Le continent africain est resté typiquement séparé selon les critères habituels, avec relégation de l’Afrique centrale dans un angle mort.
D’abord le Mali, reprenant en cela les suites de l’intervention française, le Président Macron a peu innové, se contentant d’appeler à la rescousse les pays européens et tentant, en vain, d’élargir le champ de l’intervention, car chacun sait que la seule voie militaire est vouée à l’échec. Mais, pour des raisons qui lui échappent en partie, la situation de ce pays n’a cessé de se dégrader sous les yeux mêmes de l’armée française. Vaillamment, les troupes françaises luttent et meurent contre l’hydre islamiste, pendant qu’à Bamako, les intrigues de pouvoir se font jour avec des renversements d’alliances, des influences extérieures de plus en plus insistantes en la défaveur de l’ancienne puissance coloniale.
La France, peu mobile dans son approche malienne, a ignoré les signaux faibles d’une désapprobation populaire sur laquelle a commencé à prospérer le « soft power » russe, un mélange de propagande lourde anti française, et de ventes liées de solutions paramilitaires destinées à accompagner des juntes corrompues et vénales. Le tour est joué au Mali. Il ne l’est pas ailleurs de la même manière contrairement à la République centrafricaine, elle-aussi aux mains de groupuscules para militaires russes, extrayant nuits et jours l’essentiels des matières premières du pays en échange d’une « paix » précaire et meurtrière pour les populations civiles.
Ailleurs, en Afrique de l’Ouest, la France n’a pas protesté un instant après la mort du président-dictateur du Tchad, et a adoubé dans la précipitation son fils, provoquant une immense protestation des oppositions africaines. Au Burkina, une junte militaire a pris le pouvoir tandis qu’en Guinée, le pouvoir dictatorial a été interrompu brutalement par un coup d’Etat. A chaque fois, la France n’a pas émis de protestations autres que sur le plan de la forme, voire s’est tue par complaisance.
Dans cet agenda très politique et parfois militaire, peu de place a été faite aux sociétés civiles, aux associations et finalement au développement. Un seul des aspects semble passionner le Président français et ses équipes, le business et son environnement, en oubliant sans doute que le contexte de stabilité des institutions est aussi important pour les affaires que l’existence ou non d’une forme structurée du droit des affaires. Pendant 5 années, le nombre de colloques « business friendly » n’a cessé de croître.
Est-ce le signe d’un désinvestissement de la France pour le continent, la résultante d’une perte d’influence, accentués par la succession de campagnes électorales internes marquées par le racisme anti-africain, du Nord ou subsaharien, des populations assimilées à des « migrants » ? Il n’y a pas de débat en 2022 sur l’Afrique politique et la France, un destin partagé ou subi. Les situations nationales semblent sur le continent échapper désormais liées à des influences chinoises, ou russes, et parfois, dans les zones d’islam, à la Turquie.
L’abandon de l’Afrique centrale est désormais patent. Le Gabon, le Cameroun ou le Congo sont des pays qui semblent ne pas exister alors même qu’ils sont dans la zone francophone depuis leur indépendance, ou qu’ils l’étaient avant. Des clans règnent dans ces pays sans espoir de changement. Les élections sont de simples opérations de police visant à empêcher toute alternance et processus politique conduisant au changement.
C’est le cas au Gabon, où le Président au pouvoir, terrassé par un AVC fin 2019, envisage de se représenter en 2023, sans protestations de la part de la France, qui a pourtant entendu des associations de la société civile au sommet Afrique-France de Pau, fin 2022, protester sur les modes opératoires visant à maintenir continuellement les mêmes dictatures au pouvoir.
La France est aujourd’hui impopulaire auprès des populations qui contrairement, aux années 60 à 90, sont désormais connectées, agissantes, en éveil par rapport aux réseaux sociaux et sensibles aux messages discréditant l’ancienne puissance coloniale.
Faire un bilan de la politique africaine de la France est d’abord reconnaître qu’il n’y a pas une orientation précise. La gestion a été peu cohérente, réactive aux crises, et peu attentive aux mouvements de fond, à l’exception de la prise en compte du danger islamiste en Afrique de l’Ouest, en raison, de ses conséquences possibles sur le territoire européen.
Mais la politique internationale ne saurait se limiter à cet unique thème.
En définitive, même si notre jugement est assez critique sur la politique africaine de la France sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, la présence de l’extrême droite au second tour est un vrai danger pour la France et au delà l’Europe et le continent africain. En effet, les ramifications racistes et antisémites du rassemblement national sont une réalité. Le positionnement pro-russe de Mme le Pen est également un danger pour les intérêts de ceux et de celles qui se battent en faveur de la démocratie sur le continent africain. Les gouvernements français ont tous échoué à réformer une trajectoire démocratique sur le continent. Nous ne pensons pas que la possibilité d’accès au pouvoir de l’extrême droite soit une solution. C’est au contraire un risque d’aggravation de l’ensemble des enjeux tant celle ci porte atteinte aux attentes démocratiques partout où elle gouverne ou a gouverné.
