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Attaquer Jean Ping pour faire oublier le sous-développement du Gabon et la carence démocratique!
24 août, 2014, 18:26
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 Lors d’un entretien à la télévision d’État, M. Bongo s’est livré à son exercice préféré : l’art de la calomnie , de la désinformation, pour mieux tenter d’endormir les consciences.
 
Mme Mengue M’Eyaà, et M. Ping, lors de la présentation à Sciences po, à Paris, de son ouvrage: « éclipse sur l’Afrique: fallait-il tuer Kadhafi? »
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Ainsi, pour faire oublier les attaques racistes de son conseiller, qui a appelé au meurtre des fangs, il accuse Jean Ping d’être xénophobe parce que celui-ci a remis en cause la présence de M. Accrombessi ,béninois, comme directeur de cabinet.

 

Après avoir consacré à peine 10 minutes aux questions touchant les Gabonais, comme l’éducation ou comme la santé, le reste des propos d’Ali Bongo a consisté en des attaques personnelles à l’endroit de M. Ping reposant évidemment sur aucun début de vérité. Est-ce à dire que le régime est en situation de panique ? C’est effectivement le cas sachant que des responsables du parti-Etat ne cachent plus leur envie de le lâcher plus vite que prévu.

 

M.Ali Bongo a accusé l’ancien ministre des Affaires étrangères d’Omar Bongo d’être « xénophobe » en raison de la situation de M. Accrombessi. Or, tous les emplois d’un certain niveau de responsabilités d’État , et de souveraineté, dans tous les pays du monde doivent être confiés à des nationaux. Tel n’a pas été le choix de M. Ali Bongo, qui, s’est ensuite dépêché de tenter de rattraper l’impair en lui octroyant récemment la nationalité gabonaise.

 

La polémique Accrombessi est symptomatique des sujets qui crispent Ali Bongo de manière quasi affective à l’endroit de son directeur de cabinet. Alors que de jeunes étudiants mettent en danger leur vie par une grève de la faim pour des conditions d’études décentes, à quelques centaines de mètres du défilé du 17 août, donc à proximité de la tribune présidentielle. M. Bongo devient hystérique à l’idée que soit remise en cause la position de M. Accrombessi. Chacun jugera des priorités qui sont les siennes.

 

L’accusation de « xénophobie » envers M. Ping est absurde et injustifiée. M. Bongo a cité le cas de M. Dossou qui avait été directeur au ministère des hydrocarbures. Or, M. Dossou était arrivé au Gabon à la suite de son mariage avec une femme gabonaise,Mme Dossou – Naki, et de ses études à l’Institut français du pétrole. Après cela, étant installé au Gabon, il a connu une carrière au sein des institutions gabonaises sans qu’il ne lui soit reproché quoi que ce soit. Beaucoup de Gabonais, de toutes origines, ont pu ainsi évoluer dans leur vie professionnelle au Gabon , sans qu’il n’y ait eu la moindre « xénophobie ».

 

En revanche, M. Bongo n’a pas dénoncé les propos génocidaires et racistes de son conseiller,  qui a appelé au meurtre des fangs au Gabon, et particulièrement ceux de la province du Woleu-Ntem dans une tonalité qui rappelait Radio Mille collines du Rwanda.

 

Un de ses autres arguments est de dire qu’il a recommandé M. Ping auprès d’Omar Bongo en 1972 pour ainsi se construire une carrière politique ancienne, ce qui n’est pas crédible. Chacun sait qu’en 1972, lors de la nomination de Jean Ping à la direction du cabinet d’Omar Bongo, Ali Bongo tentait d’être musicien et menait des études avec une médiocrité reconnue par tous à tel point qu ‘il a dû rapidement abandonner. Il majore donc son emprise sur l’ex-président Omar Bongo.

 

 

A titre personnel, je me rappelle de cette période sous laquelle Franck Ossey, mon père, ambassadeur, ancien premier conseiller de l’ambassade du Gabon à PARIS, a représenté le Gabon à l’UNESCO dont le directeur général était René Maheut puis M. Mbow ;Ce dernier souhaitait en effet prendre M. Ping dans son cabinet jusqu’à ce qu’on apprenne  qu’Omar Bongo voulait en faire son propre directeur de cabinet. Les deux frères de M. Ping étaient considérés comme des opposants. Ses deux frères, Pierre-Louis Agondjo Okawe, et Joseph Redjambe, étaient persécutés par le régime. Conformément aux méthodes d’Omar Bongo de l’époque, il fit un coup politique en contraignant Jean Ping à travailler avec lui à son cabinet aux fins de division d’une famille, ce qu’il n’a jamais réussi. C’était alors une pratique en Conseil des ministres de nommer les personnes sans leur accord préalable afin de générer des contradictions internes. Je confirme les propos de M. Ping.D’ailleurs, jamais Omar Bongo n’a envisagé qu’Ali Bongo soit un jour  chef de l’État du Gabon. Mais, Nicolas Sarkozy, Guéant et Bourgi en ont décidé autrement après sa mort.

 

Enfin,dernier argument de M. Bongo, il convoque Manuel Valls et Anne Hidalgo à la rescousse de M. Accrombessi faisant entendre que ces élus français, d’origine espagnole, ont finalement un parcours similaire à son directeur de cabinet, ce qui est insultant pour ces deux personnalités qui ont été brillamment élues au suffrage universel , ce qui n’est pas le cas de M. Accrombessi et de son patron Ali Bongo arrivés au pouvoir en 2009 à la suite d’un coup d’État électoral. C’est d’ailleurs le sujet que le régime essaie de faire oublier.

 

Dire que M. Ping est digne d’appartenir au Front national est une outrance langagière dont il est coutumier. Il faut rappeler leur parcours depuis 2009 :

 

-Le régime a fait interdire l’Union nationale, principal parti d’opposition d’où est issu le président élu, André Mba Obame.

-Des médias sont mitraillés (TV plus) ou interdits de publication régulièrement (Echos du Nord).

-Des responsables politiques ou syndicaux sont arrêtés.

