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Alors que le Gabon fête aujourd’hui ses 51 années de « dépendance », les démocrates africains ont pour horizon les élections présidentielles françaises.
La primaire des socialistes aura lieu les 9 et 16 octobre 2011.
Plusieurs candidats sont en compétition. Parmi eux, François Hollande, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, a répondu aux questions de l’hebdomadaire Jeune Afrique sur sa vision de la politique étrangère dont celle se rapportant à la politique africaine de la France.
L’enjeu est important tant les attentes sont considérables en ce domaine. Puis, 5 années d’expériences Sarkozy, ont permis de mettre un terme à l’idée de « rupture » avec la Françafrique, qui a été particulièrement défendue et protégée par le pouvoir en place accréditant des pratiques d’un autre temps.
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Martine Aubry a pris beaucoup d’avance en mesure de propositions sur l’Afrique à travers son discours de Dakar (février 2011, reproduit sur le site: http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr) dans lequel elle a donné sa propre vision de l’avenir du continent en contrepoint de celui de Nicolas Sarkozy, chef d’œuvre de littérature coloniale des années trente.

De son côté, François Hollande avance des propositions intéressantes, même si l’entretien quitte très rapidement l’Afrique subsaharienne pour rejoindre la thématique de la « révolution de jasmin » au Maghreb, la Libye, et l’immigration en France.
- sur la Françafrique : « je prends la déclaration de [François Fillon à Libreville] comme une évolution, une volonté d’en terminer avec ce qu’a fait le président depuis 5 ans. Mais, je crois que ce que je vois et nous verrons bien si les réseaux et les connivences sont abolis ».
- « Nous ne cherchons pas à déstabiliser des pays africains et leurs dirigeants. (…) nous saluons les responsables qui ont été élus démocratiquement et qui gouvernent dans le respect des libertés et des droits de l’homme. »
Puis, il aborde la question de l’aide publique au développement qu’il faut renforcer. Nous considérons, comme Martine Aubry, qu’il faut l’assortir de conditionnalités sociales de développement. Un pays mal géré comme le Gabon depuis plus de 40 ans ne peut prétendre à une aide publique au développement au niveau du Mali ou de la Guinée.
- sur la « rupture » sarkozienne, « j’en terminerai avec ces rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir. (…) je défendrai l’idée que la démocratie, les valeurs de progrès et de liberté valent partout dans le monde et notamment en Afrique. ».
- et les biens mal acquis : « Ce sera à la justice sans entraves et en toute indépendance de mener les investigations permettant d’établir la vérité sur ces biens. Il appartiendra ensuite de les restituer aux peuples lésés. »
François Hollande revient sur la tentation dynastique propre aux dictatures : « c’est une tentation dynastique qui saisit un certain nombre de chefs d’Etat dans le monde et dont ils feraient bien de se départir. Ce n’est pas parce que la Syrie, la Corée du Nord, et le Gabon l’nt fait que d’autres doivent s’en inspirer. »
Sur le sujet de la politique africaine, François Hollande la met en première dans les sujets de politique internationale à traiter lors de la victoire électorale de la gauche en 2012.
Le Mouvement civique du Gabon est satisfait des prises de position des deux principaux candidats aux primaires socialistes.
- il y a deux prises de position qui viennent en complément du projet socialiste qui avait été très « court » sur les politiques africaines.
- Il y a désormais un niveau de compréhension satisfaisant des problèmes africains.
Les dénonciations des dictatures, dont celle du Gabon, montrent que le développement ne peut s’envisager sans un minimum de démocratie laquelle n’existe pas au Gabon, ce que tend à prouver la dissolution de l’Union nationale.
Après la réactivation des réseaux les plus obscurs de la période Foccard, et l’imposition de véritables dictatures issues de putschs électoraux sur le continent, il est temps de changer d’époque en Afrique. L’alternance politique ne doit pas être l’oubliée du continent africain.
La gauche une fois parvenue au pouvoir ne doit pas s’interdire de favoriser la libération des peuples africains, car, se contenter de tenir un discours novateur, sans appréhender la nature illégitime, violente et conspiratrice des régimes en place, comme au Gabon, reviendrait à laisser les choses en l’état, ce que les sociétés civiles et les démocrates, organisés ou non, ne pourront accepter longtemps.
Paris, le 17 août 2011
Mengue M’Eyaà
Présidente du conseil exécutif
Mouvement civique du Gabon
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr
