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Il est de bon ton pour les analystes politiques en France de dire que ce n’est pas par la politique étrangère que l’on gagne une élection présidentielle en France. Or, le sujet « secondaire » s’invite dans le débat politique pré-électoral.
Après la confirmation de la plus grande escroquerie électorale au Gabon en août et septembre 2009 par les câbles diplomatiques de wikileaks, un terrible scandale touche à nouveau le Gabon et ceux qui le rançonnent depuis plus de 42 ans.
Le Journal du Dimanche (édition du 11 septembre) publie un entretien avec Robert BOURGI, homme de la Françafrique et intermédiaire entre le pouvoir sarkozyste et quelques régimes africains, tels que le Congo, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et bien sûr le Gabon, pays dans lequel il a sans cesse été l’intermédiaire de Sarkozy en soutien du clan Bongo – ce même clan qui lui a apporté son soutien en 2007, échange de bons procédés -.
L’avocat Bourgi – car telle est sa « profession » dit-on – prend un ton accusatoire pour désigner De Villepin et Chirac comme les organisateurs et les bénéficiaires de «mallettes d’argent liquide » remises par plusieurs chefs d’Etats africains, ou plutôt comme on le devine, les habituels potentats Sassou, Bongo et autres Mobutu, ce dernier étant mort depuis une dizaine d’années.

Quel crédit accorder aux propos de Bourgi ? Il est vrai que l’individu est trouble et absolument infréquentable, qu’il a, à l’égal de son mentor Foccard, une mentalité colonialiste et qu’il est mu par ses intérêts immédiats et ceux de ses clients politiques, qu’ils soient « africains » ou qu’ils soient Français de droite – tantôt Chirac et tantôt Sarkozy.
Au Gabon, ses choix ont été clairs: missionné par Sarkozy et Guéant, il a apporté l’onction du pouvoir français au putsch électoral de Bongo, candidat de Sarkozy, et de ceux qui usurpent le pouvoir au détriment du Président élu , André MBA OBAME.
Mais, le Gabon n’a pas en l’honneur de recevoir l’attention de la « communauté internationale », et parfois, quelques timides gestes de sympathie de la part de démocrates isolés n’ont pas inversé l’idée selon laquelle le pouvoir français avait décidé d’imposer Bongo aux Gabonais qui avaient voté tout autrement.
C’est pourquoi, l’affaire qui intéresse les médias peut avoir un intérêt pour les résistants gabonais. La diplomatie des mallettes d’argent peut amener à dévider le fil des manipulations et intérêts matériels de ceux qui ne voudraient pas que le clan Bongo quitte le pouvoir. Or, autant le dire, nous sommes un certain nombre à penser que les jours du régime sont comptés, avec ou sans dévoilement des nombreuses valises d’argent remises aux responsables du pouvoir politique français de droite depuis 10 années.
Mais, la Justice française saura t-elle se saisir de l’occasion, ou partons nous à nouveau dans un marathon judiciaire à l’instar des Biens mal acquis ? Et pourtant, la réalité est là évidente : Dans cette histoire, le pillage du Gabon à grande échelle se reconnaît à nouveau pour le plus grand drame du peuple gabonais abandonné par la « communauté internationale ».…
Nous demandons l’ouverture d’une enquête par le Parquet en France afin de faire la clarté sur les éventuels faits de corruption de la part de responsables politiques français et de leurs complicités avec les autocrates et dictateurs en place dans plusieurs pays africains dont le Gabon.
Il faudra également que les Français d’origine africaine, leurs familles et leur amis, et tous les citoyens éclairés, inscrits sur les listes électorales, profitent de l’occasion pour participer au changement en 2012, car il est temps d’offrir à la relation France et Afrique de nouvelles perspectives qui soient fondées sur des échanges égaux et respectueux et qu’enfin après 10 années d’ombres, de tumultes et de honte, un souffle démocratique soit enfin encouragé.
Le peuple gabonais est digne. Il sait que les liens d’affaires entre le clan Bongo et une partie de la droite française ont empêché jusqu’à présent toute possibilité d’alternance démocratique, en raison d’intérêts directs et particuliers, d’où l’impossibilité jusqu’à présent d’avoir des élections sincères. Mais, cette réalité ne saurait être la fin de l’Histoire.…
Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