-Il est incapable de mener le moindre dialogue ou la moindre négociation, mais tente d’intimider ou de détruire les oppositions sociales ou politiques.

-ll bafoue les droits fondamentaux des Gabonais.

-Par ailleurs le pays connaît une crise de développement sans précédent avec le recul des principaux indices de développement humain dans tous les secteurs, ce malgré l’aide internationale et française. Compte tenu de la faible fiabilité des instruments de mesure de la croissance gabonaise les 6 % de croissance annoncés par le régime sont plus que suspects.

 

Le FMI n’a d’ailleurs pas validé les chiffres de croissance et l’état de l’économie réelle du Gabon.

 

En réalité, la sortie langagière de M. Bongo apparaît comme une tentative malheureuse de souder son camp derrière lui . La base ethnique d’où Omar Bongo est issu ne le soutient pas car il l’a constamment méprisée. Il tente ainsi de se construire une histoire politique à usage des responsables français, européens et au-delà,dans laquelle il se veut incarner une sorte de défenseur des valeurs opposées à celles du Front national, opérant à son profit une sorte de détournement d’un combat politique qui n’est pas le sien,compte tenu de ce qui s’est passé au Gabon depuis 2009.

 

Notons enfin que M. Ping ne peut s’exprimer dans les médias d’État au Gabon qui lui refusent un droit de réponse et qu’il est donc obligé de recourir à RFI pour faire entendre sa voix ou simplement dans l’écho du Nord dans lequel il a pu donner son droit de réponse. Il n’a pu donc répondre directement aux Gabonais car les médias ne sont donc pas libres et indépendants.

 

Alors,qui a les méthodes du Front national ? Et qui se réfère au Front national ?

 

Les opposants « haïssent » Ali Bongo ? Non, car il ne s’agit pas d’affect. Il s’agit de l’accession illégitime au pouvoir d’un individu qui ne respecte pas le suffrage universel et que les Gabonais souhaitent voir partir. Le Gabon ne saurait être une république héréditaire.

 

Mengue M’Eyaà,

 

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

 

Ancienne conseillère spéciale du Président du Parti gabonais du Progrès (affilé à l’Internationale socialiste), Pierre-Louis Agondjo Okawe, député maire de Port Gentil 

Ancienne conseillère du député maire, chargée des affaires européennes et des questions du développement de la ville de Port Gentil.



Le Gabon connaîtra t-il le deuxième acte de son indépendance avec la fin du régime Bongo, installé par Foccard en 1967 ?
17 août, 2014, 22:37
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Déclaration du 17 août 2014 du Mouvement civique du Gabon 

 

A l’Assemblée nationale récemment installée, la veille du jour de l’indépendance, le 16 août 1960, André Malraux, ministre d’Etat des affaires culturelles, et représentant de la France, dit :

 

« L’espoir est un des mots les plus exaltants de l’histoire, parce que l’histoire est faite,

entre autres choses, d’une succession de terres promises. Mais pour que les promesses

soient tenues, pour qu’il demeure de l’indépendance autre chose que le souvenir des

jours d’enthousiasme – car il existe maintes formes de dépendances même dans

l’indépendance– il n’est qu’un recours : l’Etat. »

(Discours prononcé par André Malraux, ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles, à l’occasion de la proclamation de l’indépendance du Gabon – Libreville – 16 août 1960, peu avant minuit)

 

Or d’Etat au Gabon, 50 ans plus tard, il n’y en a toujours pas, comme l’attestent les biens mal acquis. Il y a une gestion personnelle de l’Etat par le clan Bongo à partir de l’éviction de Léon Mba en 1967 (émission pièces à conviction – reportage de Magali Serre – France 3 et« Françafrique » sur La Chaîne Parlementaire française)

 

Quelles que soient les alternances, le pouvoir français veut se convaincre et considérer aujourd’hui que les Etats africains sont des interlocuteurs respectables sans tenir compte de leur illégitimité fondamentale, à quelques exceptions près. M. Bongo fait donc le tour du monde pour tenter de se convaincre qu’il est un chef d’Etat pourvu de toute légitimité démocratique «  au milieu de ses pairs », ce qu’il n’est pas.

 

Ses tournées extérieures sont à usage des Gabonais pour les désespérer même quand il est question de politesses diplomatiques qui lui sont faites par les personnalités, après ses multiples harcèlements pour obtenir des rendez-vous. M. Bongo doit le savoir : ce sont les Gabonais quiferont du Gabon ce qu’il sera non pas ceux ou celles qui lereçoivent. L’opposition s’organise. Elle est soutenue par le peuplegabonais.

 

Ce 17 août 2014, lasituation actuelle du Gabon est critique. L’université de Libreville est en crise. Les étudiants tentent dans leurs protestationsd’éviter les actes de répression violente dont est coutumier lerégime, y compris à l’égard de la jeunesse.

 

Nous dédions ce 17 août aux courageux étudiants et étudiantes qui font une grève de la faim à proximité de l’église Sainte Marie de Libreville pour améliorer leurs conditions d’études. Les parents de ces étudiantsn’ont pas les moyens de les envoyer en Europe. Je sais que certains d’entre eux commencent à être particulièrement mal. Un Etat qui maltraite sa jeunesse est indigne. Nous condamnons cette absence totale d’actions en direction de la jeunesse étudiante.

 

Nous exigeons que les étudiants et étudiantes soient reçus dans les plus brefs délais.

 

Nous exigeons que leurs revendications soient écoutées et satisfaites.

Etudiants en grève - Libreville - août 2014 - 1Etudiants en grève - Libreville - août 2014 - 2

Etudiants en grève de la faim à proximité du défilé du 17 août 2014 (photos: Marcel Libama)

Malheureusement, d’autres secteurs se mobilisent sur des motifs d’amélioration de la vie quotidienne, dont on sait qu’elle s’est détériorée depuis ces 5 dernières années (coupures d’eau et d’électricité par exemple). Les autorités françaises n’en ont évidemment pas conscience car le pétrole coule toujours à flots pour Total.

