« Biens mal acquis »: le droit doit évoluer pour que les chefs d’Etat africains ne bénéficient plus d’aucune protection, selon Eva JOLY, députée européenne
« La Cour d’Appel de Paris a rejeté ce matin la plainte introduite par Transparence Internationale France dans l’affaire des « biens mal acquis« , donnant raison à un Ministère public qui n’aura cessé de s’opposer à une enquête approfondie sur certains des piliers les plus importants de la « Françafrique« .
C’est une décision inexcusable. Le signal qu’elle envoie est on ne peut plus clair : en France et s’agissant de l’Afrique, les intérêts de quelques-uns, que tout porte à croire corrompus et bénéficiaires de détournements massifs de fonds publics, priment sur ceux de millions d’habitants parmi les plus pauvres de la planète. On savait déjà que rien n’était fait pour aider ces populations à élire démocratiquement leurs dirigeants ; on constate en plus qu’aujourd’hui comme hier, tout est fait pour les protéger jusque sur le sol français.
L’Etat se rend ainsi lui-même coupable d’un véritable recel et, pour reprendre un mot de William Bourdon, avocat de Transparence Internationale France, d’une « omerta judiciaire ». Il se retient d’agir et empêche des ONG pourtant engagées de longue date dans ces combats de le faire, alors que le doute n’est guère possible quant aux moyens utilisés par MM. Bongo, Obiang, Nguesso et leurs familles pour constituer le patrimoine qui est le leur.
On pouvait pourtant espérer une issue différente. Avant même la décision du doyen des juges d’instruction que la Cour d’Appel vient d’annuler, la justice avait déjà reconnu à plusieurs reprises la légitimité d’associations à se constituer partie civile dans de semblables procédures. Cette semaine, le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé en première instance des peines se voulant exemplaires dans un autre dossier touchant à la corruption. Chez l’un de nos plus proches voisins, en Italie, les magistrats viennent de remporter une victoire dans leur lutte contre les malversations au sommet de l’Etat, en récupérant des moyens légaux que certains avaient voulu leur enlever. En un seul et même arrêt, ce sont tous ces garde-fous, tous ces timides progrès -- en France comme en Europe -- que la Cour d’Appel ignore. Elle ignore du même coup, contrairement à l’analyse qu’en fait le Président Daniel Magdeleine, auteur de la décision, les conventions internationales engageant la France à restituer aux populations concernées les biens obtenus par la corruption et des détournements de fonds publics.
Il est grand temps que le droit français évolue pour faciliter la poursuite de Chefs d’Etats sur lesquels pèsent de semblables soupçons. Il est grand temps aussi qu’une volonté politique émerge, au plus haut niveau de la République, pour rénover les relations que nous entretenons avec certains pays africains et prendre enfin en compte le devenir de leurs habitants. «
Eva JOLY, députée européenne
29 octobre 2009-
Gabon, un régime autoritaire … sans autorité!
L’affaire de la banque centrale d’Afrique centrale est symptomatique de l’absence de légitimité et d’autorité du régime gabonais. Dans sa croisade très orientée contre la corruption, M. Bongo n’a pas envoyé sa garde prétorienne pour récupérer le gouverneur de la BEAC comme il l’a fait pour mater les Gabonais ou pour empêcher les démocrates gabonais de voyager (Grégoire MINTSA).
En effet, le gouverneur de la BEAC refuse d’obtempérer aux « ordres » du putschiste. Comment prendre au sérieux des leçons de morale d’un clan dont la profession quarantenaire est d’avoir mis la rente pétrolière et les autres ressources sous coupe réglée et qui voudrait sérieusement croire qu’il est choqué par des détournements de fonds ? Pourtant, d’où le clan Bongo tient il l’immense fortune camouflée dans les paradis fiscaux de la terre ? du travail immémorial de la terre du Haut Ogoué dont on sait que le plus habile paysan batéké doit lui-même supporter l’aumône du régime pour survivre ?
Par ailleurs, à force de violer les règles de droit interne, le régime appuyé par les néo-foccardiens français a oublié qu’il existe aussi des règles de droit des organisations internationales dont dépend la BEAC. Quel dommage ? Il n’y a même pas une « cour constitutionnelle » bienveillante pour « dire le droit » et déférer le récalcitrant auprès du « président », non élu, du parti-Etat.
Car, comme chacun sait, en dehors des frontières du Gabon, le régime auto-proclamé ne bénéficie de peu de crédits et d’aucune possibilité d’action. Au prix d’un coup d’Etat électoral et militaire, d’un massacre de citoyens à Port Gentil, le Gabon est désormais conforme à la risée internationale qu’il est depuis 42 ans : incompétences, népotisme, violences inacceptables… Les quelques libertés acquises par les luttes populaires en 1990 sont rognées avec l’appui et le soutien des néo-foccardiens de la Présidence de la République française et les affairistes divers.