Aussi, j’appelle ceux et celles qui possèdent la nationalite francaise, électeurs et électrices, à voter en faveur d’Emmanuel Macron le 24 avril 2022 !
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes
Présidente du Mouvement Civique du Gabon
Bilan pol af Macron 2Bilan pol af Macron 1


Bombes et invasion sur l’Ukraine, l’incroyable en Europe !
26 février, 2022, 13:38
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La Russie a décidé l’invasion d’un pays souverain l’Ukraine, déclenchant une guerre en Europe.
L’Ukraine est un pays démocratique, et il est en train d’être déstabilisé par une puissance extérieure qui refuse la démocratie et la combat.Les Russes sont abreuvés de désinformation sur les raisons réelles d’une telle invasion brutale .
Connaissant les usages de gestion du pouvoir en Russie, des courageux et courageuses ont manifesté leur désapprobation tout en sachant que des arrestations les attendaient comme toujours. Il y a d’un coté le peuple russe, et de l’autre Poutine qui rêve d’un empire d’avant la révolution d’octobre 1917 en 2022. Ses méthodes sont connues de tout le monde: il a horreur de la démocratie ,piétine les institutions internationales, empoisonne, emprisonne ses opposants et assassine les journalistes qui ne sont pas aux ordres .Peu lui importe le bien être des Russes, pourvu que lui et ses proches s’accaparent les richesses du pays. Ce n’est donc pas la Russie de Poutine qui va mettre fin aux pouvoir dictatoriaux en Afrique.
C’est la même Russie qui compromet l’ordre démocratique au Mali en étant à l’origine d’un putsch, en empêchant toute élection. Elle envoie une milice armée de mercenaires, payée 10 M€ par mois et met la main sur toutes les ressources et matières premières du Mali. Elle a déjà contribué à la déstabilisation en République centrafricaine ou les populations sont désormais prisonnières chez elle et toutes les matières premières pillées .
Un ensemble de sanctions économiques sont en train d’être adoptées par les principaux pays de la planète, mais seront-elles suffisantes pour arrêter Poutine?
On peut également s’interroger sur les Africains qui admirent Poutine contre la France. Par l’invasion de l’Ukraine, il est aisé de voir combien cette adoration de la Russie porte préjudice aux intérêts des pays africains, quelle que soit la forme de critique à l’égard de la France.
Un certain nombre de pseudos opposants africains ont même été invités tous frais payés à Sotshi en Russie par un oligarque . A leur retour, ces opposants ont commencé à chanter les louanges du régime russe dont chacun sait qu’il n’est pas la solution sur le continent africain.
Lors des élections présidentielles françaises, en 2017, le pouvoir russe avait déjà tenté de porter atteinte à la sincérité des procédures démocratiques en France, comme il est certain qu’il a apporté un soutien à Trump aux Etats-Unis en piratant les réseaux sociaux .
Partout dans la monde ont lieu des manifestations de protestation face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En France, trois acteurs politiques extrémistes ont des proximités idéologiques, ou matériels avec le régime russe. L’extrême droite d’abord, Le Pen et Zemmour qui justifient depuis longtemps le comportement de Poutine.
Puis, à l’extrême gauche, Mélenchon a également tenté de défendre la Russie en grande partie par anti américanisme.
Une note d’espoir cependant, des sportifs de haut niveau viennent d’indiquer qu’ils n’iront plus en Russie.
Qui a envie d’une troisème guerre mondiale?
Le comportement du Président ukrainien, Volodymyr Zelensky depuis le 20 mai 2019. est admirable. Aux côtés de la population, il a refusé de prendre la fuite comme le lui a proposé l’occident. Cette attitude devrait susciter l’admiration dans ce combat disproportionné.
Je voudrais tout particulièrement manifester mon amitié et ma solidarité à mon amie Inna Chevchenko, féministe et responsable des Femens, et qui est également d’origine ukrainienne (sa famille étant sur place), ainsi qu’à tous les Ukrainien-n-e-s.
Bombes et invasion sur l'Ukraine, l'incroyable en Europe !


« Cachez ces violences sexuelles au Gabon que je ne saurais voir ! » Pour un #Metoo au Gabon !
19 décembre, 2021, 10:33
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Le journal britannique « The Guardian » a révélé l’horrible affaire des agressions sexuelles commises sur les jeunes joueurs et joueuses des clubs de football gabonais par un des responsables nationaux, ancien entraîneur de l’équipe national des moins de 17 ans.
Ces pratiques sont répandues au sein du pouvoir gabonais, et le régime avait prévu d’étouffer cette nouvelle affaire qui le touche de près. En effet, aucun poste de haut niveau ne peut être occupé au Gabon sans l’aval du pouvoir en place depuis plus de 50 ans.
Il est d’ailleurs étrange que les femmes sur les positions de pouvoir, choisies par le régime, ne prennent jamais position pour dénoncer les violences faires aux femmes. Le pouvoir a choisi de faire de la communication externe en nommant des femmes dans certaines institutions, mais sur le fond, rien ne bouge, il maintient le patriarcat pour gommer le matriarcat traditionnel qui donne aux femmes un statut. Qu’en pense la première ministre du Gabon? La présidente de la Cour constitutionnel? de la pléthore de femmes ministres? Cette question doit traverser toute la société gabonaise, pour que les femmes et jeunes filles parlent.