 

La vie démocratique est en péril chaque jour. L’interdiction de l’Union nationale, la dislocation de l’Union du peuple gabonais, le harcèlement envers les responsables de l’UPG après la mort étrange de Pierre Mamboundou,et le retrait provisoire d’André Mba Obame, vainqueur de l’élection présidentielle de 2009 et malade après un probable empoisonnement, ont crée des incertitudes dans l’opposition, qui ont aujourd’hui disparu.

 

Le parti-État est de son côté en crise permanente, secoué par des départs brutaux et l’élimination des responsabilités éminentes au sein du régime de ceux qui ont servi Omar Bongo.

 

Le pustchiste s’appuie sur des non Gabonais animés par le seul appât du gain sans aucune conscience patriotique et sans aucune compétence particulière que celle d’être ses proches.

 

La nonchalance de la diplomatie française sur la gouvernance démocratique en Afrique est-elle la contrepartie aux soutiens africains sur le théâtre d’opérations malien ? Il faut en effet s’interroger.

 

Même François Mitterrand, dont on connaît aujourd’hui les limites de sa politique africaine, avait été plus audacieux avec le discours de la Baule,qui a accéléré en 1990 la venue du multipartisme. Au Gabon, Omar Bongo a été contraint en 1990 de concéder le multipartisme. Depuis 2012, et la chute de Nicolas Sarkozy et des réseaux néo-foccardiens,c’est l’immobilisme démocratique sur le continent malgré des promesses de campagne alléchantes de François Hollande. Les chefs d’Etats africains se succèdent de rendez-vous en rendez-vous dans les Palais de la République française, sans qu’ils ne ressortent avec une feuille de route démocratique imposée par la France. C’est pourtant là le seul langage qu’il faudrait leur tenir, en particulier, au putschiste gabonais.

 

Il ne peut être demandé aux Français de libérer le Gabon à la place des Gabonais eux-mêmes (bien que les Français se sont substitués aux Maliens pour de bonnes raisons dans les opérations militaires au nord de ce pays et aux Centrafricains ).

 

Mais, les allers et venues de M. Bongo à l’Elysée apparaissent surréalistes :

 

  • M. Bongo n’a pas gagné l’élection présidentielle en 2009. Il est au pouvoir par la force et par le soutien direct du président de la république française, Nicolas Sarkozy.
  • Le clan Bongo est au pouvoir depuis près de 50 ans. Plusieurs de ses membres ont été cités dans l’affaire des Biens mal acquis. Il use de méthodes anti-démocratiques et constitue une menace aux intérêts français par l’instabilité qu’il suscite au Gabon.

 

Les Etats-Unis ont démontré lors de leur récent sommet avec les Etats africains qu’ils étaient capables de s’adapter en affirmant à leur tour leurs desseins économiques sur le continent et en précisant simultanément que le contexte démocratique était indispensable. Ils l’ont prouvé concrètement en tentant de dissuader certains chefs d’Etat qui veulent modifier la constitution de leur pays afin de se maintenir au pouvoir. Voilà qui a le mérité d’être clair.

 

Dans le calendrier officiel, la prochaine élection présidentielle doit avoir lieu en 2016 au Gabon. A ce jour, aucune garantie n’existe sur la possiblité que cette élection se déroule dans des conditions normales.

 

  • le régime maîtrise l’ensemble de l’appareil d’Etat dévolu à l’organisation et à la gestion de la fraude autour d’un scrutin à un seul tour. La cour constitutionnelle, qui est en principe l’institution de référence, est dirigée par une des parentes directes du putschiste gabonais. Elle a par le passé validé toutes les élections truquées.
  • L’opposition démocratique et réelle est traquée, et le régime crée des oppositions factices pour semer le trouble notamment auprès des autorités françaises (Mayila, Mba Abessole, etc).
  • Avec élection ou sans élection, M. Bongo n’a aucunement le souhait de quitter le pouvoir et la concentration de moyens financiers qui lui permettent d’accumuler un patrimoine gigantesque à son service et à celui de son clan au détriment du développement du Gabon.
  • Le personnel politique français semble être atteint d’un strabisme politique, estimant la démocratie en Ukraine nécessaire, et faisant semblant de croire que tout se passe bien au Gabon.

 

Le retrait forcé et temporaire d’André Mba Obame, réel vainqueur de l’élection présidentielle en 2009, a crée depuis 2 ans un espace totalement libre, qu’a tenté de reprendre récemment Jean Ping ancien président de l’Union africaine et ancien ministre des affaires étrangères.

 

La décision de Jean Ping de rejoindre l’ opposition au régime est intéressante pour la crédibilité de celle-ci tant son parcours d’homme d’Etat est élogieux . Sa détermination semble réelle et sans compromis avec le régime, ce qui est en soi de nature à rassurer les Gabonais, et peut-être au delà les responsables politiques français, américains et européens. Les gabonais ont donc uneraison d’espérer, comme l’a dit André Malraux, grand témoin de la proclamation de l’Indépendance du Gabon en 1960.

 

C’est désormais au peuple gabonais de s’apprêter à vivre et à mener un combat pour sa libération qui ira au delà du processus électoral. C’est un risque à prendre pour sa liberté car le régime ne partira pas après un combat électoral loyal.

 

Il faut d’ores et déjà s’y préparer en conscience et agir en conséquence, car, « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu »(Victor Hugo) : cette idée, c’est la démocratie.

 

Vive la République, pour que vive le Gabon.

 

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

 



Yes, you can do it for Africa, and Africa can do it for herself!
5 août, 2014, 21:35
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Oui, vous pouvez le faire pour l’Afrique, et l’Afrique peut le faire pour elle-même!

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Le sommet Etats-Unis –Afrique vient de s’ouvrir le 4 août jusqu’au 6 août.

Après les sommets de l’Afrique avec la Chine, le Japon, la Turquie, et bien sûr avec la France, les Etats-Unis ont de leur côté décidé de se résoudre à convoquer l’Afrique à Washington.

Alors, l’Afrique francophone sera présente bien sûr mais pas seule, et pas au centre des rencontres. Les Etats-Unis entendent rappeler leurs priorités : démocratie, bonne gouvernance, implication de la jeunesse et des femmes, les droits de l’homme, la société civile, les libertés individuelles. Autant dire que certains seront mal à l’aise notamment parce que le concept de parité a du mal à atterrir sur le continent africain, dans les milieux du pouvoir et aussi, malheureusement, au sein des oppositions, ce malgré la place des femmes dans l’économie réelle.

 

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La jeunesse gabonaise en révolte au Gabon aux prises  avec la police et l’armée

dans une université paupérisée pendant que le régime achète des hôtels particuliers en France.

 

Certains des « chefs d’Etats » pas élus du tout comme M. Bongo rasent les murs, tentant de rencontrer l’opposition à Washington tout en opprimant celle de Libreville. Que ne faut-il pas tenter pour avoir un tête-à-tête avec le Président Obama ? Les millions de dollars versés aux intermédiaires et lobbystes n’y ont pas suffi. Il n’y aura pas de tête-à-tête. Piller le budget de l’Etat gabonais pour acheter la résidence de la famille Kennedy n’a pas permis à M. Bongo de s’attirer les bonnes grâces du parti démocrate et du Président Obama.

Bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas non plus des enfants de choeur, et comme les autres puissances, ont des intérêts bien compris. Des bases plus ou moins secrètes, ou plus ou moins discrètes, permettent aux forces spéciales d’intervenir contre le terrorisme désormais très présent sur le continent africain : boko haram, al-quaïda, armée de résistance du seigneur, shebabs, etc

Mais autant l’Afrique existe bien dans les institutions américaines, autant l’administration Obama a dû mal à s’y impliquer pour promouvoir les valeurs qu’elle entend défendre. Mais, l’histoire n’est pas finie.Le mandat du Président américain n’est pas encore achevé.

USA-OBAMA - Africa

Rien n’indique à ce stade que les prochaines élections au Gabon ne seront pas pour les Etats-Unis un test pour voir si ce pays est capable d’entrer dans la modernité ou de continuer à s’abaisser comme il le fait depuis que le clan Bongo est au pouvoir avant et après le coup d’Etat électoral d’août et septembre 2009.

 

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon (M.C.G)

Présidente du Mouvement civique des femmes (M.C.F)

 

 



Manipulations et tromperies: la Lettre du continent dévoile le vrai visage du régime gabonais.
3 août, 2014, 12:39
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Voici l’article que la lettre du continent a publié sur le régime de Bongo, ses mensonges et ses tromperies, et ce pour quoi l’ambassadeur de France au Gabon a protesté auprès de la rédaction, renouant en cela avec la longue tradition des ambassadeurs « manioc »: Dominici,Delaunay, etc

lettre du continent - juillet 2014

 

La Lettre du continent n’ a fait que vérifier les dires de Bongo sur son compte facebook. Tout n’est que bidonnage. Il veut faire croire qu’il a des projets sur le territoire d’Omboué, lieu de naissance de Jean Ping. Ce n’est que pur mensonge. Ce sont les mensonges révélés et décrits par un journal qui en rapporte précisément les faits et les méthodes de désinformation et de bidonnage. Libres à ceux qui veulent croire qu’il se passe des choses au Gabon.

L’article dit aussi que plusieurs entreprises étrangères, européennes ou chinoises, sont obligées de renoncer aux investissements dans le pays tant le partenaire étatique n’est pas fiable.Quant aux entreprises gabonaises, elles sont en cessation de paiement car n’ont pas la possibilité de contester.

A défaut de démocratie et d’alternance, ce n’est donc pas un climat propice aux affaires et à la diplomatie économique.

Alors, l’ambassadeur de France au Gabon défend les intérêts de la France ou ceux du régime en place?

Partagez cet article sur les réseaux sociaux, photocopiez-le au Gabon et faites savoir la nature du régime.

La résistance, cela commence par la diffusion des informations normalement censurées.



Bring back our girls! Appel lancé par Michele Obama qui doit se perpétuer jusqu’à leur libération.
3 août, 2014, 10:31
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Cette photo, qui figure dans le magazine Elle, a été faite à l’occasion de ma présence à la manifestation en faveur des jeunes Nigérianes enlevées par les terroristes de boko haram.

Elles ont le droit d’avoir accès à l’instruction et au savoir.

C’est un enjeu majeur pour tout le continent africain.

(http://www.elle.fr/…/Valerie-Trierweiler-se-bat-plus…).

Des voix doivent continuer à s’élever dans le monde jusqu’à leur libération.

http://www.elle.fr/Societe/News/Valerie-Trierweiler-se-bat-plus-que-jamais-pour-les-lyceennes-enlevees-par-Boko-Haram-2738932

 

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Jaurès appartient à la mémoire de toute la gauche!
3 août, 2014, 10:10
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Personne à gauche ne détient la propriété de la mémoire de Jean Jaurès, comme ont voulu le faire penser certains activistes d’extrême gauche ce matin du 31 juillet à proximité du café du Croissant. Nous étions nombreux à vouloir nous souvenir du grand tribun de la classe ouvrière, selon la terminologie de l’époque, mais aussi de sa défense de la République de la laïcité, l’ami d’Emile Zola, qui a écrit l’Assomoir, description de la misère sociale contre laquelle Jaurès va se battre à l’Assemblée, , et du « j’accuse » contre les antisémites.

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Personne n’a le monopole de la mémoire de Jaurès à gauche..

Du Président de la République, au premier secrétaire du Parti socialiste, des ministres et des élu-e-s de Paris, comme des responsables ou militants d’autres organisations politiques ou des militants et des sympathisants, nous étions tous présent-e-s.

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Ce fut un beau moment, un moment de recueillement dans le café dans lequel nous étions arrivés avec quelques ami-es avant la foule.

