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Education sinistrée au Gabon ! Le régime fuit une fois de plus son effroyable échec !
27 juillet, 2010, 22:00
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Les résultats des examens du baccalauréat sont tombés. Attendus, rapidement évoqués par la presse du régime, ils n’ont pu être passés sous silence. Les taux de réussite au baccalauréat sont catastrophiques, autour de 10 % voire beaucoup moins comme dans l’Estuaire (7,6%). Très curieusement, sans doute parce que la population scolaire est faible et parce que le Haut Ogooué est la province originaire du putschiste, les résultats sont plus élevés que dans le reste du Gabon (33,67%). Il est d’ailleurs symptomatique que les résultats soient parcellaires et finalement non consolidés au plan national par le ministère de l’éducation nationale ; Il y a sans doute quelques manipulations de chiffres comme pour le score des élections !

            Les « analyses » du parti Etat sur cette situation tourneront autour de la culpabilisation des parents et essaieront de bâtir de nouvelles formes de contrôle social, puisque c’est à peu près tout à quoi s’arrête leur inventivité bureaucratique leur permettant au passage de s’accrocher au pouvoir, ou plutôt aux revenus de celui-ci.

            Or, ces résultats ne sont que les signes d’une crise globale qui n’a pas commencé avec le coup d’Etat de septembre 2009 au cours duquel les prédateurs du clan Bongo ont confisqué le pouvoir. Les racines sont plus lointaines, depuis la fin des années 60 à partir du moment où la médiocrité a été portée au pinacle, les valeurs de travail scolaire détournées à l’image des  revenus pétroliers du Gabon.

            Le Mouvement Civique du Gabon a tout au long de la campagne électorale de juillet et août 2009 fait des propositions en matière éducative de façon à mettre un terme aux dérives quarantenaires dans ce domaine

(site:http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr)

  • Les moyens matériels de l’éducation sont insuffisants. Les écoles publiques, accessibles à tous, sont délibérément sous-dotées de façon à privilégier les écoles privées payantes appartenant directement  ou indirectement  à la nomenklatura du parti-Etat. Les classes sont surchargées, et, le statut des enseignants du primaire et du secondaire est sacrifié  démotivant et  obligeant ceux-ci à exercer un second métier pour survivre. Pour ceux qui connaissent Libreville, il n’est pas rare de croiser des enseignants vendre du poulet grillé ou du poisson à la braise le soir tombé (carrefour Lalala, marché de Nkembo, etc)

Enfants scolarisés dans une école privée catholique au Gabon (année 2007)

      Les 100 millions d’euros dilapidés par le régime pour l’achat d’un hôtel  particulier sur Paris auraient été mieux utilisés pour améliorer les conditions  d’études des enfants gabonais ou la situation des enseignants !

  • En raison de l’incompétence notoire des gouvernants du pays, il n’a jamais été possible de créer les conditions d’un accueil convenable et d’un accompagnement des enfants dans les établissements scolaires : pas de cantines scolaires, pas assez d’internats permettant d’extraire les enfants des familles modestes de leur environnement personnel déprimant. Pas de psychologue ou de médecins scolaires et bien sûr,  pas d’encadrement sportif infra scolaire, pas d’efforts particuliers pour les zones rurales…

L’abandon du système scolaire est à l’image de l’abandon total du pays. Il y a bien eu des états généraux de l’Education au Gabon ou sous le couvert de l’UNESCO, mais, le désinterêt et l’incompétence du parti-Etat a précipité au fil des ans une dégradation de la situation. En 1996, le taux de réussite au bacalauréat était de 30 %, chiffre relativement bas mais meilleur néanmoins qu’en 2010.

  • Puis, les pratiques arbitraires du régime ont longtemps disqualifié la réussite scolaire. à travers la manipulation des résultats. Ainsi, tel rejeton, mauvais ( e) élève, mais dotée d’une parenté avec un ou plusieurs dignitaires, se voyait attribuer d’autorité le bac et rajouter sur les listes de résultats sans que personne ne puisse s’y opposer.
  • Enfin, la plupart des familles proches du clan Bongo envoient leurs enfants à l’étranger en Europe ou aux Etats Unis, montrant leur peu de confiance dans le  système scolaire gabonais, et surtout, leur peu d’intérêts pour l’amélioration des conditions de scolarisation des enfants au Gabon. le sens du service public et de l’intérêt général en matière éducative n’existe pas comme pour tous les autres domaines de la société matraquée par 40 années d’oppression et de règne de l’arbitraire.  Il est inutile de préciser que le système des bourses, quoi que supérieures aux  pays voisins, sont en deçà des possibilités réelles du Gabon. Quant à leur attribution, bien entendu, il est préférable de préparer un diplôme d’esthéticienne et originaire du Haut Ogooué pour l’obtenir, que de préparer une spécialisation de mathématiques supérieures et être originaire du Woleu-Ntem ou de Ngounié.

Aucun diagnostic ne sera bien sût établi par le régime de « l’émergence » qui est dans la dénégation de la réalité causée par lui conforme aux 40 années de destruction massive de l’Etat gabonais menée depuis la prise de pouvoir du clan Bongo. Faut-il s’en étonner ? L’Education n’est pas isolée de l’état général défaillant du pays en matière d’infrastructures sanitaires et de santé, de transport…

Le pitoyable ministre de l’éducation nationale, qui a peut-être obtenu son bac au « piston », a bredouillé une explication peu convaincante dans laquelle il a évidemment exclu d’en tirer la moindre conséquence sur le plan organisationnel et a préféré accuser les enseignants et les jeunes eux-mêmes dont on sait qu’ils préfèrent la « délinquance » à l’école. En matière d’incompétence scolaire, de diplômes frelatés, et surtout de délinquance, on peut au moins reconnaître aux  membres du clan qu’ils s’y connaissent !!!

L’ensemble de la jeunesse gabonaise a montré à travers sa mobilisation pendant les élections présidentielles sa soif de changement en votant en faveur de l’opposition au parti-Etat.

La très grave paupérisation de la majeure partie des Gabonais a maintenant des conséquences sur leurs enfants, dépossédés de formation, parce que le Gabon arrive au bout de 42 années de déstructuration et de découragement renforcés par le putsch de septembre 2009.

Plutôt que de régir le port des décolletés des jeunes filles et de porter atteinte aux libertés individuelles, le régime serait mieux inspiré de s’occuper des vrais problèmes du Gabon.

Le Conseil exécutif du  Mouvement Civique du Gabon (M.C.G) suggère que soit très rapidement mise en place une commission d’enquête par l’opposition, dont la responsabilité sera de rendre compte avec sincérité de la réalité, et se chargera d’établir un diagnostic de la crise profonde que connaît le Gabon en matière d’éducation.

En dépit des très nombreux obstacles crées par le régime, elle devra s’efforcer de  déclarer l’Education nationale sinistrée afin de la proclamer comme une grande cause nationale.

Le rapport devra impérativement être remis au secrétaire général de l’UNESCO et aux différents bailleurs de fonds  afin qu’ils prennent réellement connaissance de l’utilisation des fonds mis à disposition du  régime de « l’émergence » en matière de développement éducatif des populations gabonaises.

Mengue M’Eyaà

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr


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