Au Gabon, quand le régime est acculé sur une affaire de viols, il annonce l’ouverture d’enquêtes, qui en général ne débouche sur rien. Ainsi, en 2019, les filles de l’équipe féminine de football en déplacement à Marseille ont dénoncé les harcèlements et mauvais traitements dont elles avaient été les victimes. Le ministre des sports de l’époque avait annoncé l’ouverture d’une enquête. Sans aucune suite, ni aucune sanction.
Plus récemment, le secrétaire général des Nations Unies avait renvoyé les troupes gabonaises de la mission centrafricaine pour plaintes de viols et de violences sexuelles dans ce pays. Le régime avait également soi-disant ouvert une enquête dont la suite n’a jamais été connue. Sur ce sujet, nous avions publié un communiqué de protestations: http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr/…/communi…/
Dans ces différentes affaires, le régime est contraint par la presse internationale ou les Nations Unies d’agir, ce qu’il fait a minima, puis, dans la durée, étouffe les conclusions.
De manière opportune, Mme Bongo, qui n’a jamais été féministe de sa vie de rançonnage, a récemment publié un article sur la condition des femmes au Gabon. Il serait temps pour elle de s’intéresser aux multiples violences du régime, auquel elle appartient, dont les femmes et jeunes filles gabonaises sont victimes, et de les dénoncer, au lieu d’être à la recherche de subventions internationales à détourner pour sa pseudo fondation.
Nous appelons les médias et les pays solidaires des victimes, des femmes et des jeunes filles à faire pression de manière continue sur le régime gabonais de façon à ce que la justice puisse enfin être rendue au Gabon.
Guardian
Paris, 19 décembre 2021,
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes,
Présidente du Mouvement Civique du Gabon


« Je veux vivre dans un monde où je n’ai pas peur » (un des slogans de la manifestation – 20 novembre 2021)
21 novembre, 2021, 12:11
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Un très grand rassemblement contre les violences faites aux femmes s’est tenu à Paris, depuis la Place de la république, le 20 novembre 2021.
Celles-ci sont malheureusement peu condamnées par la Justice, soit en raison de la prescription, soit en raison du manque de moyens pour enquêter.
Le #Metoomédia se développe, car il n’y avait pas de raison que le secteur de la communication reste à l’extérieur du mouvement général.
Au delà du constat des inégalités dans tous les domaines de la vie sociale et économique, il est scandaleux que des femmes continuent à être harcelées, dans les transports, ou sur le lieu de leur activité professionnelle comme l’a mis en exergue un dossier de Libération avec l’emprise de Patrick Poivre d’Arvor.
Plus il y aura de femmes dans les différents niveaux de pouvoir en France, et dans le monde, moins il sera aisé pour les prédateurs de prospérer et de faire subir leur chantage à l’emploi.
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Ce qui est particulièrement scandaleux dans l’affaire PPDA est que des jeunes journalistes femmes se sont retrouvées du jour au lendemain exclues des conférences de rédaction (là où se décide la ligne éditoriale de la chaîne), de peur d’être la cible sexuelle des hommes présents. Du coup, contrairement à leurs collègues masculins, leurs carrières ont été dévalorisées, quand elles n’ont pas été obligées de démissionner.
Par ailleurs, les scandales dans le sport se multiplient, montrant là aussi qu’aucun secteur n’est épargné, le dernier en date étant celui de #PengShuai, joueuse internationale de tennis chinoise, qui a aujourd’hui disparu des réseaux sociaux après avoir dénoncé son agresseur, un haut responsable du pouvoir chinois. Notons que la solidarité de la fédération internationale de tennis est exemplaire, ainsi que celles de la part de nombreux et nombreuses joueurs et joueuses de haut niveau, tel-l-e-s Séréna William, Amélie Mauresmo, et bien d’autres.
Il y a aussi les violences plus ordinaires comme celles des caissières dans les magasins, lors des examens gynécologiques (exemple de l’hôpital Tenon), ou bien la difficile prise en charge médicale et sociale de l’endiométrose, maladie qui touche 10 % des femmes et jeunes filles.
Les combats en faveur des droits des femmes sont toujours d’actualité, et comme le montre le contexte mondial, jamais achevés. On l’a vu récemment en Pologne avec la quasi interdiction de l’IVG.
Pour ma part, j’étais très heureuse de me retrouver à la Place de la République, avec mon amie Hélène Elouard mais aussi, non loin de mes autres amies de l’Alliance des Femmes pour la démocratie.
Ce fut donc un rassemblement massif avec de nombreuses organisations féministes, même si l’on ne ne battra pas sur le décompte des participant-e-s, qui étaient au bas mot plus de 40.000 avec une présence désormais significative et bienvenue de la part des hommes en soutien aux femmes.
Comme le dit Isabelle Alonso, dans son dernier livre, « les vrais hommes sont féministes » ! (éditions Héloïse d’Ormesson).
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes
TWITTER: @MengueMEyaa
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Avec Achille Mbembe !
