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14 juillet 2010, Afrique ambigüe et souveraineté piétinée des Etats sur les Champs Elysées à Paris!
15 juillet, 2010, 8:06
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« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ! » Mirabeau, 17 juin 1789

 

« Quand un peuple décide de se libérer, les chaînes tombent! » André Mba Obame, un des vainqueurs de l’élection présidentielle gabonaise, laquelle a été ponctuée de répressions sanglantes, notamment à Port Gentil au Gabon en septembre 2009 .

 

De quel droit la France, ancienne colonisatrice, fêterait elle la « libération » de nos peuples réduits au silence par des « tyrannies nègres » (Achille MBEMBE) ?

Patrice Lumumba, Mba Germain, Thomas Sankara, Ruben Um Nyobe, les compagnons de route de Nelson Mandela, Martine Olabou, eneignante lâchement assassinée devant la présidence de la République gabonaise, les journalistes tués dans la plupart des Etats africains, telles sont quelques victimes des répressions dont il n’a certainement pas été question pendant le repas offert aux différents invités africains dont certains se parent du titre usurpé de chef d’Etat.

Germain Mba, homme politique de talent et nationaliste gabonais, assassiné par le régime

Jean Hilaire AUBAME, premier député gabonais à l’Assemblée Nationale française, fondateur de l’Union démocratique et sociale du Gabon, torturé, emprisonné et mort prématurément

Patrice LUMUMBA, ancien premier ministre congolais assassiné

Ruben UM NYOBEU, résistant nationaliste camerounais, assassiné

Thomas SANKARA, ancien Président du Burkina-Faso, assassiné. Son « ami » Blaise Compaore (à la droite de Sarkozy sur la tribune présidentielle) est lourdement suspecté.

 

Pierre Louis AGONJO OKAWE, 1er avocat gabonais, ancien président du Parti gabonais du Progrès et député -mairie de Port Gentil, emprisonné  huit années dans les geôles gabonais

De quel droit Jacques Toubon décrèterait il doctement que les indépendances africaines appartiendraient  à l’Histoire ? L’histoire de l’Afrique, ce sont les Africains qui la font, et non d’autres qui sont en harmonie avec ceux qui proclament que l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire. Alors ? l’Afrique est entrée dans l’Histoire ou elle n’est pas entrée. Il faudrait savoir…

Le 14 juillet est une date importante pour la République française : c’est la chute de la monarchie absolutiste symbolisée par les lettres de cachet qui permettaient au roi d’enfermer sans jugement tout individu dans ce qui était à l’époque la forteresse de la Bastille.

Ce 14 juillet 2010, la République sarkozyste a décidé une fois de plus de narguer les populations africaines en conviant des chefs d’Etat illégitimes et de commémorer les « indépendances » ainsi à sa façon.

En effet, il n’y a pas de raisons particulières à ce que les « indépendances » concédées par de Gaulle soient célébrées dans la capitale de l’ancienne métropole qui pour certains l’est toujours d’ailleurs. Un débat existe aujourd’hui sur le bilan des cinquante années qui se sont écoulées, sur la nature des « post-colonies », les mécanismes de sujétion, et l’impossibilité pour la plupart des peuples africains d’accéder à la souveraineté démocratique.

Il y a comme une forme d’ironie de voir le pouvoir sarkozyste célébrer la mémoire des combattants venus d’Afrique, quand on sait la vigueur avec laquelle le Gouvernement a mis en place le contrôle administratif et policier des arrières petits-enfants de ces mêmes anciens combattants, parfois morts au combat, jusqu’à envoyer des policiers chercher des petits enfants dans les écoles pour les expulser avec leurs parents.

De ce point de vue, le Gouvernement Sarkozy-Fillon illustre le degré élevé de cynisme inhumain et de mépris à l’égard des peuples africains, manifestés par la politique du chiffre dans les expulsions, l’immigration « choisie », la « discrimination positive » et la création d’un odieux « ministère de l’immigration et de l’identité nationale».

La plupart des « chefs d’Etat » invités n’ont pas été choisis par leurs peuples mais résultent du choix du pouvoir sarkozyste. C’est le cas du putschiste gabonais, « élu » président du Gabon par Bourgi, Joyandet, Guéant et Sarkozy ! La France officielle soutient les successions filiales dans le mépris total des choix démocratiques: Kabila au Congo-Kinshasa, Eyadéma au Togo, et bientôt peut-être le fils Wade si l’on en croit la brutalité de l’éviction de l’ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Christophe RUFFIN qui la dénonçait. Cette situation en dit long sur la situation des pays concernés 50 ans après les Indépendances.