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Je pense à Jaurès en particulier sur ce qu’il aurait pu représenter en termes de libération des peuples colonisés à l’époque où il vivait. Bien évidemment, l’on ne peut le faire parler sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres. Sa vie s’est donc arrêtée là en 1914 à la veille d’un conflit inéluctable qu’il ne pouvait sans doute contrarier. Il fut la victime d’un crime commis par un déséquilibré dont on sait aujourd’hui qu’il était atteint d’une diminution mentale et d’une obsession, la guerre et encore la guerre tout en ayant été également membre du sillon (organisation politique de la démocratie chrétienne).

Mais, je m’empresse de dire que celle-ci n’avait rien à voir avec son crime, ni du point de vue de ses conceptions, ni du point de vue de l’organisation matérielle.

Or Jaurès était pacifiste, parce que la guerre envisagée était une guerre des impérlalismes.

Jaurès a fondé l’Humanité qui ensuite a été récupérée par les seuls communistes, mais il est vrai qu’on ne sait pas quelle aurait été sa réaction face à la prise de pouvoir des bolcheviques en Russie et par rapport à la scission du mouvement socialiste au congrès de Tours.

De mon point de vue, Léon Blum sera le plus fidèle continuateur de la pensée et de l’action de Jean Jaurès en tentant de joindre l’idéal à l’exercice du pouvoir.

Cela nous emmènerait beaucoup plus loin qu’en 1914.

Jaurès représente une sorte de conscience morale de la gauche, une éternelle conscience face à ses contradictions qui toucheront en tout premier lieu les peuples sous l’emprise des dominations coloniales puis après la décolonisation.

Mais, au delà de ces aspects, Jaurès était un esprit internationaliste qui ne considérait pas la frontière de la France comme la limite de son appréhension du monde; C’est pourquoi, voir l’extrême droite représentée par le Front national aujourd’hui tentant de faire sienne la mémoire de Jaurès est risible et scandaleux à la fois.

 » Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; C’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe.  » Jean Jaurès, dans son discours à la jeunesse.

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement civique du Gabon

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François Hollande accueillait ceux qui décident du monde… Et après?
9 juin, 2014, 8:27
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C’est à un impressionnant ballet diplomatique auquel on a pu assister lors des cérémonies du soixante dixième débarquement allié en Normandie, avec la visite d’Etat de la Reine Elisabeth II. Celle-ci est la seule cheffe d’Etat à avoir été témoin de la seconde guerre mondiale.

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Visiblement, Vladimir Poutine a apprécié que le Président français rappelle le rôle crucial de l’armée soviétique dans le processus de libération du joug nazi. Poutine a démontré aux uns et aux autres qu’il est incontournable dans la résolution du conflit en Ukraine. Il adonc été amené à reconnaître le président ukrainien avant qu’il ne soit officiellement installé.

A l’applaudimètre, Barack Obama a sans aucun doute battu Poutine, mais il avait l’avantage de s’exprimer dans le cimetière américain en compagnie de François Hollande. Les deux hommes ont rendu hommage aux vétérans. Barack Obama a considéré que les plages de Normandie devaient être vues comme les plages de la démocratie. Ce message va au delà de la France et de la Normandie;

Notons que Barack Obama a choisi de se démarquer en proposant que les chefs d’Etats dînent dans un restaurant gastronomique parisien. Il voulait ainsi aborder la France par le biais du goût.

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François Hollande a fait un beau discours. Pourtant, les choses étaient mal parties. Le dossier BNP Paribas est source de discorde entre les Etats-Unis et la France.  Obama n’apprécie pas la pression de la part du Gouvernement français. Il a d’ailleurs fait savoir qu’il n’intervenait sur les affaires judiciaires dans son pays. Heureusement que pendant le repas, le Président Hollande a pu faire comprendre que c’est le côté disproportionné de la sanction qu’il trouvait injuste. De son côté, Obama voulait pointer le double discours de la France, qui d’un côté est favorable à une Ukraine démocratique et de l’autre continue à vendre des armes à la Russie. Le Président américain pense que sans pression directe, on ne fait pas reculer la Russie.

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François Hollande a réussi son objectif considérant à aller vers une réduction des tensions russo-ukrainiennes et à la reconnaissance d’un Etat ukrainien pro-européen.  Tout le monde était satisfait car tous les chefs d’Etats européens ont parlé d’une même voix en direction de la Russie.

Au titre de l’Allemagne, Angela Merckel a apprécié que François Hollande dissocie les nazis de l’ensemble de la population allemande.

Enfin, on constate que lorsque l’Europe veut se mobiliser sur une cause, elle sait le faire; On aurait apprécié la même mobilisation européenne pour la Centrafrique.

Concernant François Hollande, il démontre qu’il a su avec habilité et maîtrise diplomatique être sur tous les niveaux de ces événements, à la fois le recueillement et l’émotion pour les commémorations, l’art des règles protocolaires pour la reine Elisabeth et la souplesse dialectique pour parvenir à des fins positives concernant la Russie et l’Ukraine, sans oublier la petite incompréhension franco-américaine sur un litige financier.

En compagnie de François Hollande, président de la République,  et d’Anne Hidalgo, maire de Paris, la visite du marché aux fleurs à Paris avec la Reine Elisabeth II, fin de la visite d’Etat, a été très réussie avec l’inauguration d’une plaque liant le site du marché et le nom de la souveraine.

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Un lieu liera définitivement la Reine Elisabeth II à Paris. La présence de la reine a sans doute joué son rôle dans l’assouplissement diplomatique des différents chefs d’Etat russe et américain sur l’affaire d’Ukraine.

J’en tire une ultime conclusion.  L’Europe doit continuer à vivre en paix dans la liberté acquise dans la souffrance et dans le sang. Que sont ils prêts à faire pour que le reste du monde, notamment l’Afrique, puisse bénéficier des bienfaits de la liberté et de la démocratie? Ce d’autant que cette même Europe, la France, continuent à maintenir des dictatures à bout de souffle comme au Gabon.

 

Quand l’Europe veut changer les choses, elle le peut…
Mengue M’Eyaà

 

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

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Jean Ping prend une longueur d’avance pour 2016.
21 avril, 2014, 10:03
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A l’occasion de la sortie de son livre, « Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadafi ? », Jean Ping a présenté son ouvrage dans le cadre de la semaine africaine à l’invitation des étudiant-e-s de sc po qui ont l’habitude d’inviter des personnalités diverses. D’ailleurs, les débats étaient également animés par les étudiantes de l’association ASPA et APEAF.

 

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Jean Ping est ancien ministre des affaires étrangères du Gabon sous Omar Bongo, et ancien président de la commission de l’Union africaine de 2008 à 2012, fonctions dans lesquelles il a précédé Alpha Omar Konaré. Il a présidé l’Assemblée générale des Nations Unies de 2004 à 2005. Il est le petit frère de Pierre-Louis Agondjo-Okawe, aujourd’hui décédé, président du Parti gabonais du progrès (PGP), parti alors affilié à l’internationale socialiste, et député-maire de Port Gentil, qui fut un opposant historique et déterminé, tout comme son frère, Joseph Redjambe, secrétaire général du PGP et assassiné en 1990 au moment du soulèvement des populations au Gabon, ce qui leur donnera une ampleur particulière à Port Gentil, deuxième grande ville du Gabon.

C’est dire que la parole de Jean Ping est sérieuse, appliquée, experte et responsable. Il est venu à Sc po présenter son ouvrage paru aux éditions Michalon, intitulé « Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadafi ? » concernant des conflits qu’il a eu à gérer pour la partie africaine : les crises libyenne et ivoirienne.

S’il était évidemment attendu sur son témoignage international, il l’était aussi sur sa position par rapport au Gabon. Ces derniers temps, Jean Ping est sorti de l’allégeance au parti unique en démissionnant du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir depuis 50 ans. A son tour, Il a commencé à suivre la mutation de nombreux des anciens dignitaires du régime d’Omar Bongo : la dénonciation de l’expérience du pouvoir de M. Ali Bongo. Il faut se rappeler également que Jean Ping a été un des premiers à reconnaître que la « victoire » de M. Ali Bongo avait été usurpée. Il avait déjà proposé sa médiation à l’époque au nom de l’union africaine , ce qui lui fut refusé compte tenu de la haute expérience de fraudes , de l’arrogance des partisans de M. Bongo et du soutien de M. Sarkozy.

Son ouvrage se veut une œuvre de pédagogie. En tout premier lieu, il explore de manière concrète ce qu’est la domination occidentale sur la diplomatie africaine, particulièrement ce double discours sur l’indépendance tenu depuis De Gaulle et la réalité d’une dépendance quasi servile manifestée par l’illégitimité des dirigeants africains des Etats partenaires de la France au pouvoir, à l’exception peut-être de quelques Etats peu influents sur le continent, et donc dans les rapports franco-africains. Cette infériorisation humiliante des organisations internationales africaines, dont celle que Jean Ping présidait, l’Union africaine, l’a conduite à être spectatrice du processus punitif engagé par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, à l’endroit de la Côte d’Ivoire et de la Libye.

Ces deux situations sont très différentes et ne répondent pas aux mêmes logiques d’interventions. Pour autant, revenant sur la Libye, alors que le régime était à terre, le pouvoir français a continué les frappes militaires dans des proportions peu imaginables et refusant toute forme de négociation. Le résultat est connu. Kadhafi, en fuite, a été abattu dans des conditions inexpliquées sans procès et sans la possibilité d’être traduit auprès d’un tribunal international. C’était la première fois dans l’histoire des Nations Unies qu’un pays violait la Charte par une « résolution artistique » pour bombarder la Libyen en sur-réagissant par rapport à l’étai de faiblesse réelle de Kadafi, prêt à négocier. Cette guerre éclair aura des conséquences désastreuses sur toute une région qui seront à l’origine de la déstabilisation du Mali.

Certes, il était un odieux dictateur, à l’origine de l’attentat de Lockerbie, il n’en avait pas moins été reçu en France par le même Nicolas Sarkozy, dans des conditions humiliantes pour la France. Pour quelles contreparties ?

Les zones d’ombre du pouvoir français ne seront sans doute jamais dévoilées. De son point de vue d’observateur, Jean Ping semble relever encore une fois cette forme d’impuissance. La diplomatie africaine est « plombée » par l’absence de voix africaines fortes en Afrique francophone. C’est là le vrai drame. Elle est condamnée à recevoir les ordres des anciennes métropoles et d’accepter sans broncher l’inacceptable. Ce fut le cas au cours de l’exemple libyen.

La situation de la Côte d’Ivoire n’en a pas moins été scandaleuse. Un président élu démocratiquement, Laurent Gbagbo, est systématiquement délégitimé par la France et par la droite au pouvoir qui tente et réussit à installer un de ses proches, Alassane Ouattara, sans tenter la moindre médiation, alors que cette même droite française tergiverse et fait semblant de penser que M. Bongo ait été élu démocratiquement au Gabon. Bien sûr, il y avait un litige concernant la dernière élection présidentielle en Côte d’Ivoire . Etait-ce une raison suffisante pour bombarder la présidence d’un pays souverain de manière continue alors même que l’armée ivoirienne n’avait absolument aucune possibilité de réagir face à l’armée de la cinquième puissance militaire mondiale ?

Là encore, M. Ping note l’absence de l’Union africaine, inaudible et écartée par la France, qui s’employa, nuits et jours, à faire voter des résolutions aux Nations unies pour asseoir son opération militaire acharnée d’écrasement du pouvoir de Laurent Gbagbo et à installer un homme lige, Alassane Ouattara, ancien premier ministre, peu charismatique, d’Houphouët Boigny, et issu des réseaux de la Françafrique. L’ancien président est aujourd’hui enfermé dans un tribunal pour crime contre l’humanité à la Haye pendant que les autres criminels, au moins aussi responsables que lui occupent le pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire et se protègent par des immunités diplomatiques. Ils sont même reçus au plus haut niveau par la République française par les élites qui ont succédé aux acteurs gouvernementaux français de M. Sarkozy.
Sur le plan interne, depuis l’élection présidentielle au Gabon en août 2009, M. Ping donne des signes évidents de désaccord croissant avec le régime et le parti unique sous lesquels il a bâti sa carrière ministérielle. La mort d’Omar Bongo et le putsch électoral d’Ali Bongo ont déclenché cette prise de distance, qui s’est transformée, depuis lors, en une opposition claire et franche.