Voilà que le putchiste devrait être nommé grand vizir de la maçonnerie gabonaise ? L’on finirait bien par faire croire aux Gabonais qu’il est « respectable ».
« Fuir la vertu et pratiquer le vice démocratique ! » telle serait la devise consacrant le « grand » homme…
Paris, le 29 octobre 2009
Gabon, Angola, Niger: Les Verts dénoncent la françafrique…
Communiqué de presse
LES VERTS du 27 octobre 2009
La Françafrique et son cortège de corruption, de néo-colonialisme et de morts viennent d’être condamnés par le tribunal de Paris. Tous ses ingrédients abjects étaient réunis dans ce procès : gigantesque trafic d’armes, pots-de-vin massifs avec parmi les condamnés un ancien ministre, Charles Pasqua, des conseillers renommés, issus de réseaux françafricains de gauche et de droite sur fond de pétrole angolais et de guerre civile sanglante.
Il fallait rendre justice aux centaines de milliers de victimes des armes et mines anti-personnels vendues dans ce trafic qui a alimenté une guerre qui a fait près d’un million de morts, en majorité civils. La Françafrique n’a pas fait que spolier l’Afrique. Elle s’est nourrie de ses guerres sans fin.
Ce procès a condamné certaines têtes de réseaux mais la Françafrique vit toujours. Le soutien de la France aux élections truquées au Gabon, riche en pétrole, ou au coup d’état constitutionnel au Niger, riche en uranium montre que les réseaux prospèrent toujours. Il y’a quelques mois un Ministre de la coopération était même limogé par Nicolas Sarkozy et Omar Bongo parce qu’il souhaitait signer l’acte de décès de la Françafrique. Faudra-t-il attendre encore une fois vingt ans pour juger les crimes et magouilles commis aujourd’hui par la France dans le pré-carré africain ?
Le régime nargue les Gabonais !
Après l’installation du putschiste, le régime a décidé de « délocaliser » les conseils des ministres du gouvernement du parti-Etat.
Cette première « délocalisation » doit avoir lieu à Port Gentil, ville symbole de la résistance au putsch électoral. Des Gabonais y ont été massacrés par les mercenaires du régime et des centaines de démocrates, souvent jeunes, ont été arrêtés. En dehors du coût financier démesuré, dont les montants auraient été bien utiles pour aider les familles des victimes endeuillées, le régime ne fait preuve d’aucune contrition par rapport aux actions sanglantes menées, dévoilées intégralement par le rapport du Professeur KOMBILA.
Rappelons-nous, 19 ans plus tôt, Joseph REDJAMBE, avait également été éliminé par ce même régime aux méthodes décidément éprouvées en matière de démocratie. Gageons que ce Conseil des ministres du parti Etat ne se tiendra pas sur la place Joseph REDJAMBE, voulue par Pierre Louis AGONDJO OKAWE, alors maire de Port Gentil !
Les premières mesures de « modernisation » sont cosmétiques et visent essentiellement à donner le change aux néo-foccardiens qui ont installé Bongo au pouvoir. Il n’est pas sans intérêt d’ailleurs de remarquer que les suppressions de postes visent à éliminer des soutiens d’Omar BONGO, que celui–ci avait l’habitude de recaser avec de fausses fonctions mais avec de solides rémunérations.
Mais, l’essentiel est ailleurs : comment justifier une politique de « rupture » qui ne toucherait pas le clan Bongo, dont on sait que l’ensemble de ses membres occupent la plus grande partie des présidences de conseils d’administration de société publiques, para-publiques et privées ?
Il veut le « partage » : qu’il le prouve !
Le cœur du régime est la mainmise sur la rente pétrolière.
Qu’il rende compte de la ressource pétrolière et des principales autres ressources du Gabon, de leurs affectations et de leurs « évaporations » dans le budget de l’Etat, plutôt que de distraire l’attention des Gabonais par des mesures anecdotiques et de les terroriser par une surveillance militaire et policière permanente !
Il veut la transparence du patrimoine des ministres : très bien ! Mais quel est le patrimoine des membres du clan Bongo, dont a vu la débauche de moyens, jusqu’à l’écœurement, au cours de la campagne électorale précédant le coup d’Etat ? Faut-il d’ailleurs rappeler que l’affaire judiciaire des « biens mal acquis » court toujours dans les tribunaux français ?.