10 octobre, 2021, 18:46
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Avec Achille Mbembe, philosophe politique, spécialiste des systèmes politiques africains, qui a été chargé par le Président de la République, Emmanuel Macron, de lui remettre un rapport sur la politique africaine à l’occasion du sommet Afrique France de Montpellier.
Achille Mbembe est un auteur important qui a écrit plusieurs ouvrages dont le classique et initial Afriques indociles, ou plus récemment Critique de la Raison nègre, et le Brutalisme. Il a enseigné aux Etats Unis (Columbia, Berkeley, et université de Californie). Il est actuellement Directeur au Witwatersrand Institute of Social and Economic Research d’Afrique du Sud. Sa thèse de doctorat de sciences politiques a été menée à l’université de la Sorbonne et à l’Institut d’Etudes politiques de Paris sous la direction de Catherine Coquery Vidrovitch. Jean François Bayart, professeur de sciences politiques ,a souvent invité Achille Mbembe à contribuer en écrivant des articles pour la revue Politique africaine.
Enfin, Achille Mbembe a participé et co-organisé un colloque au Collège de France: « penser et écrire l’Afrique », avec l’écrivain et professeur de littérature française aux États-unis Alain Mabanckou, actuellement professeur au Collège de France.

 

Ac mbembe et Mengue M'Eyaà

 



Sommet Afrique France de Montpellier : rupture (s) avec la Françafrique?
10 octobre, 2021, 18:37
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L’auteur d’ Afriques indociles, ou du Brutalisme, philosophe politique, Achille Mbembe a remis hier son rapport au Président Macron avant la tenue du Sommet Afrique-France au cours duquel aucun Chefs d’Etats africains ne participera.
C’est la première fois que les « satrapes » africains sont exclus du sommet au profit des jeunes et des sociétés civiles africaines ,triées sur le volet . Mais n ‘y participe pas qui veut parmi les binationaux ou dans la diaspora africaine de France ou les binationaux. Il y a la bonne diaspora d’Afrique de l’Ouest  » tenue  » et coordonnée par la diaspora béninoise, et ses représentants dans la vie politique française, et la mauvaise diaspora d’Afrique centrale contestatrice de dictateurs qui n’est pas invitée . Donc ,
pas d’Ali Bongo, de Sassou Nguesso, d’Eyadema…. cette fois-ci. Ça ferait un peu désordre après les attaques répétées des putschistes Maliens jusqu’à l’ONU . Ils seront peut-être reçus lors de la présidence française de l’Union européenne ?
Bien entendu, à l’approche de l’élection présidentielle française, un tel parterre de gens, putschistes ou retors à la démocratie, auraient fait mauvaise figure à proximité du Président français qui aimerait signer un nouveau bail de 5 ans en France à l’Élysée.
Les crises internationales se succèdent sur le continent dans la zone sahélienne d’abord. Les diasporas africaines n’acceptent plus les dictatures héréditaires comme celle du Tchad ou du Gabon et entendent le faire savoir par les urnes en France . Les opinions publiques africaines, contemplant le désastre de leur situation, ne peuvent s’empêcher de tenir la France pour responsable de leur situation. Une atmosphère de dénigrement de la France est entretenue par un soft power de plus en plus puissant de la Russie, et par des agents d’influence à leur solde dans différents pays africains.
Mais tout n’est pas que manipulations, même s’il ne faudrait pas la minimiser.
Achille Mbembe est sans doute l’intellectuel le plus brillant que l’on puisse rencontrer sur la déconstruction des phénomènes politiques, des dégradations de la situation des « Etats africains », leur déliquescence interne et externe. Il analyse, dans la veine de Frantz Fanon, les signes cliniques de la décomposition, minés par un monde de combines, de cynisme, machiste , sexiste , de corruption, d’absence de conscience de l’intérêt général, et plus concrètement de l’affaissement des institutions crées au sortir des décolonisations.
La parole n’est pas donnée aux dictateurs divers et variés mais elle n’est pas non plus donnée aux oppositions africaines . On se situe au niveau de la pensée du changement sans aller jusqu’au bout de la logique, en associant les acteurs politiques du changement.
Pour autant, le changement d’époque est un fait majeur. La France, n’est plus aussi puissante, n’a plus envie de s’encombrer d’Etats éternellement en panne de développement du fait d’une absence de gouvernance démocratique et de la permanence de la corruption internationale qui mine l’Afrique.
Parmi les propositions du rapport d’Achille Mbembe, un fond pour soutenir la démocratie et les actions des sociétés civiles. Il s’agit là d’une idée intéressante si elle est bien appliquée pour ses finalités et non pas par des organisations contrôlées par les régimes en place.
Pour finir, le Mouvement Civique des Femmes propose la mise en place d’un Institut des mondes africains et de la recherche des Matrimoines africains à Paris, puisqu’un Institut du Monde arabe existe déjà.
Ces deux pôles de réflexion, de recherche, de rencontre des cultures, favoriseront la connaissance des mondes noirs, la justification de notre présence au monde, loin de l’hystérisation autour de la présence des Noirs es en France.
