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Elections en France : espoirs au Gabon pour 2012 !!!
31 mars, 2011, 22:03
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Le pouvoir sarkozyste tente de se racheter une conduite en Libye.

Après avoir soutenu sans faillir le régime de Kadhafi, jusqu’à le recevoir officiellement en France, le gouvernement français est maintenant en pointe sur la défense des révoltes démocratiques. Sont oubliés les épisodes tragiques du soutien à Ben Ali, à Moubarak incarnés par une ministre des affaires étrangères, sacrifiée en raison de son zèle trop voyant sans doute et d’amis décidément devenus infréquentables.

Cela n’aura pas réussi à détourner l’attention des Français au moment du vote pour les élections cantonales. Pourtant, sous la pression de résultats électoraux catastrophiques, de l’éclatement possible de son parti, écartelé entre des postures contradictoires sur le soutien aux thèses d’extrême droite, des échecs de sa politique économique – libérale avant la crise, libérale pour les riches après la crise, et autoritaire pour les pauvres-, le Président français tente une « croisade » guerrière, selon le « bon mot » du « meilleur » de ses collaborateurs devenu ministre de la police et de la traque des immigrés, contre Kadhafi à bon compte tant le personnage, au passé terroriste notoire, offre une figure évidemment odieuse peu susceptible de susciter la moindre sympathie.

Il faut noter au passage que Guéant, artisan du putsch électoral gabonais, est passé du statut de collaborateur du Président à celui de ministre de l’intérieur, ce qui veut dire, dans la période qui vient, du ministère de la préparation des élections. Cet « éloignement » de la Présidence de la République est à mettre à l’actif d’Alain JUPPE, qui, sans doute, a dû mesurer la nocivité des interventions du personnage notamment en matière de politique gabonaise, car, le fiasco de ce pays lui est totalement redevable ainsi qu’à Bourgi.

Avec soudaineté, la « communauté internationale » s’est mobilisée et a retrouvé des allures de justicière d’un monde vertueux dans lequel il est impensable de s’en prendre aux peuples, de les martyriser, que tout dirigeant bien constitué n’a pas le droit de faire « tirer » sur sa population. Pourtant, le discours du pouvoir français est changeant en fonction des latitudes. Alors que le monde arabe semble être d’une étoffe particulière qui ne se répand pas jusqu’en Afrique noire, continent de tous les dérèglements y compris politiques. La communauté internationale serait-elle « raciste » ou « amnésique » ?

Au Gabon, un pouvoir battu dans les urnes en septembre 2009 s’est maintenu au pouvoir. Pire encore, le régime du coup d’Etat a fait tirer sur les populations innocentes sur une partie du territoire à Port-Gentil. Le pouvoir français –Sarkozy, Guéant, Bourgi et Kouchner- ont avalisé le putsch comme étant le résultat des élections, lesquelles ont bien sûr été avalisées par la Cour constitutionnelle.

Pas de protestations internationales après les victimes de la répression sanglante, les Etats-Unis tournent leur regard, occupés qu’ils sont à « gérer » les suites des interventions en Afghanistan et en Irak alors que la France est venue au secours de Bongo et qu’elle a cessé rapidement de le faire auprès de Ben Ali ou de MOUBARAK.

Il peut apparaître singulier qu’une organisation internationale, l’ONU, décrète quels sont les bons et les mauvais dictateurs…voire même, sous la pression de Sarlozy, qu’elle accueille en membre non permanent du Conseil de sécurité un représentant du Gouvernement illégitime et meurtrier du Gabon tandis que ceux élus par le peuple gabonais sont obligés de de réfugier dans une des  instances des Nations Unies.

Ainsi, Gbagbo et Khadafi sont considérés comme de mauvais dictateurs et Bongo, ou bien d’autres, ont droit au déroulement du tapis rouge en dépit de leurs méfaits..

Il est fort peu probable que le Gouvernement français, « remanié » à nouveau, change ses habitudes par rapport au Gabon.

Comme cela a été vu en 2009, les liens personnels de Sarkozy, antérieurs à sa prise de pouvoir, sanctuariseraient le Gabon au moins jusqu’aux élections présidentielles françaises et expliqueraient le soutien sans failles au pouvoir illégitime du clan Bongo.

En revanche, il apparaît, à ce stade, hasardeux de classer Alain JUPPE parmi les néo-foccardiens qui entourent le Président français. Il n’est certes pas aventureux et novateur sur les questions africaines et semble, conformément à sa famille d’origine – le chiraquisme- peu enclin à prendre le risque de l’alternance au Gabon. En sa qualité de maire de Bordeaux, il ne faut pas oublier que cette ville est en France celle qui a le plus de relations commerciales avec le Gabon.

Alain JUPPE est certainement plus habile que son prédécesseur – qui lui était compromis avec le clan Bongo -, mais il ne portera pas le changement. Sa stratégie actuelle est de tenter de porter une forme de discours « démocratique » soigneusement concentré sur le monde arabe et prenant soin d’éviter les « débordements » en Afrique noire, là où les principales dictatures sont soutenues et amies de Sarkozy – Gabon, Congo, Burkina -. La seule incursion en Afrique noire consiste à soutenir Ouattara, autre « client » traditionnel de la droite française, surtout connu pour ses faibles convictions, son ethnicisme forcené, et pour avoir magnifié le parti unique sous Houphouët BOIGNY.

Le changement au Gabon n’interviendra qu’avec l’action des Gabonais. Le président légitime, André MBA OBAME, en se proclamant Chef de l’Etat et en formant un Gouvernement, l’a parfaitement compris en défiant le régime issu du putsch et en le faisant savoir. Cette seule action a permis de rendre visible le problème gabonais au-delà du continent africain. Dans la durée et la constance, elle permettra de démontrer l’absurdité d’un régime quarantenaire, soucieux de seulement durer en annihilant toute possibilité de développement d’un pays doté ressources importantes, réduit à n’être, par l’incompétence notoire de ses dirigeants, qu’un Etat supplétif du pouvoir sarkozyste aux Nations unies.

La « democratie » au Gabon devant le siège des Nations unies prête à charger sur le Président élu Mba Obame qui est réfugié à l’intérieur.

Au vu de cette analyse, Le MCG considère que le départ probable de Sarkozy et le changement de majorité politique en France constitueraient en 2012 des facteurs encourageants qu’il ne faut pas perdre de vue dans notre réflexion sur les moyens d’abolir le régime issu du putsch de septembre 2009. Les Gabonais ne doivent pas exclure cette donnée du champ de leurs réflexions, sans entrer dans des formes d’espoir exagéré ou de béatitude qui seraient hors de propos.

 A cette occasion, le régime a fait assassiner une femme de 38 ans qui manifestait en faveur de la démocratie et de la reconnaissance du Président MBA OBAME.

C’est pourquoi, face aux tentatives du pouvoir illégitime de corrompre une partie de l’opposition gabonaise, le Mouvement Civique du Gabon rappelle qu’il soutient le processus politique visant à aboutir à l’alternance démocratique au Gabon et mettre ainsi fin à la dictature du clan Bongo, du parti-Etat et des institutions décadentes qu’il a crée qui portent atteinte aux intérêts vitaux de notre pays.

Mengue M’Eyaa
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr