Gabon-Guinée:double jeu de la France au lieu de la « rupture » sarkozyste!
La Guinée bénéficie d’un traitement de faveur pendant le déroulement de ses élections présidentielles. Nous assistons à une véritable mobilisation de la « communauté internationale ». Plus de 4000 observateurs internationaux ont été envoyés dans ce pays afin d’assurer qu’il n’y ait pas de bourrages d’urnes ou qu’elles soient transportées dans des conditions hasardeuses. Les médias internationaux, dont RFI, ont envoyé des reporters très libres d’aller et venir dans les quartiers de Conakry et dans les bureaux de vote. Les Européens sont abreuvés d’informations sur le fait que la Guinée est une dictature. N’oublions pas que les opposants guinéens ont été transportés par avion pour être protégés et soignés, en France…. Ils ont même été aidés à déposer des recours auprès des juridictions internationales. Vraiment, quelle générosité !

Comme au Gabon, la détermination des populations guinéennes d’accéder à l’alternance démocratique par le vote
Au Gabon, aucun traitement de la sorte alors que la dictature est en place depuis 50 ans. Le processus électoral a été détourné dans les conditions que l’on connaît. Les Gabonais étaient aussi allés en masse voter en faveur du changement mais leurs votes n’ont pas été respectés. Le correspondant de RFI, Ngoma, est connu pour sa proximité avec le régime du putschiste et n’a aucun crédit au Gabon. Très curieusement, RFI n’avait délégué aucun journaliste dans les bureaux de vote des provinces.
Aucun avion médicalisé n’a été envoyé pour évacuer les opposants sur lesquels le régime a fait tirer. Pierre MAMBOUNDOU et André MBA OBAME ont été blessés sans aucune protestation du pouvoir néo foccardien français, dirigé par Bourgi, l’homme des coups tordus pour le compte de Sarkozy. Le secrétaire général des Nations Unis a été d’un silence marmoréen. Kouchner, l’homme des « grandes causes » s’est tu au moment des massacres et atrocités commis par le régime gabonais à Port Gentil sur les populations en révolte.

Pierre MAMBOUNDOU, un des vainqueurs de l’élection présidentielle au Gabon du 30 août 2009 (avant le coup d’Etat du clan)
Le Gabon, mais aussi plus récemment le Togo, sont des « angles morts » de la démocratie en Afrique. La « communauté internationale », c’est à dire la France pour le GABON, se tait ! La France agit avec les néo-foccardiens, féroces soutiens de la dépossession démocratique.
Un dernier exemple : le conseiller municipal de Neuilly sur Seine nommé directeur de l’Agence Française de Développement va s’assurer que les financements aillent dans le sens des intérêts du parti-Etat et du régime Bongo et certainement pas à l’amélioration des conditions de vie de Gabonais, ou même de l’auto suffisance alimentaire du Gabon, ou encore du renforcement des PME-PMI, dont l’existence ne peut se faire sans le rançonnage du clan. Il ne faut pas compter sur l’Agence française de Développement (AFD) sarkozyste pour faire en sorte qu’une industrie naissante puisse permettre au Gabon de transformer ses richesses sur place, au lieu qu’elles reviennent sous formes de produits finis à des coûts incroyables.
- le Mouvement Civique du Gabon est satisfait de la possibilité réelle d’alternance démocratique en Guinée, mais s’étonne de la différence de traitement qui peut exister avec le Gabon dont on va commémorer le premier anniversaire du coup d’Etat à la fin du mois d’août 2010 dans un silence assourdissant de la « communauté internationale ».
- Le Mouvement Civique du Gabon tient également à rendre hommage en France à Stéphane Guillon, licencié de la radio d’Etat « France Inter » sous la pression du pouvoir, qui a eu le courage, avec certains journalistes, à travers une chronique intitulée « la journée du salopard » à dénoncer les conditions d’accession au pouvoir du putschiste gabonais.

Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil Exécutif,
Mouvement Civique du Gabon
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr
Elections législatives partielles au Gabon : le régime à nouveau pris en flagrant délit de fraudes !
Un anniversaire, quel anniversaire? Le temps n’est pas encore venu de marquer le premier anniversaire du coup d’Etat du 30 août qui a vu le régime contrarier dans le sang et la violence la plus barbare l’alternance démocratique attendue depuis 42 années au Gabon.Pourtant, il est un événement qui avait été un magnifique espoir de la population gabonaise : la mort d’Omar Bongo, après des décennies de pouvoir despotique, de crimes, de détournements de fonds et d’intimidations, sans oublier les coups tordus dans toute l’Afrique. Personne ne sait vraiment quelle a été la date exacte de sa mort : sans doute un mois avant la date officielle, le temps pour le clan de s’organiser avec le soutien du pouvoir français, de saisir les documents qui compromettaient la classe politique française, au cas où celle-ci voudrait croire à l’alternance.
A la mort de Léon MBA en 1967, il y a eu beaucoup d’interrogations à tel point que certains n’ont pas hésité à évoquer l’hypothèse d’une disparition « aidée». Un obscur « postier » illettré, agent de la France, devenait dès la disparition de Léon MBA président du Gabon. Il faut rappeler que Jacques Foccart, dont les liens avec le pouvoir pétainiste ont été récemment mis à jour, sévissait en maître sur les anciennes colonies africaines. Il désignait ses serviteurs directs comme chefs d’Etat. L’époque a changé mais les méthodes sont demeurées : intimidation, répression, contrôles et assassinats politiques, conspiration… La plupart des Gabonais ont bien conscience aujourd’hui des moyens utilisées par le régime dans la succession du despote par son « fils adoptif », dont le « lien » n’était ni visiblement ni « spirituel », ni « filial », comme la suite le démontrera.Le pouvoir sarkozyste, après un très court temps d’hésitation, et de reniement électoral, a accompagné le putsch politico-militaire au Gabon, en donnant un véritable blanc-seing à une mise en situation d’un Etat assiégé, quadrillé par des milices lourdement armées, et des forces militaires instrumentalisées. Les journalistes internationaux ont été parfois pris à partie par la ministre de la comunication, reclus dans des hôtels ou expulsés. Les journalistes gabonais devaient se taire. La télévision libre, proche de l’opposition, a été mitraillée. Il fallait couper les populations gabonaises de tout soutien internaional et pour cela empêcher la presse internationale d’informer sur la situation.
Quand on voit le sort que Sarkozy réserve à l’indépendance de la presse en France, il ne faut donc pas s’étonner qu’il soit peu ému par le sort des journalistes africains.
Albert Yangari, un des fondateurs du Journal peu révolutionnaire, « L’Union », a même été arrêté…
Un journaliste, Jonas Moulenda, a tenté de rendre compte dans l’Union des massacres de Port Gentil. En ce mois de juin 2010, il est condamné par la « Justice » du Gabon. Les massacreurs ont une impunité totale et celui qui veut dire la vérité est ainsi condamné dans des formes expéditives !
La situation est critique au Gabon. Le pays est aux prises avec une torpeur dépressive. La résistance morale s’est organisée en attendant des jours meilleurs, espérant la chute prochaine du pouvoir français actuel. Beaucoup des « réformes » lancées sont un vernis et visent à réattribuer des nouveaux marchés d’Etat aux amis de l’actuel régime. Le putchiste « règne » sur un volcan.
Les vieilles « ficelles » de publi-reportages dans certains périodiques achetés à prix d’or sont utilisées afin de tenter d’asseoir une pseudo-crédibilité. Ils avaient fait leur temps sous le précédent régime et continuent à oeuvrer au mépris des règles de déontologie journalistiques.
Une grande partie de la répression d’après le putsch s’est bien sûr organisée afin d’anéantir l’esprit de résistance chez ceux qui ont gagné les élections présidentielles. On ne sait pas qui étaient le premier ou le second, mais, l’on sait qui ils étaient : Pierre MAMBOUNDOU et André MBA OBAME.
Des élections tronquées en juin 2010!
Les institutions de droit n’ont pas fonctionné au moment des élections présidentielles comme elles n’ont pas fonctionné dans les dernières élections législatives partielles le 6 juin 2010. La victoire totale de l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR) et de l’union Nationale a été volée une fois de plus, profitant sans doute d’une perte d’intérêt des médias internationaux autour du Gabon.
L’arsenal de fraude du parti-Etat n’a pu empêcher la victoire d’André Mba Obame ou de Jean Eyeghe Ndong. 5 sièges étaient à pourvoir, mais, la fraude était organisée au plus haut niveau du parti-Etat dans les gouvernorats et dans les préfectures. Ainsi, pour les sièges du 1 er arrondissement de libreville, du département de Haut-Como, de celui de Mulundu, la corruption, les intimidations, les fausses cartes d’identité, les menaces, et les détournements des moyens de l’Etat ont été utilisés par les candidats du régime, dont deux ministres de l’actuel gouvernement, dit « émergent », du putschiste.
A Bendjé, le régime l’a « emporté » de 63 voix au prix de transports d’électeurs munis de fausses pièces d’identité par cars depuis la capitale
Bien évidemment, la Cour constitutionnelle, dont sa présidente bien connue par ses manquements répétés aux règles de sa fonction, a pris ses ordres du pouvoir français. Ainsi, la partie la moins scrupuleuse de la presse internationale a pu décréter une « large victoire » des candidats du régime.
Dans une déclaration du 8 juin 2010, Pierre Kombila, président du RNB et pour l’ACR, et André Mba Obame, secrétaire exécutif de l’union nationale, ont ainsi dénoncé une fois de plus la confiscation de la démocratie par le parti-Etat.
Le Mouvement Civique du Gabon s’associe pleinement à la condamnation unanime des pratiques frauduleuses du parti Etat et aux violations répétées à la légalité démocratique du régime gabonais et tient à en informer les forces progressistes européennes et américaines.
Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon
Communiqué ACR/RNB et UN
La Françafrique convoquée à Nice !
Alors que les citoyens gabonais s’interrogent sur les conditions de la mort soudaine de Pierre Claver Nzeng « soigné » dans des conditions désastreuses à Libreville, voilà revenu le temps des sommets Françafrique !
Le putschiste, adoubé par Sarkozy depuis le coup d’Etat d’août septembre 2009, n’a pas osé amener avec lui la Mbourantsuo, ni même la « catastrophe » Rogombe, à qui il doit la prise du pouvoir par la force et qui ont saccagé la transition démocratique attendue par les Gabonais depuis 42 années. Pourtant, elles auraient mérité autant que lui les compliments de leur maître.
Pourtant, afin de dissimuler l’échec de la « rupture » avec la politique française sur le continent, la France officielle invente le « partenariat » du business, comme si les affaires politico-financières n’étaient pas ce qui fonctionnait le mieux sur le continent Françafricain.
Preuve de l’efficacité des circuits financiers internationaux : le dernier coup de folie du putschiste. Faire acheter par l’Etat gabonais (donc lui même !) une propriété lui appartenant, un hôtel particulier du XVIII è siècle. Ainsi, il empoche deux fois la valeur du bien, avec, en plus, un regard détourné et pudique de la Justice française occupée qu’elle est à traquer les enfants de sans-papiers d’origine africaine dans les écoles de la République française.
Il faut savoir choisir ses cibles, et disons, que dans le petit monde de Sarkozy, il faut savoir respecter celui de l’argent, y compris obtenu par des procédés inavouables. Pendant ce temps, les étudiants gabonais à l’étranger doivent attendre deux ou trois mois avant d’obtenir leurs bourses s’ils l’obtiennent. Pendant ce temps, l’on voit maintenant des pères ou mères de famille aller dans les décharges publiques à Libreville afin de survivre.