Un appel à la proposition de noms de cet institut pourrait être lancé.
Le Mouvement Civique des Femmes et celui du Gabon propose qu’il s’appelle : Institut des Mondes africains- Myriam Makeba Patrice Lumumba, OSSEI TUTU, Marylise CONDÉ, Frantz FANON, avec une recherche de parité sur les noms .
L’inventaire des relations Afrique France, Afrique Europe, est à mener, et peut-être qu’il va enfin débuter avec cet premier sommet de Montpellier.
Enfin, laissons la parole à Achille Mbembe, qui, en introduction de son rapport écrit:
« l’appel à une refonte des rapports entre la France et l’Afrique ne date pas d’aujourd’hui.
Hier, il était lancé sous la bannière des luttes pour l’autodétermination des peuples africains. Sortir du joug
colonial en était l’objectif final. Aujourd’hui, il vise la sortie de la « Françafrique » entendue à la fois comme
système idéologique, modèle de coopération subie plutôt que consentie, et mécanisme visant la poursuite de la
domination française en Afrique longtemps après les indépendances. »
Ac mbembe et Mengue M'EyaàAc mbembe 2
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes,
Présidente du Mouvement Civique du Gabon,


HOMMAGE A CASIMIR OYE MBA, ANCIEN PREMIER MINISTRE DE LA REPUBLIQUE GABONAISE
19 septembre, 2021, 17:52
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COMMUNIQUE DE MENGUE M’EYAA
La disparition subite de Casimir Oyé Mba est une triste nouvelle pour les hommes et les femmes qui défendent la démocratie au Gabon.
Casimir Oyé Mba était un honnête homme. Ancien gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique centrale, il est appelé en 1990 par le Président Omar Bongo, en difficultés, pour former un Gouvernement d’ouverture à la suite des mobilisations de la population et de la conférence nationale. Il devient Premier ministre, puis ministre des Affaires étrangères.
Il ne tarde pas à rejoindre l’opposition et participe à la fondation de l’Union nationale. Il retire in extrémis sa candidature de l’élection présidentielle en 2009.
En 2016, avec de nombreuses personnalités, il apporte son soutien au candidat Jean Ping qui devient le candidat unique de l’opposition.
Depuis le coup d’État du clan Bongo, il continuait à intervenir dans la vie politique gabonaise.
Sa perte est donc immense pour l’opposition gabonaise et pour le Gabon.
J’adresse en mon nom personnel, ceux du Mouvement civique du Gabon, et du Mouvement civique des femmes toutes nos condoléances, ainsi qu’à sa famille. J’associe bien évidemment les diasporas gabonaises qui rendent hommage à Casimir Oyé Mba.
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes,
Présidente du Mouvement Civique du Gabon,
Ancienne porte-parole pour l’élection présidentielle 2016 de Jean Ping
Oye mba


COMMUNIQUE DU MOUVEMENT CIVIQUE DES FEMMES A LA SUITE DES VIOLENCES SEXUELLES SUR LES FEMMES EN CENTRAFRIQUE PAR DES MILITAIRES GABONAIS
19 septembre, 2021, 17:46
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Le contingent militaire gabonais en Centrafrique déployé comme force chargée du maintien de la paix est accusé d’exactions, d’agressions sexuelles et de viols sur des mineures et des jeunes femmes de ce pays.
A ce titre, les Nations Unies ont ordonné le retour au Gabon de l’ensemble du contingent. Les sources onusiennes parlent de 32 cas avérés depuis 2017 et 81 autres cas suspects.
La nature du régime gabonais fait que les enquêtes sont quasi arrêtées au Gabon, ne permettant pas d’établir la vérité et de condamner les coupables.
Le comité chargé de la mise en œuvre de la résolution 2.272 attendait des clarifications, d’où la décision du Secrétaire général de l’ONU de retirer tout le contingent gabonais de la MINUSCA.
Il est tout à fait étonnant que les enquêtes sur les sujets de violences faites aux femmes et jeunes filles mineures , soient clôturées et n’aient pas de suites. Aucune instance judiciaire du Gabon n’a qualifié ces faits en crimes et délits.
Les violences faites aux femmes sont un sujet banalisé et dissimulé au Gabon, pays dans lequel règne l’inégalité entre les femmes et les hommes. Elles ne sont pas considérées comme des crimes ou des délits.
En général, personne au Gabon ne considère que les violences faites aux femmes sont un sujet .Il est banalisé et dissimulé en alibi culturel dans lequel règne l’inégalité entre les femmes et les hommes. Les violences faites aux femmes ne sont pas considérées comme des crimes ou des délits et la justice passe rarement en faveur des femmes victimes ou des filles mineures . Le harcèlement des femmes au travail , celui des étudiantes en milieu scolaire ou universitaire,est rarement dénoncé ou suivi de poursuites judiciaires, il en est de même pour les violences conjugales , les discriminations , la non mixité dans les milieux politiques. Il y a donc une culture des violences faites aux femmes au Gabon et de crimes impunis .
Concernant les exactions du contingent militaire gabonais, pourquoi la Première Ministre gabonaise n’est-elle pas interrogée? Pourquoi les femmes Ministres gabonaises sont-elles absentes ?
Il est légitime de préciser que le pouvoir gabonais ne peut rien dire sur ces militaires, puisqu’il s’appuie sur l’armée pour maintenir la dictature au Gabon.
L’ordre patriarcal règne donc, et condamner les violences envers les femmes, ou les enfants, serait pourtant un début pour entrer dans la modernité du respect de la personne humaine.
Après les déclarations opportunistes de Mme Bongo, cet été, sur la formation des femmes, l’on peut constater son silence éloquent sur un tel sujet, et celui de la totalité des femmes du pouvoir, pourtant invitées régulièrement dans le cadre de la diplomatie dite féministe.
Pour notre part, le Mouvement Civique des Femmes proteste et exige l’accélération des procédures judiciaires concernant les responsabilités des crimes commis par l’armée gabonaise en Centrafrique. Le Gouvernement gabonais doit également rendre compte publiquement de la situation et des sanctions à prendre envers les auteurs des méfaits.
Paris, le 18 septembre 2021
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes,
Présidente du Mouvement Civique du Gabon
Photo MM_Porte paroleCommuniqué 17 septe2021


L’espionnage de masse contre la démocratie : Pégasus israélien, Silam franco-gabonais,
29 juillet, 2021, 7:18
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Tous les Etats démocratiques ou autoritaires savent qu’une des clés de l’espionnage est l’écoute téléphonique, ou la surveillance électronique.
Ce peut être pour une bonne cause comme pour la CIA afin de pourchasser les terroristes d’Al Quaida, ou l’État islamique. Ainsi fut retrouvé Oussama Ben Laden dans la banlieue de Peshawar au Pakistan, à travers l’écoute d’un de ses proches.
Une société israélienne a fourni un logiciel d’écoutes téléphoniques indétectables dans certains Etats ou régime, qui ont mis sur écoute des journalistes, des responsables politiques, surtout des opposants, et des militants des droits humains partout. La souveraineté et la démocratie des Etats visés et l’indépendance des journalistes sont remises en cause. La protection de la vie privée est également fragilisée.
Il y a de l’espionnage moins sécuritaire et plus déloyal comme celui du système d’origine israélien, Pegasus. Le haut degré de technologie de ce logiciel espion, développé sous le contrôle de l’appareil militaire de l’État hébreu, est qu’il est indétectable pour les personnalités espionnées. Il prend possession en quasi invisibilité des terminaux des personnes cibles.
Les Etats démocratiques, qui ont développé leur propre système d’espionnage, sont outrés de découvrir d’avoir été ainsi les cibles d’autres Etats alliés appartenant de surcroît au tiers-monde, comme l’est par exemple le Maroc, qui aurait espionné un des téléphones d’Emmanuel Macron .
Cette situation a fait réagir la chancelière Angela Merkel, mais aussi la présidente de la Commission de l’Union européenne. Les réactions du pouvoir français, s’appuyant sur de précautionneuses vérifications, sont beaucoup plus mesurées et lentes.
Il est vrai que la France a promu un temps son propre système d’écoute, comme par exemple celui installé à proximité de la Présidence gabonaise depuis l’époque d’Omar Bongo (mort en 2009), jusqu’à aujourd’hui, un système installé dans un pays non démocratique, et qui est au service exclusif du régime. Ce système appelé SILAM a été mis en œuvre par le SDECE, devenu depuis la DGSE, et a depuis son origine été dirigé par des responsables français, issus du renseignement. Son objectif essentiel est d’informer le régime, sans doute aussi la France, des faits et gestes de l’opposition, et consolider le clan Bongo, à travers des tentatives de contrôle, et de neutralisation, des libertés de ceux et de celles qui promeuvent un ordre démocratique au Gabon.
Le dernier des directeurs du SILAM en date, Jean-Charles Solon, ancien militaire de l’armée de terre, agent de la DGSE, a même été nommé récemment membre de l’ARCEP gabonaise (Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste), preuve s’il en était de la confiance du clan Bongo et de ses qualités à développer les réseaux de surveillance de masse des adversaires du régime gabonais.
Comme le dit la lettre digitale Business Africa (août 2019) : « Jean-Charles Solon devra davantage se rendre utile dans le développement du secteur du numérique et des télécoms au Gabon. En plus de son poste au Conseil de régulation de l’Arcep, il est également membre du CA de la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN), une entreprise chargée de commercialiser les infrastructures numériques déployées au Gabon par l’Aninf. Pour cela, la Spin a noué un partenariat avec le français Axione. »
Axione est en effet une très importante entreprise française spécialisée dans les infrastructures de réseaux publics et privés, qui intervient déjà au Gabon, et en Côte d’Ivoire, deux Etats du pré-carré africain de la France. Ce que ne dit pas la lettre d’informations est de savoir à qui M. Solon sera t’il vraiment utile ? Sans doute pas au Gabon et au développement de ce pays.