M. Ping a expliqué la raison de son indéfectible loyauté à Oma Bongo qui aurait sans doute perduré si celui-ci n’était pas mort. Les évènements qui se sont déroulés depuis, l’étranglement démocratique depuis 2009, la brutalité et la violence politique latente et réelle au Gabon ont parachevé sa nouvelle orientation politique. Plus que tout autre, il a fait l’expérience, d’un homme, Ali Bongo, ne connaissant pas le Gabon, se défiant des anciennes élites proches de son père, et usant de méthodes peu courantes dans le contexte gabonais. M. Bongo fait peu cas des fidélités construites par Omar Bongo, des équilibres ethniques, et finalement du parti unique qu’il méprise oubliant qu’il est la clé de la confiscation du pouvoir.

En définitive, le pouvoir personnel d’Ali Bongo est devenu un repoussoir et un danger y compris pour ceux dont on s’attendait le moins qu’ils s’en écartent. Telle est la situation de Jean Ping adoptant aujourd’hui un vocabulaire d’opposition franche et déterminée sur la nature du régime et l’urgence à s’en débarrasser.

Evidemment, le Mouvement Civique du Gabon considère avec avantage ce nouveau ralliement aux thèses et aux actions en faveur du changement au Gabon. Mais, jean Ping, en tant que nouvel arrivant sur ce combat, doit proposer un discours qui s’appuie sur une autre vision du Gabon : pas seulement parier de sa personne, mais aussi proposer un projet global avec des propositions concrètes et innovantes.

A une question clairement posée sur les futures élections présidentielles, Jean Ping a clairement fait comprendre que si les responsables de l’opposition gabonaise le lui demandaient, il accepterait d’être candidat à l’élection présidentielle, parce que la situation est devenue insupportable et humiliante au Gabon.

Quoi qu’il en soit, le Gabon ne pourra se priver de la contribution politique de Jean Ping à la condition que son courage ne soit pas un effet de saison. Mais, personne à ce jour ne pourrait lui intenter ce procès.
Pour notre part, le conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon considère avec la plus grande bienveillance le ton et l’action politiques de M. Ping pour changer le Gabon.

Nous souhaitons rappeler cependant que l’Union africaine n’est pas la réplique de l’Union européenne, que sa représentation n’est pas plus démocratique que celle des Etats qui la composent.

Par ailleurs, l’Union européenne s’est d’abord forgée sur l’idée d’une développement économique commun avant de devenir un projet politique fondé sur des idéaux d’Etat avec des fonctionnements démocratiques, ce qui n’est pas le cas de la plupart des Etats africains.

L’union européenne aborde par ailleurs des volets de la vie quotidienne de ses ressortissants en tentant de les améliorer, intentions inexistantes pour les populations africaines.

Le Mouvement Civique du Gabon estime que Jean Ping est courageux d’avoir rendu compte dans son livre des mécanismes d’imposition sur les cas de la Côte d’Ivoire et de la Libye, que l’on n’avait jamais vus auparavant..

Mengue M’EYAA

Présidente du conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon



Gregory Ngbwa Mintsa, ou l’éternité de la résistance à l’oppression…
12 avril, 2014, 19:21
Classé dans : Non classé

Hommage à Grégory Ngbwa Mintsa, mon camarade de combats, mon frère, mon ami !

Gregory Mintsa

Il avait été un des organisateurs du forum des indignés à Libreville.

Gregory Ngbwa Mintsa a été un des premiers journalistes sur la radio panafricaine Africa n°1 à être sarcastique, au style alerte, et pertinent sur les ondes avec Francis Edou, son compère. Il s’est engagé ensuite pour servir la démocratie à travers la transparence et la révélation au monde et aux Gabonais des vols et méfaits du clan Bongo depuis plus de 40 ans.

C’était aussi la grande époque d’Africa numéro 1, une époque où les journalistes avaient du tempérament.

Il a été arrêté à plusieurs reprises et torturé. Le régime essayait d’obtenir de lui qu’il cesse de contester. Son corps était très abîmé par toutes ces violences, mais le mental était d’acier.

Fils de diplomate, il a grandi en France. Il était imprégné de la culture occidentale (il était amateur de chants grégoriens), mais il était imprégné de sa culture traditionnelle fang en même temps. Il aimait rendre notre culture vivante et comtemporaine. Il ne supportait pas l’arrogance et le cynisme avec lesquels le Gabon était pillé. Il ne supportait pas que la France impose aux Gabonais d’être gouvernés par des incompétents.

Il était sensible aux problématiques environnementales. Il m’avait d’ailleurs parlé des massacres environnementaux des Chinois dans l’Ogoué Ivindo. Il s’amusait de ce que les occidentaux venaient filmer les grands singes au Gabon sans s’intéresser aux singes les plus intelligents, à savoir les hommes et les femmes de ce pays.

Reconnu dans le monde entier dans son action militante contre la dictature gabonaise, notamment en France par Survie et par Sherpa, par de nombreuses ONG et partis politiques comme EELV et le Parti communiste, il avait prononcé le discours suivant lors d’un prix de l’intégrité qui lui avait été remis.

Grégory n’a jamais cédé au régime, contrairement à d’autres.

Je l’ai vu la dernière fois en 2009 à Libreville à la veille du meeting de l’opposition pendant l’élection présidentielle au quartier Rio au cours duquel Pierre Mamboundou m’avait proposé de prendre la parole.

Il m’avait conseillé de regarder avec attention cette foule; le coeur du peuple gabonais bat au quartier Rio, malgré les victoires électorales volées les unes après les autres.

Nous garderons intacts ses combats, afin qu’un jour il fasse partie de ceux qui auront fait la longue marche vers la liberté du Gabon.