A Paris, un leader d’opposition n’a rien trouvé de mieux à faire qu’à rencontrer la seule UMP en imaginant que son heure allait bien arriver. Certains leaders d’opposition ne peuvent envisager l’avenir du Gabon sans passer par ceux qui l’ont mis dans l’état de sous-développement dans lequel il est aujourd’hui. Il est vraiment temps d’envisager de nouvelles stratégies de conquête du pouvoir si l’on veut libérer le Gabon.
Les Gabonais, comme d’autres Africains, au Togo, au Congo, en Guinée, n’ont pas d’autres volontés que de voir respecter leurs votes sans que les résultats ne soient inversés pour permettre à un usurpateur de se maintenir au pouvoir et faciliter le négoce avec des milieux d’affaires proches de certains hommes ou certaines femmes au pouvoir en France.
L’Afrique n’est-elle pas notre « nouvel Eldorado » ? a dit un ministre de la République, Jean Louis Borloo. Mais, pas de réciprocité, car les jeunes travailleurs gabonais sont sommés de retourner chez eux…
Il est temps de s’interroger sur la présence de l’armée française sur le sol gabonais : pas d’enjeux de sécurité majeurs, à moins de considérer que le putschiste est lui-même d’un intérêt stratégique majeur…
Sarkozy disait en février 2008 au Cap : « La France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique ».
L’armée gabonaise existe pourtant, même, si elle est concurrencée par des milices violentes et bien mieux armées à la solde du régime qui terrorisent les populations et les opposants. Depuis lors, la renégociation des accords de défense devrait être faite, car les Gabonais n’ont nul besoin de la « protection » de l’armée française qui ne protège que les intérêts du clan Bongo.

Joseph RENDJAMBE, secrétaire général du Parti gabonais du Progrès, principal parti d’opposition au régime, assassiné dans des conditions non élucidées au Gabon au moment des répressions faisant suite au soulèvement des populations gabonaises en 1990;
Le sommet de Nice n’a rien de « nouveau » mais représente la simple continuité des rapports coloniaux et néo-foccardiens instaurés par le pouvoir français actuel.
La question de la « célébration des Indépendances » ne vise donc qu’à dissimuler la vraie nature de la relation de connivence et les intérêts politico-financiers entre certains milieux du pouvoir français néo-foccardiens et les clans prédateurs, plus ou moins familiaux, au pouvoir depuis 30 à 40 ans sur le continent.
Il n’y a donc rien à célébrer, tant que ces situations de confiscations du pouvoir et d’empêchements démocratiques se perpétueront.
Paris, le 1 er juin 2010