Un de ses actes fort est d’attaquer les fonctionnaires surtout quand ceux-ci portent une juste revendication qui n’est pas en phase avec la propagande d’Etat véhiculée par la quasi-totalité des médias gabonais. Les enseignants sont particulièrement visés. Ils protestent de leurs conditions de travail et de leur statut. La réponse du régime est conforme à ses 42 années d’expérience : le dialogue par la matraque…et entraves à l’exercice du droit syndical pour les agents publics. Fausses mesures, manœuvres dilatoires, le régime tente d’auto-justifier les conditions illégales de son maintien au pouvoir en « sacrifiant » quelques vieux barons du régime.
Après une transition ratée et violente, la catastrophe Rogombe, contente d’elle-même, est repartie au Sénat, institution inutile qu’il serait urgent de supprimer. Les économies de cette suppression permettraient d’améliorer les moyens de fonctionnement des écoles publiques et des hôpitaux…
Les Gabonais ne sont pas vraiment en attente par rapport au régime dont la longue agonie de 42 dernières années se poursuit et ne fait qu’accentuer le déclin du Gabon en Afrique et dans le monde !
Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement civique du Gabon
France-Afrique : Paris renoue avec ses vieilles habitudes, par Philippe BERNARD (-Le Monde du 17 10 2009-)
Note du MCG
Après le coup d’Etat électoral, le journal « Le Monde » fait un état de la politique française en Afrique à partir de l’exemple gabonais. Précisons tout de même que si l’opposition proteste depuis le début, la garde présidentielle du régime terrorise les Gabonais afin d’empêcher ceux ci de manifester leur désapprobation. C’est la raison pour laquelle, ce « sacre » a pu avoir lieu.
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France-Afrique : Paris renoue avec ses vieilles habitudes, par Philippe BERNARD (-Le Monde du 17 10 2009-)
« Le « sacre », vendredi 16 septembre à Libreville, du fils du plus ancien et du plus trouble des alliés de la France en Afrique, Omar Bongo, est tout un symbole. L’investiture d’Ali Bongo coïncide avec la discrète réorientation de la politique de Paris vis-à-vis du continent africain. Cette fois-ci, aucun discours de Nicolas Sarkozy n’aura annoncé le vent nouveau. Ni celui de la rupture avec la Françafrique chiraquienne, comme à Cotonou en mai 2006, ni celui de la sincérité provocante, comme à Dakar en juillet 2007. Une inflexion de la politique africaine de la France vient de se négocier dans le silence feutré de l’Elysée, sans envolée lyrique ni médiatisation. Longtemps brandie par le président, la volonté de rénovation du tête-à-tête usé entre Paris et ses anciennes colonies a fait long feu.
L’heure est au retour aux mauvaises vieilles habitudes : poids des émissaires officieux, priorité absolue aux intérêts économiques et stratégiques de la France sur les exigences démocratiques et les revendications des sociétés africaines. Loin des velléités de banalisation, l’Afrique redevient un domaine ultra-réservé au plus haut sommet de l’exécutif.
Discret, le tournant n’a pas été pris en un jour. Il coïncide pourtant avec un événement hautement symbolique : l’élection, bénie par la France, d’Ali Bongo, le 30 août.
Pur hasard ? La veille du scrutin gabonais, une autre nouvelle significative avait filtré : le départ pour l’ambassade de France au Maroc de Bruno Joubert, conseiller de Nicolas Sarkozy, chargé de l’Afrique et figure de proue des « rénovateurs » de la présidence. Ceux précisément qui avaient manoeuvré en mai 2007 pour griller la politesse à Omar Bongo alors qu’il exigeait d’être le premier chef d’Etat africain à être reçu par le nouveau président français. A sa grande surprise, la première femme élue démocratiquement à la tête d’un Etat africain, la Libérienne Helen Johnson Sirleaf, de passage à Paris, avait alors eu les honneurs de l’Elysée avec vingt-quatre heures d’avance sur le vieil autocrate gabonais. Un symbole prometteur.
« Bruno Joubert n’a pas été débarqué, assure aujourd’hui un haut diplomate, mais son remplacement aura des conséquences importantes. Jusque-là, Sarkozy marchait sur deux pieds en Afrique (la diplomatie traditionnelle personnifiée par Bruno Joubert, équilibrant le poids des émissaires officieux qui rendent compte à Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée). Désormais, il risque de boiter. »
Notoirement agacé par les interventions de l’avocat Robert Bourgi, l’un de ces missi dominici officieux de la présidence, Bruno Joubert affirme que ce dernier « n’a pas cessé de jouer à contre-pied de ce qu’est la politique française » en Afrique. « Ses interventions ne m’ont pas fait diverger et j’ai toujours agi avec l’accord du président de la République », assure-t-il cependant.
