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Gabon: le régime entérine avec la France des pratiques discriminatoires envers les Gabonais!
14 mai, 2010, 20:13
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 Avant et après les « Indépendances », les Gabonais ont toujours pu se déplacer sans entraves en France, soit pour faire leurs études, soit pour y effectuer des stages, quel que soit leur statut civil (marié, célibataire, avec ou sans enfant).

Un décret n°2010-448 du 3 mai 2010, publié dans le Journal officiel de la République française du 5 mai 2010,  est passé pratiquement inaperçu. Il est signé par Bernard Kouchner  qui tout n’en étant pas un jeune travailleur, a pu venir travailler au Gabon pendant une très courte période, pour un « rapport » sur la santé au Gabon enfoui dans les sables, ce qui lui a permis de percevoir au passage de confortables revenus, qu’aucun Gabonais à compétences égales ne percevra jamais en France.

Ce texte rend compte d’un « accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relatif aux échanges de jeunes professionnels » suivi par Eric Besson, ministre de l’immigration et par Paul Toungui, ministre des Affaires étrangères. La qualité des signataires est en soi un signe des intentions françaises et gabonaises : il faut sans doute maintenir les Gabonais au Gabon tout en les comprimant dans le pays…

Cet accord permet à Sarkozy de mettre en œuvre sa politique dite « d’immigration choisie » alors que le nombre de Gabonais en France ne perturbe en rien les flux migratoires. Le contraire n’est pas établi d’ailleurs, car, l’on mesure mal le nombre élevé de Français au Gabon n’ayant aucun titre ni formation, mais qui, conformément aux principes coloniaux maintenus depuis 42 années, ont des statuts supérieurs à ceux des Gabonais en France comme au Gabon.

La réalité est donc brutale.

Le texte organise la surveillance renforcée des Gabonais venus en France pour des stages dans les entreprises, des stages d’une durée moyenne qui ne peuvent dépasser 18 mois. Il ne faudrait tout de même pas que les jeunes Gabonais (entre 18 et 35 ans) aient envie de travailler et s’installer en France plus longtemps, même s’ils constatent que le régime de « l’emergence » ne leur propose rien ou que l’embauche dans une entreprise étrangère installée au Gabon soit rendue difficile en raison d’absence d’accointances avec le Parti-Etat.

Ainsi, les  Gabonais, faisant leur stage, risqueraient de fréquenter avec trop d’assiduités les associations ou partis proches de l’opposition en France. Ces nouvelles dispositions conduiront à remplir deux objectifs : empêcher la migration des Gabonais vers la France et du côté gabonais de s’assurer du retour des Gabonais. Ceux-ci seront sous le coup d’une épée de Damoclès permanente au nom d’un accord qui contribuerait à les surveiller du point de vue politique. Le ministre du travail gabonais, Paul Toungui, a apposé sa signature sur un texte qui ne protège pas les droits des ressortissants gabonais, alors même que la quasi totalité de la gauche française, les associations des droits de l’homme se battent au quotidien pour défendre les droits bafoués des Africains en France, les expulsions arbitraires de femmes, d’enfants et de familles entières, au nom de la politique du chiffre des expulsés. Il se confirme que les putschistes  d’août et septembre 2009 ont choisi leur camp : celui des expulsions arbitraires.  D’autres pays, comme le Mali, ont refusé de signer de tels accords.

Car, en réalité, cet accord porte la marque de la complicité entre les putschistes de Libreville et le pouvoir sarkozyste déclinant, son obsession migratoire, et son souci de complaire à l’extrême droite française.

L’article 6 est une preuve de l’infâmie : « le conjoint et les enfants des jeunes professionnels ne peuvent bénéficier de la procédure de regroupement familial ». Voilà un droit bafoué avec l’accointance du régime gabonais, qui accepte ainsi au détriment des droits fondamentaux de l’Homme, la destruction unilatérale du regroupement des personnes, même lorsque celles ci sont mariées. Le mariage étant par conséquent inviolable, cet article proscrivant par principe le rapprochement des conjoints est illégal.

Autre indignité : la France a signé la convention des droits de l’enfant qu’elle ne respecte pas, puisqu’elle veut interdire aux enfants d’avoir une vie familiale auprès de  leurs parents s’ils sont tous deux stagiaires en France.

Cet accord illégal est par ailleurs inégal. L’immigration française au Gabon est nombreuse. Elle est organisée en partie, mais, les traditions gabonaises d’hospitalité interdisent absolument que des Français soient empêchés de faire venir leur famille. Aucune administration gabonaise n’est en mesure de le faire respecter au nom de principes xénophobes. Du point de vue du droit coutumier, non altéré par le régime, le droit de vivre en famille est considéré au Gabon comme un droit inaliénable qui bénéficie tant aux Gabonais qu’aux ressortissants français sur le territoire. Il n’y a donc aucune réciprocité dans l’accord signé qui est seulement passé à usage de politique interne en France pour la droite sarkozyste.

L’incompétence du parti Etat et l’allégeance au pouvoir sarkozyste les emmènent à signer des accords scélérats qui vont à l’encontre des intérêts du Gabon et des Gabonais

En conséquence, face à la gravité de telles dispositions, le Mouvement Civique du Gabon invite l’ensemble des forces politiques de progrès, les militants de la société civile, les associations, et les citoyens à dénoncer avec lui cet accord, signé par le régime, dont les effets doivent être immédiatement annulés du côté de la partie gabonaise !

Mengue M’Eyaà

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement civique du Gabon

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