C’est notre frère qui est parti, mais il est au milieu de nous! J’entends d’ici son rire en cascade…

Ô rires ! le rire d’un combattant !

Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon

Ancienne journaliste-animatrice Africa n°1
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr/

Discours de Gregory Ngbwa-Mintsa, prononcé le 12 novembre 2010, au Queen Sirikit National Convention Center de Bangkok (Thaïlande).

« Mesdames et Messieurs,

C’est un insigne honneur pour moi de me retrouver au sein de cette illustre assemblée afin de recevoir cette noble distinction. Je ne sais pas si je la mérite plus que d’autres, car, à travers le monde, nombreux sont ceux qui se battent pour un monde meilleur. Nombreux sont ceux qui, comme Sergei Magnitsky qui aurait du être avec nous, ce soir, ont donné leur vie pour l’équité et la justice.

Mesdames et Messieurs,

Face aux multiples formes de la violence totalitaire, une action isolée a très peu de chance d’aboutir, si elle n’est pas soutenue par des forces solidaires. Sans le soutien sans faille de la solidarité internationale que vous animez, je ne serais probablement pas là ce soir. Je ne vous en remercierai jamais assez. Je voudrais remercier particulièrement Transparence France et Sherpa pour avoir toujours entretenu des relations basées sur le respect et pour avoir été la cheville ouvrière d’une grande victoire.

En effet, cette semaine, la Cour de Cassation a jugé recevable la plainte Bien Mal Acquis. Cette décision constitue une victoire historique. Outre qu’elle affirme la volonté d’indépendance de la justice française vis-à-vis des pouvoirs politiques et des puissances d’argent, elle préfigure également la fin de l’impunité du crime patrimonicide, appropriation du patrimoine public par des individus ou des groupes d’individus.

Le fait patrimonicide est bel et bien un crime. En effet, quelle différence y a-t-il entre celui qui est poursuivi pour crime contre l’humanité pour avoir décimé un village par le feu et le sang et celui à qui l’on déroule le tapis rouge, alors qu’il s’est approprié le patrimoine qui aurait du permettre à des gens de naître, de grandir, de se nourrir, de s’éduquer, de se soigner, de travailler, d’aimer, de fonder une famille, d’élever ses enfants, de leur laisser un monde meilleur et de mourir en paix ? La différence est que, parce qu’il est moins spectaculaire, le crime patrimonicide n’intéresse indirectement les médias et les opinions que lorsqu’il tourne à la famine, lorsque les peuples spoliés et désespérés par la misère et la mort, prennent les armes ou posent des bombes.

Il nous appartient, donc, de revoir nos paradigmes. Ne nous laissons pas aveugler par le cynisme du dogme selon lequel le marché, le profit, l’argent sont les seuls crédos de l’humanité, sous le postulat qu’il ne peut en être autrement. Pourtant, il peut en être autrement. Le profit doit servir la vie, et non l’inverse : quel est le bilan humain d’un chef d’Etat, lorsqu’il est directement responsable de la mort d’au moins une personne par jour -365 morts par an- à l’échelle d’un mandat renouvelable à vie? N’est-il coupable pas de crime contre l’humanité ?

Si je suis ici, aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que nous partageons une philosophie. Si je suis ici aujourd’hui, c’est, et je ne vous en remercierai jamais assez, parce que j’ai joui de la solidarité active de la communauté ici présente et de bien d’autres organisations.

C’est pourquoi, confiant dans votre détermination, je vous invite à mobiliser toutes nos énergies pour que le crime patrimonicide soit reconnu par le droit international comme un crime contre l’humanité devant lequel il ne faut plus dérouler le tapis rouge. »



La poétique du Mvett par la professeure Angèle Ondo
8 mars, 2014, 20:08
Classé dans : Non classé

Angèle Ondo, docteure en lettres, professeure à l’université de Libreville au département de littérature africaine, et ancienne ministre aux droits des femmes, a présenté son ouvrage d’analyse littéraire de la poétique du Mvett, épopée traditionnelle fang à la librairie L’Harmattan à Paris (rue des écoles).

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Elle a d’abord exposé aux lecteurs présents le champ dans lequel les recherches sur le Mvett ont été menées. Comme le précise la préface du professeur Mve Ondo, recteur honoraire de l’université de Libreville, « oui, la leçon du Mvett est philosophique. Et c’est parce que l’homme a toujours besoin d’un horizon qui le fonde et lui donne sens qu’il est un Immortel, ou plutôt, un être pensant. »

 

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Pour ma part, cette présentation a fait sens. Elle a démontré qu’une culture aux références antiques égyptiennes est bien porteuse d’universel et prend place parmi les grandes traditions philosophiques, métaphysiques et ésotériques, comme l’a si bien exprimé la professeure Angèle Ondo.

C’est pourquoi d’ailleurs, l’UNESCO a inscrit le Mvett comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité, comme un art total sur le plan esthétique.

Angèle Ondo se considère comme disciple du grand maître Tsira Ndong Ntoutoume.

Elle dit de lui que « l’expression est élevée à un niveau esthétique qui fait dire à Tsira Ndong Ntoutoume, que la langue chante. »

Elle a d’ailleurs indiqué que trois femmes furent elles-aussi des maîtres du Mvett. Dans la culture fang, personne ne compte pour rien.

La formule déclamée héritée de la tradition orale dans le Mvett est:

« Je sème le vent!
Oui!
Je tire l’éléphant!
Oui!
Qu’écoutent vos oreilles?
Elles écoutent le Mvett! »

C’est sur un fond musical de Mvett qu’ Angèle Ondo a réussi, dans cette belle librairie du quartier latin, à captiver son auditoire et à susciter de nombreuses questions d’un public divers d’Européens, d’Antillais,et d’Africains. Les Gabonais présents appartenaient à toutes les ethnies.

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Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif du mouvement civique du gabon et Mme Angèle Ondo, auteure, professeure d’université, ancienne ministre.

Preuve de l’intérêt, le stock d’ouvrages prévu par la librairie L’Harmattan était épuisé à la fin de la soirée.


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