Le départ du diplomate ne peut que réjouir M. Bourgi, qui doit savourer l’événement, mais en silence : l’Elysée lui a demandé de se faire discret après ses tonitruantes prises de position en faveur d’Ali Bongo.
Sur le dossier gabonais, M. Bourgi a gagné : en dépit d’un scrutin suspect et de pratiques financières désastreuses pour la population, il n’est plus question pour la France de prendre ses distances avec le régime gabonais. Tout en répétant que « la France n’a pas de candidat », l’exécutif français a tout fait pour favoriser l’élection d’Ali Bongo.
L’équipée secrète d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération, récemment révélée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, en témoigne. Une semaine avant le vote du 30 août, M. Joyandet, qui a succédé en mars 2008 à Jean-Marie Bockel limogé sous la pression d’Omar Bongo, s’était discrètement rendu en Guinée équatoriale. Dans ce pays pétrolier limitrophe du Gabon, le secrétaire d’Etat, dépêché par l’Elysée, a plaidé la cause d’Ali Bongo, qu’un conflit frontalier oppose au président équato-guinéen Teodoro Obiang. A ce dernier, M. Joyandet a demandé -- en vain -- de cesser son soutien financier à la campagne d’André Mba Obame, l’un des principaux opposants de Bongo junior. M. Mba Obame, qui estime que la victoire lui a été volée, observe aujourd’hui une grève de la faim pour protester contre ce qu’il appelle un « putsch électoral ».
Alain Joyandet, avant de s’envoler pour Libreville où il représentait la France, vendredi, à la cérémonie d’investiture, a poussé loin le service après vente en faveur d’Ali Bongo. Il convient de lui « laisser le temps de démontrer qu’il peut être un président de rupture », a-t-il déclaré, déchaînant la colère des opposants.
La succession d’Omar Bongo n’a fait que mettre en lumière le maintien en odeur de sainteté de tous les potentats « amis de la France » et la fin de la prétention de M. Sarkozy à leur « parler franchement ». Elle a aussi révélé le rôle non négligeable joué par Robert Bourgi. La porte de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, n’est jamais fermée à cet héritier des réseaux gaullistes, lobbyiste actif en faveur de son client Ali Bongo.
A l’évidence, l’axe Joyandet-Bourgi, sous la houlette de Claude Guéant, a pris la main sur la cellule diplomatique, affaiblie par le départ de Bruno Joubert. M. Guéant, ancien préfet de Franche-Comté, est d’ailleurs une vieille connaissance d’Alain Joyandet, élu de Haute-Saône et candidat à la présidence de la région.
Le profil d’André Parant, successeur de Bruno Joubert à la tête de la cellule africaine de l’Elysée (forte de deux autres diplomates), renforce cette analyse. Propulsé dans ce saint des saints sans grande expérience africaine (un passage à la coopération à Bangui puis Paris et deux années d’ambassade à Dakar), le nouveau « M. Afrique » de l’Elysée se présente comme un homme « de synthèse, non dogmatique », conscient du « principe de réalité « , là où M. Joubert prétendait avoir toujours pour feuille de route le discours rénovateur de Cotonou. « Quelqu’un de solide, qui ne fera pas de vagues », résume un proche.
La prééminence de Claude Guéant est désormais totale, au moins pour les dossiers concernant l’ancien « pré carré » français, les plus sensibles politiquement. « Nicolas Sarkozy n’a pas de politique africaine, analyse un diplomate. Il considère qu’il n’y a que des coups à prendre et a délégué la question à Claude Guéant que le continent amuse. » Un autre haut fonctionnaire constate : « Le secrétaire général de la présidence a désormais la haute main à la fois sur les questions africaines et sur celles de renseignement. Comme du temps de Jacques Foccart (secrétaire général de l’Elysée sous De Gaulle). »
Philippe BERNARD, in « le Monde » (17-10-2009)
Gabon: Jean Eyeghe NDONG analyse les mécanismes de la fraude d’Etat depuis le 30 août…
Pendant que le putschiste installé à la Présidence de la République joue au chef de l’Etat, qu’il nomme un Gouvernement de fantoches, Jean Eyeghe Ndong livre sur RFI une analyse de la situation depuis les élections confisquées par le parti-Etat:

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» Gabon : Eyéghé Ndong, «les violences résultent de l’annonce des faux résultats»
Vous dites depuis le 3 septembre que les résultats officiels proclamés de l’élection présidentielle du 30 août, validés par la Cour Constitutionnelle sont faux. Selon vous quels sont les vrais résultats ?