Ainsi, des antiques écoutes sur les téléphones filaires, Silam, tout comme Pégasus, a su s’améliorer en même temps que les technologies piratées, qui ont toutes un rapport avec des réseaux plus ou moins bien cryptés, comme whatsapp, ou d’autres réseaux moins connus. Les failles de sécurité des smartphones sont les cibles de ces systèmes d ‘écoute, et les performances de piratage sont si impressionnantes, qu’elles ont permis à des pays comme l’Arabie Saoudite, ou bien le Rwanda, de traquer les itinéraires de leurs opposants de façon à les assassiner ou à les arrêter.
S’agissant du Gabon, la surveillance politique était depuis des dizaines d’années un secret de Polichinelle. Tous les acteurs politiques, surtout de l’opposition, mais pas seulement, savent qu’ils sont écoutés sur leurs téléphones ou bien sur leurs réseaux. C’est même devenu une seconde nature de se méfier.
A la Présidence gabonaise par exemple, chacun savait qu’un système de vidéo très perfectionné enregistre toutes les conversations et images, notamment dans le bureau d’Omar Bongo, qui aimait à garder des traces de ses « dons » et valises de billets remis en mains propres à des visiteurs politiques français de haut niveau. On peut penser que la succession anti démocratique et dynastique depuis 2009 n’a pas remis en cause ces pratiques.
Il est toute autre en France où la culture démocratique rend plus ou moins insupportable une telle situation, ce d’autant plus lorsqu’il est question d’une surveillance de M. Macron, Président de la République, de ministres, par le Maroc, dont les enjeux sécuritaires sont assez limités, surtout dans le rapport avec la France.
De manière plus générale, compte tenu du rang de développement du Maroc, ou du Gabon, on peut s’interroger sur l’intérêt pour ces pays d’acquérir des technologies coûteuses de surveillance alors que tout manque en matière éducative, économique, ou sociale. La lutte contre le terrorisme est un enjeu bien secondaire dans le cas de ces pays, comme pour le Rwanda, l’Arabie saoudite, ou bien même la Hongrie, en Europe. La conservation du pouvoir par un groupe, un clan, ou une dynastie, sont en réalité les seules et uniques motivations.
Il faut donc remercier le consortium de grands journaux internationaux et l’ong Amnesty internationale d’avoir dévoilé aux yeux du monde ce nouvel avatar de la surveillance politique implantée désormais, par le logiciel Pegasus, dans des Etats qui ne sont pas de grandes puissances avec des finalités purement anti démocratiques.
Plutôt que de s’interroger sur ses méthodes, le Maroc, mis en cause, réagit aux accusations par une extrême agressivité en direction de la presse et d’Amnesty. Il est vrai que le pouvoir marocain, depuis Hassan II jusqu’à nos jours a un véritable problème avec l’expression démocratique et la liberté de la presse.
Le scandale Pegasus va t-il être étouffé progressivement dans le cours de la période estivale ? Du retour de la pandémie COVID et des ses innombrables variants ?
S’agissant du système d’écoute franco-gabonais, installé à Libreville, le SILAM, celui-ci n’a pas été remis en cause, ni évoqué, ce qui est bien dommage.
La démocratie est affaire de transparence, et de principes à défendre.
Mengue M’Eyaà
Présidente du Mouvement Civique des Femmes,
Présidente du Mouvement Civique du Gabon,
Journaliste,
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La très vieille politique africaine d’Emmanuel Macron
28 avril, 2021, 13:36
Classé dans : Non classé
Les soulèvements réprimés par la junte militaire ont fait 9 morts au Tchad (9 personnes civils). La jeunesse, les forces d’opposition, refusent la logique du coup d’État. La France s’est une nouvelle fois discréditée.
La mort inattendue du chef d’État tchadien, Idriss Déby, a dévoilé les véritables intentions du « jeune » président français, Emmanuel Macron. Un Président de la république française ne devrait plus parler comme il l’a fait en soutenant la junte militaire.
Les éléments de langage avaient été généreusement distribués dans les chancelleries, dans le pays et dans les chaînes d’informations françaises. Idriss Déby, un vaillant général, était mort, comme un héros de l’Antiquité, les armes à la main, frappé par ses ennemis.
L’image était belle mais est-on sûr que les évènements se soient déroulés de cette manière. Certains disent qu’on lui a tiré dessus à la suite d’un différent interne, d’autres qu’il a été contaminé par le COVID dont il serait mort.
Le mystère règne, et un homme de plus de 70 ans aurait été tué ainsi au milieu des combats.
Après sa disparition, un communiqué lénifiant a été publié par la Présidence de la République française, oubliant sans doute que M. Déby était au pouvoir depuis plus de trente ans et que son règne n’avait pas commencé avec la lutte contre les terroristes islamistes. Son pouvoir était marqué par des violences inqualifiables, des assassinats, dont la disparation physique d’un opposant encore récemment, le boycott des élections par l’opposition et des résultats au score soviétique, la concentration des pouvoirs, bref une « satrapie » classique, selon le mot d’Achille Mbembe , comme il en existe quelques unes en Afrique francophone, au Gabon, ou au Togo par exemple.