Cette célébration est d’autant plus une provocation qu’elle prend la forme de défilés militaires de soldats africains, dont on sait que, loin de la propagande d’une armée formée pour régler les conflits sur le continent africain, il s’agit d’armées fortement ethnicisées (au Togo par exemple), qui ont œuvré à la répression sanglante des populations en révolte après des processus électoraux dévoyés. Ces armées, fortement appuyées par des milices recrutées par les régimes, ont tiré sur des populations civiles, comme à Port-Gentil au Gabon faisant des centaines de morts. Le rapport du Professeur KOMBILA au Gabon est éloquent et détaille les atrocités commises par les forces armées dans le silence de la « communauté internationale » qui s’est soudainement réveillée lorsque les répressions ont eu lieu en Guinée. Mais, il est vrai que les dirigeants de la France actuelle n’avaient pas de conflits d’intérêts avec Dadis CAMARA.

Que M. Morin, ministre de la Défense se renseigne lorsqu’il dit que les armées qui ont défilé n’ont participé à aucune exaction ! Le Mouvement Civique du Gabon l’invite à Port Gentil pour rencontrer les familles de Port Gentil. Il lui sera remis la liste des victimes et il pourra enfin présenter les condoléances jamais adressées aux familles gabonaises, par le pouvoir français de Sarkozy-Bourgi.

Seul le Président de Côte d’Ivoire a refusé de participer à la comédie commémorative d’un pouvoir sarkozyste en grosses difficultés deux ans avant les élections présidentielles françaises. Dans un sondage récent, il est apparu que 57 % des Français ne font pas confiance au Président de la République française. Pourquoi les Africains, qu’il méprise, lui feraient ils confiance ? Pourquoi en plein scandale Bettencourt, l’Etat UMP tente de faire oublier le comportement scandaleux de ses responsables politiques: Kouchner, Joyandet, fidèle soutien de la tromperie électorale au Gabon et au Togo?

Le Mouvement Civique du Gabon se félicite du projet annoncé de « décristalisation » des pensions et retraites des anciens combattants coloniaux des guerres mondiales. Ce sont les associations, comme les « Oubliés de la République », le Gouvernement de Lionel Jospin, qui ont œuvré pour ce combat. Récemment, le Conseil constitutionnel a réclamé le respect du  principe d’égalité entre les anciens combattants d’Afrique et européens. Il faut aller plus loin et en plus de cette reconnaissance trop tardive, il faut exiger que leurs descendants aujourd’hui présents sur le sol français soient traités avec dignité du point de vue du droit aux titres de séjour et d’accès à la nationalité française et qu’ils aient la possibilité de choisir sans tracasserie la nationalité pour laquelle leurs parents se sont battus

Documents officiels d’un ancien combattant originaire du Gabon, Alphonse ALLOGHO MEZUI, dont la veuve n’a jamais pu obtenir la moindre reconaissance de la République française, pour laquelle son mari avait combattu.

(source: documents personnels de Mme Mengue M’EYAA)

Le Mouvement Civique du Gabon (MCG) estime qu’il est urgent que les accords de coopération soient revus entre la France et les Etats africains.

- La présence des bases françaises sur le continent doit être revue, en particulier, lorsqu’elles semblent être là que pour conforter un pouvoir illégitime.

- L’assistance militaire ne doit pas être un prétexte pour de l’aide à la répression de populations en révolte contre les coups d’Etat menés par les partis au pouvoir.

Il est également urgent que la France profite d’un retour sur ses propres origines pour cesser de s’ingérer dans les processus démocratiques et venir en soutien aux pires dictatures du continent.

Au Gabon,  les Anciens combattants sont morts pour la France : on dit qu’ »ils sont morts pour rien »!

Accéder à l’alternance démocratique sans que Nicolas SARKOZY ait la possibilité de les empêcher !

Le Mouvement Civique du Gabon demande qu’une commission de l’ Assemblée nationale soit formée afin que la politique africaine de Nicolas Sarkozy soit clairement dévoilée et examinée par les représentants du peuple.

Il faut en effet qu’il soit mis un terme au pré carré improductif de la Françafrique, comme on le voit, afin que soit aménagée une relation directe avec l’Union européenne (Afrique-Europe).

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

Paris, le 14 Juillet 2010


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