«Les vrais résultats sont certainement ailleurs et si nous le disons c’est parce qu’il y a eu des irrégularités qui font peser des soupçons sur le caractère sincère de ces résultats. Vous ne pouvez pas comprendre que 48 heures après le vote les gouverneurs de certaines provinces du pays convoquent les présidents des bureaux de vote pour leur demander de signer les procès-verbaux alors que les procès-verbaux sont signés le jour du vote après le dépouillement dans les bureaux de vote, c’est-à-dire dimanche 30 août.
Vous avez compilé vos propres procès-verbaux dans toutes les provinces, qu’est-ce qui vous empêche de rendre public l’addition des résultats de tous ces PV ? Vous avez promis de les publier.
Soyez patients, nous sommes en train d’y travailler. Attendez le jour où nous allons les rendre publics. Et puis nous respectons la procédure telle que prévue par la loi, nous allons saisir la Cour Constitutionnelle.
Il vous reste une dizaine de jours pour espérer invalider l’élection d’Ali Bongo Ondimba, pourquoi vous ne faites pas les recours ?
Il nous reste dix jours vous dites, ce délai n’est pas encore épuisé, donc nous avons le temps d’introduire un recours.
Alors, qui a gagné selon vous ?
Les déclarations qui ont été faites d’abord par Pierre Mamboundou, qui s’est déclaré président de la République, et après par monsieur Mba Obame, qui a estimé qu’il avait une avance sur les autres candidats, ce ne sont que des déclarations des candidats. Il s’agit pour nous de travailler pour que chacun se rende compte de manière claire que ce n’est pas le candidat du PDG qui a gagné les élections du 30 août dernier.
Mais qui entre Mba Obame et Mamboundou ?
Je ne suis pas compétent pour déclarer quelqu’un vainqueur. Vous m’interrogez, moi-même j’ai été candidat et je me suis rallié à monsieur Mba Obame, je ne suis pas compétent pour dire que tel ou tel a gagné. Ce que je fais avec les autres candidats c’est travailler pour qu’on le démontre clairement. Si comme nous le disons ce n’est pas le candidat du PDG qui a gagné, cela signifie que c’est soit Mamboundou, soit Mba Obame. Il faut que la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) accepte le principe de recompter les résultats. Il est curieux que le ministre de l’Intérieur vienne annoncer les résultats alors que la CENAP qui est chargée de centraliser tous les procès-verbaux n’a pas terminé cette opération. Nous souhaitons que l’on respecte la règle, le droit et puis c’est tout.
Le candidat proclamé Ali Bongo vous soupçonne d’être derrière les violences qui ont éclaté après les proclamations des résultats, notamment à Port-Gentil, que lui répondez-vous ?
En tout cas moi qui vous parle je ne suis derrière aucune manifestation de violence. Il y a eu à Port-Gentil des violences, c’est vrai, c’est constaté. Mais ces violences résultent de l’annonce des faux résultats. Il ne faut pas voir un candidat ou un responsable politique derrière cela. Vous ne pouvez pas imaginer un seul instant que la population puisse sortir dans la rue par elle-même parce qu’elle estime que les pratiques sont mauvaises ? Pourquoi on veut rendre responsable tel ou tel ?
C’est-à-dire que les candidats dont vous êtes aujourd’hui le porte-parole, Pierre Mamboundou et André Mba Obame, n’ont pas appelé la population à contester les résultats proclamés…
Pas du tout, la population de Port-Gentil est sortie dans les rues dès lors qu’elle a appris d’abord les mauvais résultats et puis elle a appris que monsieur Mamboundou a été agressé, que monsieur Mba Obame a failli être agressé également par les forces armées. Voilà ce qui a provoqué la colère des populations de Port-Gentil.
Les autorités françaises ont toujours dit qu’elles ne soutenaient aucun candidat au Gabon, et elles ont appelé à l’élection d’un président de rupture. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Si les autorités françaises ont dit qu’elles n’avaient pas candidat, je crois que c’est une très bonne chose. C’est tout à fait normal que la France dise qu’elle n’aie pas de candidat parce que la France ce n’est pas le Gabon. Ce sont les Gabonais qui votent le président. Je ne sais pas quelle autorité française a dit qu’il faut que ce soit un candidat de rupture. Qu’elle assume les termes qu’elle utilise, quelle rupture ? Pourquoi faire après ? Les Gabonais veulent voir leurs conditions de vie améliorées : Au plan matériel, au plan intellectuel, au plan culturel, c’est ce que recherchent les Gabonais. Nous voulons continuer à gérer notre pays dans les conditions de bonne gouvernance.