Tchad 2Tchad1
Les mots choisis par le communiqué sont en soi une vision de l’Afrique telle que se la représente Emmanuel Macron :
« La France a appris avec émotion le décès du Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno, annoncé le mardi 20 avril 2021. Elle présente à la famille du Président Déby Itno et à l’ensemble du peuple tchadien ses condoléances attristées. Le Tchad perd un grand soldat et un Président qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies. La France perd un ami courageux.
La France se tient aux côtés du peuple tchadien dans cette épreuve. Elle exprime son ferme attachement à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad.
Elle prend acte de l’annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d’un conseil militaire de transition, organe chargé de conduire une transition politique d’une durée limitée. Elle souligne l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles. »
La France, « aux côtés du peuple tchadien » ? En fait, la France est plutôt aux côtés de l’armée ethnicisée du pouvoir tchadien, les zagawas, depuis plus de 30 ans.
La France aux « côtés du peuple tchadien », sidéré par la confiscation de ses droits civiques élémentaires comme du temps des colonies . C’est un « jeune » Président de 40 ans qui vient adouber une monarchie militaire en 2021, comme si la décolonisation n’avait jamais été le combat de Senghor et autres leaders politiques africains.
Le peuple tchadien n’a jamais été consulté, et les élections ont été faussées à chaque fois qu’elles ont eu lieu par des arrestations, des intimidations et des fraudes. De plus, lors de son déplacement pour les obsèques le 23 avril 2021, Emmanuel Macron n’a pas souhaité rencontrer l’opposition, qui réclamait le respect des procédures démocratiques et le refus du coup d’État militaire.
La France « prend acte de la mise en place d’un conseil de transition » poursuit le communiqué, tout en a souhaitant que la transition « se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue » avec les acteurs politiques et la société civile. Mais ces conditions n’ont jamais existé auparavant.
La France est engagée dans la zone sahélienne depuis 8 ans en raison de la menace qui pesait sur le Mali de voir un groupe de terroristes islamistes prendre le pouvoir. 5.000 soldats français y sont engagés, et 1.500 soldats tchadiens sont à leurs côtés. Très entraînés, et bien équipés, ces soldats constituent l’ossature de la présence africaine sur les terrains de conflit nombreux, avec la faculté de se déplacer dans plusieurs des pays concernés avec l’aval des autorités politiques. Cette situation de force militaire est donc particulièrement appréciée par les militaires et le pouvoir français.
Pour autant, Emmanuel Macron a choisi de renier sa propre doctrine prononcée à Ouagadougou au nom d’intérêts stratégiques militaires immédiats. Même l’état-major militaire français l’admet, il ne peut y avoir une seule solution armée pour régler le problème des groupes terroristes islamistes. Seules l’éducation et la formation, la prise en compte des diversités nationales dans les Gouvernements locaux peuvent changer la donne et réduire les inégalités conduisant aux révoltes et mobilisations de populations délaissées, récupérées ou instrumentalisées par les idéologues terroristes.
La France soutient Navalny en Russie, et Aung San Suu Kye en Birmanie, mais appuie la junte militaire au Tchad.
De ce fait, l’appui de la France à un pouvoir personnel, sorte de monarchie militarisée avec à sa tête le fils de l’ancien dictateur, est un mauvais signe adressé aux jeunes générations africaines du Tchad et des autres pays. Les jeunes binationaux Afro-Français qui ont voté pour le Président Macron viennent de comprendre qu’il n’y a aucune volonté politique de sa part de voir les peuples africains libres et choisir leurs dirigeants.
Sommes-nous entrés dans l’ère du mépris de la France, arrogante et méprisante ?
Par ailleurs, il existe une troublante ressemblance dans les pratiques politiques d’Emmanuel Macron avec celles de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, venu à Libreville « adouber » Ali Bongo aux obsèques d’Omar Bongo. Le vieux président l’avait pourtant, de son vivant, volontairement écarté du pouvoir par une modification de l’article 10 de la constitution gabonaise.
Alors, M . Macron, comme l’avait dit M. Sarkozy au cours d’un discours devenu scandaleusement célèbre, les Africains ne sont pas « rentrés dans l’Histoire » pour justifier d’un tel mépris au Tchad?
Depuis 2017, la France s’évertue à promouvoir la continuité en Afrique. Emmanuel Macron a décidé de considérer que le continent africain, et le Tchad, restaient en dehors du sens de l’Histoire.
La transition doit s’effectuer sans délai au Tchad et sans conditionnalités imposées par les putschistes militaires.
Comme l’a écrit Alain Mabanckou, refusant de participer à la francophonie institutionnelle, en raison de ses compromissions avec les dictatures africaines, et l’expliquant dans sa lettre à Emmanuel Macron
« Il serait utile, Monsieur le Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d’une autre génération, que vous avez tourné la page et qu’ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable: la liberté».
J’adresse tout mon soutien aux populations tchadiennes démocrates qui combattent la dictature militaire et mes condoléances aux familles qui viennent de connaître un assassinat d’un ou d’une de leurs proches.
Nous sommes tous et toutes des Tchadien-n-e-s !
Mengue M’Eyaà Bonnet
Présidente du Mouvement Civique du Gabon
Présidente du Mouvement Civique des Femmes

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