La France est un pays ami, nous tenons à conserver cette amitié et nous voulons que les rapports se déroulent dans le respect mutuel des deux peuples, Gabonais et Français. Si par le passé nous avons eu à constater quelques pratiques qui n’honoraient ni la France ni le Gabon, nous devons nous accorder pour y mettre un terme. Même si je sais que c’est très compliqué parce que il y a de grands intérêts en jeu. Mais décidons de mettre un terme à cela parce que nous souhaitons tous éviter que soit la France soit et le Gabon soit ternis.
Si je vous comprends bien, Paris n’a soutenu aucun candidat ?
Il faut poser la question à la France. Moi j’ai constaté que certains responsables français s’expriment dans des termes qui autorisent les uns et les autres à penser que la France soutient un candidat.
Quel candidat ?
Monsieur Ali Bongo Ondimba, tout le monde le sait. Mais je ne dis pas que c’est la position officielle de l’Etat français».
10-09-2009 RFI gaboneco
16 octobre 2009 : Gabon, un pays en deuil de sa démocratie !

En ce jour, hommage doit être rendu à Pierre Manboundou et à André Mba Obame, seuls vainqueurs de l’élection présidentielle, porteurs des espoirs de tout un peuple!

Un hommage particulier doit être rendu au peuple gabonais qui se bat au Gabon et partout dans le monde, envers et malgré tout, depuis la confiscation de leurs votes le 30 août 2009 !

Hommage aux victimes de la dictature depuis ces 42 années, jusqu’à celles de Port Gentil !

victime des exactions du régime à Port-Gentil
Le Gabon tout entier est en deuil de sa dignité. Il est en deuil de la démocratie. Le Gabon est par terre.
Le Régime quarantenaire continue de déployer des forces armées dans l’ensemble du pays, en particulier dans le Woleu-Ntem,
Dans un climat de terreur, le parti-Etat organise sa propre succession en « installant » le putschiste du 30 août à la présidence de la République. Leurs servants sont désormais en attente de la redistribution des postes juteux leur permettant, si ce n’est de développer le Gabon, d’accroître leur patrimoine personnel sur le dos des Gabonais.
Pas d’inquiétude de ce côté là, même déchu de son poste ministériel par la « courageuse » Rogombé, le clan veillait à poursuivre les nominations stratégiques. Les pratiques vieilles de 42 années vont se perpétuer.
Pendant qu’une partie des commentateurs font semblant de croire à des « rivalités » imaginaires ou réelles, d’ailleurs sans aucun intérêt, entre les factions du parti-Etat, la population gabonaise proteste dans la plus grande dignité. Pas le moindre signe de liesses dans les villes cadenassées par la garde présidentielle prête à commettre tous les massacres face à des citoyens désarmés comme l’ont montré les évènements de Port Gentil.
Au côté des putschistes, le secrétaire d’Etat JOYANDET veut faire croire à une quelconque « légitimité » de Bongo, qui n’existe que dans l’esprit brumeux des artificiers électoraux de la Présidence de la République française. Ne lui en déplaise, les apparences de légalité de la Cour constitutionnelle étaient une parodie dans laquelle le droit n’a jamais eu sa place !
Les injonctions et l’ingérence de JOYANDET sont révélatrices du degré de souveraineté atteint par le Gabon.
Aucun représentant des grandes nations démocratiques n’a envoyé de délégations à la ridicule « prise de pouvoir ». Seule la France, bien seule en Europe, est représentée et l’on sait pourquoi. Mission accomplie pour Bourgi et Guéant ! L’agent Bongo est en place…
Après avoir théorisé à Dakar sur le rapport de mépris à l’endroit des Africains, le cas pratique est le Gabon. Les quelques acquis des années 1990 sur le multipartisme, la liberté d’aller et venir, la liberté d’association sont piétinés au nom des théories avilissantes à l’endroit des Africains.
La France officielle d’aujourd’hui n’est pas celle qui a résisté dans les années 40 contre l’occupant nazi. Ce n’est pas non plus celle qui a combattu le colonialisme.
La France qui maintient les Bongo au pouvoir est celle des prédateurs mercantiles et malfaisants.
Incroyable histoire au Gabon qui est celle de l’empêchement de tout un peuple à disposer de lui-même, d’accéder à l’alternance démocratique et à disposer de ses propres richesses !
M. Bongo est minoritaire au Gabon.
Il est illégitime.
Il ne doit sa position actuelle qu’à la présence de la garde présidentielle qui agresse et menace les citoyens gabonais sans armes, soutenue en sous-main par la France de Sarkozy.
Constatant l’impossibilité d’obtenir un vote démocratique au Gabon, le Mouvement civique du Gabon appelle les Gabonais et leurs familles ayant la nationalité française, et les amis français du peuple gabonais, à sanctionner la politique africaine de Sarkozy lors des prochains scrutins nationaux en France.
Paris, le 16 octobre 2009.
Le secrétaire d’Etat à la coopération français Joyandet assure le service après-vente du coup d’Etat de Bongo!
Le Mouvement Civique du Gabon (M.C.G) proteste face aux scandaleuses déclarations du secrétaire d’Etat à la coopération français concernant la décision de la cour constitutionnelle de « valider » le putsch de Bongo au Gabon.
Selon ce secrétaire d’Etat, sur TV5, il faudrait « laisser le temps [à Bongo] qu’il peut être un président de rupture et répondre à l’attente des Gabonais ».
Les Gabonais n’ont que faire des avis et conseils de M. JOYANDET sur la situation gabonaise. Son soutien indéfectible au putschiste Bongo, notamment par l’intermédiaire de Bourgi, n’est que la preuve de sa duplicité et discrédite tout ce qu’il peut être amené à dire.
La seule vraie rupture possible aurait été que le régime installé depuis 40 ans avec l’aide des amis de M. JOYANDET, accepte le verdict des urnes et la victoire de l’opposition. Le clan Bongo maintenu au pouvoir est là pour servir les intérêts des néo-foccardiens, non pas ceux des Gabonais.
Il est vrai que le clan Bongo et les amis de M.JOYANDET ont des points en commun sur la pratique du népotisme…
Paris, le 14 octobre 2009,Mengue M’Eyaa
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement civique du Gabon (MCG)
Gabon : une République d’opérette…
Communiqué
Sans surprise, le régime vient de s’auto-légitimer en proclamant vainqueur de l’élection présidentielle le putschiste du 30 août. Ainsi, par un prodige, dont seule la Présidente de la Cour constitutionnelle a le secret, celui qui a été durablement écarté par les urnes s’empare par la force du pouvoir au Gabon.
Tout cela était prévisible et les massacres de Port Gentil ont montré la vraie nature du régime à ceux qui pouvaient en douter.
Le Conseil exécutif du Mouvement civique du Gabon ne reconnaît pas le coup d’Etat du 30 août, ni la légitimité de celui qui s’est emparé du pouvoir.
Le parti-Etat a choisi l’épreuve de force avec le peuple gabonais. Celui-ci attendait le changement. Il obtient la continuité avec les pratiques quarantenaires du clan Bongo : déni démocratique et répressions, injustices, kleptocratie, non développement du pays, guerres sociales, militarisation, étouffement des médias, anéantissement des libertés publiques, détournements de fonds publics, divisions et exclusions ethniques, abêtissement généralisé des consciences…
Le régime en sera tenu pour responsable.
Le peuple gabonais est désormais tourné vers l’opposition, son seul espoir. Il appartient à celle-ci de tirer les conclusions d’une énième victoire électorale volée.
Il est impératif qu’elle définisse une stratégie permettant de relayer auprès de l’opinion internationale les aspirations du peuple gabonais, en veillant à ce que la France officielle ne soit pas au centre de cette sensibilisation.
En effet, par ses actes, la France gouvernementale actuelle a fait ses choix et a indiqué clairement qu’elle se positionnait aux côtés du putschiste gabonais, tandis qu’elle tenait un discours tout autre sur la situation guinéenne.
Le Mouvement civique du Gabon estime que la résistance des Gabonais, démontrée depuis ces longs mois, est une source de fierté que jamais le clan Bongo et se soutiens ne parviendront à anéantir.
Mengue M’Eyaa
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement civique du Gabon
Gabon : ni démocratie, ni Etat de droit…


Pierre MAMBOUNDOU/André MBA OBAME
A rebours des évolutions du monde moderne, le Gabon s’enfonce dans le sous développement démocratique et économique. Ce n’est pas le seul pays d’Afrique à connaître l’affligeante régression, mais les faits récents n’arrangeront pas le retard déjà pris s’il n’est pas mis fin au putsch issu des élections du 30 août…
La régression est d’autant plus brutale que les ressources du Gabon sont principalement issues de l’extraction pétrolière (sans transformation). Après 42 années de non-gestion d’un pays soumis à la rapacité du parti-Etat, et de ses dépendants, l’économie du Gabon est dévolue également à l’enrichissement direct du clan Bongo et des entreprises étrangères, qui, moyennant l’intéressement du clan, peuvent agir en toute impunité en méconnaissant la quasi totalité de la population gabonaise.
L’espoir soulevé par la fin de Bongo a permis aux Gabonais de relever la tête en pensant que le temps était d’imaginer enfin un destin harmonieux et équilibré du pays.
Les idées ont fusé dans tout le Gabon. Il était possible de désigner démocratiquement un nouveau chef d’Etat et d’enterrer définitivement les 42 années de honte. Malgré des signes annonciateurs –mercenaires présents au Cap, menaces permanentes adressées aux Gabonais par le ministre de l’intérieur-, une certaine « insouciance » civique a commencé à envahir les esprits des Gabonais enthousiastes de contribuer, pour la première fois de leur vie, à changer les choses. Mais, dès le 30 août, les signaux s’inversèrent…
Face à ce qui allait être une véritable révolution, l’alternance démocratique, le régime appuyé par la « diplomatie de la rupture » sarkozienne a immédiatement mis en place les seules administrations qu’il sache faire fonctionner : celles de la répression et celles des manipulations électorales…Au même moment, le sous-secrétaire d’Etat, Joyandet, se rendait en Guinée équatoriale afin de menacer le président de ce pays s’il lui venait l’idée de soutenir l’un des candidats de l’opposition. Le 30 août, le putsch était officiellement lancé. S’appuyant sur les mercenaires déguisés en militaires gabonais, le régime fait occuper les points de circulation et de rassemblement dans les villes. Les quartiers généraux des candidats d’opposition sont sous la menace de voitures blindées.
Peu de temps avant le scrutin, la manifestation pacifique au quartier Rio est dispersée brutalement. Les médias sont contrôlés et menacés directement qu’ils soient gabonais ou occidentaux. Puis, la mobilisation de Port Gentil faisant plus de 20 morts, des centaines d’arrestations et des disparus, est le point d’orgue du refus du régime à accepter sa défaite électorale.
Alors que la « communauté internationale » s’émeut à juste titre des violences en Guinée, pas un mot de condamnation du secrétaire général des Nations unies pourtant si loquace sur le cas guinéen, de l’Union européenne, ou de la France n’est entendu ! Pas d’avion médicalisé envoyé de toute urgence à Port Gentil comme à Conakry! Pierre MAMBOUNDOU, frappé et blessé, et interdit de sortie de territoire, n’a pas eu droit à ce même avion comme un des opposants guinéens.
Les victimes gabonaises doivent se taire et mourir…
Les dispositifs et techniques de répression sont pourtant les mêmes, mais, il est vrai que la présidence française a fait savoir qu’elle reconnaissait comme légal le putsch du parti-Etat gabonais.
Non content d’avoir inversé les résultats électoraux et d’avoir déclaré vainqueur un putschiste, le régime s’appuie sur la seule pratique du pouvoir qui lui est reconnue : la violence illégitime.
Depuis le 30 août, le Gabon vit dans une sorte de cauchemar permanent. Les résultats annoncés sont faux du début à la fin. La Présidente par intérim Rogombe se cache pressée de retourner à l’anonymat et au confort habituel des servants du parti-Etat, ayant accompli sa mission d’actrice du mensonge d’Etat. Les institutions de droit sont inexistantes au Gabon. Instrumentalisées par le régime, elles tentent de gagner du temps et espèrent ainsi « calmer » la colère légitime des citoyens gabonais. Personne n’est dupe des agissements de la Cour constitutionnelle, de ses manquements à la légalité, de la partialité familiale de sa présidente, et de ses outrances langagières animées par une défense quasi-animale de ses privilèges personnels immérités.
Leur objectif était de désespérer les Gabonais plongés dans un silence international, de temps en temps perturbé par quelques manifestations de sympathie de quelques figures de la résistance démocratique ou de la presse libre, leur faire accepter le putsch comme une prise de pouvoir légale. Peine perdue !
Au Gabon, le monde africain colonial de Sarkozy est conforme à ses fantasmes : « l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire ». Il a bien milité en faveur d’un Gabon condamné à vivre dans l’indignité démocratique et à rester dans une préhistoire utile pour lui, les siens et son factotum auto proclamé.
L’histoire n’est pas finie. Le temps de la Résistance au putsch est venu. Gageons qu’il réservera des surprises…
La répression morbide et obsessionnelle du régime a crée un nouveau sentiment national des patriotes gabonais et un nouvel espoir qui ne sera jamais éteint.
Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutifMouvement civique du Gabon (M.C.G)http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr