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Jean Ping prend une longueur d’avance pour 2016.
21 avril, 2014, 10:03
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A l’occasion de la sortie de son livre, « Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadafi ? », Jean Ping a présenté son ouvrage dans le cadre de la semaine africaine à l’invitation des étudiant-e-s de sc po qui ont l’habitude d’inviter des personnalités diverses. D’ailleurs, les débats étaient également animés par les étudiantes de l’association ASPA et APEAF.

 

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Jean Ping est ancien ministre des affaires étrangères du Gabon sous Omar Bongo, et ancien président de la commission de l’Union africaine de 2008 à 2012, fonctions dans lesquelles il a précédé Alpha Omar Konaré. Il a présidé l’Assemblée générale des Nations Unies de 2004 à 2005. Il est le petit frère de Pierre-Louis Agondjo-Okawe, aujourd’hui décédé, président du Parti gabonais du progrès (PGP), parti alors affilié à l’internationale socialiste, et député-maire de Port Gentil, qui fut un opposant historique et déterminé, tout comme son frère, Joseph Redjambe, secrétaire général du PGP et assassiné en 1990 au moment du soulèvement des populations au Gabon, ce qui leur donnera une ampleur particulière à Port Gentil, deuxième grande ville du Gabon.

C’est dire que la parole de Jean Ping est sérieuse, appliquée, experte et responsable. Il est venu à Sc po présenter son ouvrage paru aux éditions Michalon, intitulé « Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadafi ? » concernant des conflits qu’il a eu à gérer pour la partie africaine : les crises libyenne et ivoirienne.

S’il était évidemment attendu sur son témoignage international, il l’était aussi sur sa position par rapport au Gabon. Ces derniers temps, Jean Ping est sorti de l’allégeance au parti unique en démissionnant du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir depuis 50 ans. A son tour, Il a commencé à suivre la mutation de nombreux des anciens dignitaires du régime d’Omar Bongo : la dénonciation de l’expérience du pouvoir de M. Ali Bongo. Il faut se rappeler également que Jean Ping a été un des premiers à reconnaître que la « victoire » de M. Ali Bongo avait été usurpée. Il avait déjà proposé sa médiation à l’époque au nom de l’union africaine , ce qui lui fut refusé compte tenu de la haute expérience de fraudes , de l’arrogance des partisans de M. Bongo et du soutien de M. Sarkozy.

Son ouvrage se veut une œuvre de pédagogie. En tout premier lieu, il explore de manière concrète ce qu’est la domination occidentale sur la diplomatie africaine, particulièrement ce double discours sur l’indépendance tenu depuis De Gaulle et la réalité d’une dépendance quasi servile manifestée par l’illégitimité des dirigeants africains des Etats partenaires de la France au pouvoir, à l’exception peut-être de quelques Etats peu influents sur le continent, et donc dans les rapports franco-africains. Cette infériorisation humiliante des organisations internationales africaines, dont celle que Jean Ping présidait, l’Union africaine, l’a conduite à être spectatrice du processus punitif engagé par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, à l’endroit de la Côte d’Ivoire et de la Libye.

Ces deux situations sont très différentes et ne répondent pas aux mêmes logiques d’interventions. Pour autant, revenant sur la Libye, alors que le régime était à terre, le pouvoir français a continué les frappes militaires dans des proportions peu imaginables et refusant toute forme de négociation. Le résultat est connu. Kadhafi, en fuite, a été abattu dans des conditions inexpliquées sans procès et sans la possibilité d’être traduit auprès d’un tribunal international. C’était la première fois dans l’histoire des Nations Unies qu’un pays violait la Charte par une « résolution artistique » pour bombarder la Libyen en sur-réagissant par rapport à l’étai de faiblesse réelle de Kadafi, prêt à négocier. Cette guerre éclair aura des conséquences désastreuses sur toute une région qui seront à l’origine de la déstabilisation du Mali.

Certes, il était un odieux dictateur, à l’origine de l’attentat de Lockerbie, il n’en avait pas moins été reçu en France par le même Nicolas Sarkozy, dans des conditions humiliantes pour la France. Pour quelles contreparties ?

Les zones d’ombre du pouvoir français ne seront sans doute jamais dévoilées. De son point de vue d’observateur, Jean Ping semble relever encore une fois cette forme d’impuissance. La diplomatie africaine est « plombée » par l’absence de voix africaines fortes en Afrique francophone. C’est là le vrai drame. Elle est condamnée à recevoir les ordres des anciennes métropoles et d’accepter sans broncher l’inacceptable. Ce fut le cas au cours de l’exemple libyen.

La situation de la Côte d’Ivoire n’en a pas moins été scandaleuse. Un président élu démocratiquement, Laurent Gbagbo, est systématiquement délégitimé par la France et par la droite au pouvoir qui tente et réussit à installer un de ses proches, Alassane Ouattara, sans tenter la moindre médiation, alors que cette même droite française tergiverse et fait semblant de penser que M. Bongo ait été élu démocratiquement au Gabon. Bien sûr, il y avait un litige concernant la dernière élection présidentielle en Côte d’Ivoire . Etait-ce une raison suffisante pour bombarder la présidence d’un pays souverain de manière continue alors même que l’armée ivoirienne n’avait absolument aucune possibilité de réagir face à l’armée de la cinquième puissance militaire mondiale ?

Là encore, M. Ping note l’absence de l’Union africaine, inaudible et écartée par la France, qui s’employa, nuits et jours, à faire voter des résolutions aux Nations unies pour asseoir son opération militaire acharnée d’écrasement du pouvoir de Laurent Gbagbo et à installer un homme lige, Alassane Ouattara, ancien premier ministre, peu charismatique, d’Houphouët Boigny, et issu des réseaux de la Françafrique. L’ancien président est aujourd’hui enfermé dans un tribunal pour crime contre l’humanité à la Haye pendant que les autres criminels, au moins aussi responsables que lui occupent le pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire et se protègent par des immunités diplomatiques. Ils sont même reçus au plus haut niveau par la République française par les élites qui ont succédé aux acteurs gouvernementaux français de M. Sarkozy.
Sur le plan interne, depuis l’élection présidentielle au Gabon en août 2009, M. Ping donne des signes évidents de désaccord croissant avec le régime et le parti unique sous lesquels il a bâti sa carrière ministérielle. La mort d’Omar Bongo et le putsch électoral d’Ali Bongo ont déclenché cette prise de distance, qui s’est transformée, depuis lors, en une opposition claire et franche.

M. Ping a expliqué la raison de son indéfectible loyauté à Oma Bongo qui aurait sans doute perduré si celui-ci n’était pas mort. Les évènements qui se sont déroulés depuis, l’étranglement démocratique depuis 2009, la brutalité et la violence politique latente et réelle au Gabon ont parachevé sa nouvelle orientation politique. Plus que tout autre, il a fait l’expérience, d’un homme, Ali Bongo, ne connaissant pas le Gabon, se défiant des anciennes élites proches de son père, et usant de méthodes peu courantes dans le contexte gabonais. M. Bongo fait peu cas des fidélités construites par Omar Bongo, des équilibres ethniques, et finalement du parti unique qu’il méprise oubliant qu’il est la clé de la confiscation du pouvoir.

En définitive, le pouvoir personnel d’Ali Bongo est devenu un repoussoir et un danger y compris pour ceux dont on s’attendait le moins qu’ils s’en écartent. Telle est la situation de Jean Ping adoptant aujourd’hui un vocabulaire d’opposition franche et déterminée sur la nature du régime et l’urgence à s’en débarrasser.

Evidemment, le Mouvement Civique du Gabon considère avec avantage ce nouveau ralliement aux thèses et aux actions en faveur du changement au Gabon. Mais, jean Ping, en tant que nouvel arrivant sur ce combat, doit proposer un discours qui s’appuie sur une autre vision du Gabon : pas seulement parier de sa personne, mais aussi proposer un projet global avec des propositions concrètes et innovantes.

A une question clairement posée sur les futures élections présidentielles, Jean Ping a clairement fait comprendre que si les responsables de l’opposition gabonaise le lui demandaient, il accepterait d’être candidat à l’élection présidentielle, parce que la situation est devenue insupportable et humiliante au Gabon.

Quoi qu’il en soit, le Gabon ne pourra se priver de la contribution politique de Jean Ping à la condition que son courage ne soit pas un effet de saison. Mais, personne à ce jour ne pourrait lui intenter ce procès.
Pour notre part, le conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon considère avec la plus grande bienveillance le ton et l’action politiques de M. Ping pour changer le Gabon.

Nous souhaitons rappeler cependant que l’Union africaine n’est pas la réplique de l’Union européenne, que sa représentation n’est pas plus démocratique que celle des Etats qui la composent.

Par ailleurs, l’Union européenne s’est d’abord forgée sur l’idée d’une développement économique commun avant de devenir un projet politique fondé sur des idéaux d’Etat avec des fonctionnements démocratiques, ce qui n’est pas le cas de la plupart des Etats africains.

L’union européenne aborde par ailleurs des volets de la vie quotidienne de ses ressortissants en tentant de les améliorer, intentions inexistantes pour les populations africaines.

Le Mouvement Civique du Gabon estime que Jean Ping est courageux d’avoir rendu compte dans son livre des mécanismes d’imposition sur les cas de la Côte d’Ivoire et de la Libye, que l’on n’avait jamais vus auparavant..

Mengue M’EYAA

Présidente du conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon



Gregory Ngbwa Mintsa, ou l’éternité de la résistance à l’oppression…
12 avril, 2014, 19:21
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Hommage à Grégory Ngbwa Mintsa, mon camarade de combats, mon frère, mon ami !

Gregory Mintsa

Il avait été un des organisateurs du forum des indignés à Libreville.

Gregory Ngbwa Mintsa a été un des premiers journalistes sur la radio panafricaine Africa n°1 à être sarcastique, au style alerte, et pertinent sur les ondes avec Francis Edou, son compère. Il s’est engagé ensuite pour servir la démocratie à travers la transparence et la révélation au monde et aux Gabonais des vols et méfaits du clan Bongo depuis plus de 40 ans.

C’était aussi la grande époque d’Africa numéro 1, une époque où les journalistes avaient du tempérament.

Il a été arrêté à plusieurs reprises et torturé. Le régime essayait d’obtenir de lui qu’il cesse de contester. Son corps était très abîmé par toutes ces violences, mais le mental était d’acier.

Fils de diplomate, il a grandi en France. Il était imprégné de la culture occidentale (il était amateur de chants grégoriens), mais il était imprégné de sa culture traditionnelle fang en même temps. Il aimait rendre notre culture vivante et comtemporaine. Il ne supportait pas l’arrogance et le cynisme avec lesquels le Gabon était pillé. Il ne supportait pas que la France impose aux Gabonais d’être gouvernés par des incompétents.

Il était sensible aux problématiques environnementales. Il m’avait d’ailleurs parlé des massacres environnementaux des Chinois dans l’Ogoué Ivindo. Il s’amusait de ce que les occidentaux venaient filmer les grands singes au Gabon sans s’intéresser aux singes les plus intelligents, à savoir les hommes et les femmes de ce pays.

Reconnu dans le monde entier dans son action militante contre la dictature gabonaise, notamment en France par Survie et par Sherpa, par de nombreuses ONG et partis politiques comme EELV et le Parti communiste, il avait prononcé le discours suivant lors d’un prix de l’intégrité qui lui avait été remis.

Grégory n’a jamais cédé au régime, contrairement à d’autres.

Je l’ai vu la dernière fois en 2009 à Libreville à la veille du meeting de l’opposition pendant l’élection présidentielle au quartier Rio au cours duquel Pierre Mamboundou m’avait proposé de prendre la parole.

Il m’avait conseillé de regarder avec attention cette foule; le coeur du peuple gabonais bat au quartier Rio, malgré les victoires électorales volées les unes après les autres.

Nous garderons intacts ses combats, afin qu’un jour il fasse partie de ceux qui auront fait la longue marche vers la liberté du Gabon.

C’est notre frère qui est parti, mais il est au milieu de nous! J’entends d’ici son rire en cascade…

Ô rires ! le rire d’un combattant !

Mengue M’Eyaà
Présidente du Conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon

Ancienne journaliste-animatrice Africa n°1
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr/

Discours de Gregory Ngbwa-Mintsa, prononcé le 12 novembre 2010, au Queen Sirikit National Convention Center de Bangkok (Thaïlande).

« Mesdames et Messieurs,

C’est un insigne honneur pour moi de me retrouver au sein de cette illustre assemblée afin de recevoir cette noble distinction. Je ne sais pas si je la mérite plus que d’autres, car, à travers le monde, nombreux sont ceux qui se battent pour un monde meilleur. Nombreux sont ceux qui, comme Sergei Magnitsky qui aurait du être avec nous, ce soir, ont donné leur vie pour l’équité et la justice.

Mesdames et Messieurs,

Face aux multiples formes de la violence totalitaire, une action isolée a très peu de chance d’aboutir, si elle n’est pas soutenue par des forces solidaires. Sans le soutien sans faille de la solidarité internationale que vous animez, je ne serais probablement pas là ce soir. Je ne vous en remercierai jamais assez. Je voudrais remercier particulièrement Transparence France et Sherpa pour avoir toujours entretenu des relations basées sur le respect et pour avoir été la cheville ouvrière d’une grande victoire.

En effet, cette semaine, la Cour de Cassation a jugé recevable la plainte Bien Mal Acquis. Cette décision constitue une victoire historique. Outre qu’elle affirme la volonté d’indépendance de la justice française vis-à-vis des pouvoirs politiques et des puissances d’argent, elle préfigure également la fin de l’impunité du crime patrimonicide, appropriation du patrimoine public par des individus ou des groupes d’individus.

Le fait patrimonicide est bel et bien un crime. En effet, quelle différence y a-t-il entre celui qui est poursuivi pour crime contre l’humanité pour avoir décimé un village par le feu et le sang et celui à qui l’on déroule le tapis rouge, alors qu’il s’est approprié le patrimoine qui aurait du permettre à des gens de naître, de grandir, de se nourrir, de s’éduquer, de se soigner, de travailler, d’aimer, de fonder une famille, d’élever ses enfants, de leur laisser un monde meilleur et de mourir en paix ? La différence est que, parce qu’il est moins spectaculaire, le crime patrimonicide n’intéresse indirectement les médias et les opinions que lorsqu’il tourne à la famine, lorsque les peuples spoliés et désespérés par la misère et la mort, prennent les armes ou posent des bombes.

Il nous appartient, donc, de revoir nos paradigmes. Ne nous laissons pas aveugler par le cynisme du dogme selon lequel le marché, le profit, l’argent sont les seuls crédos de l’humanité, sous le postulat qu’il ne peut en être autrement. Pourtant, il peut en être autrement. Le profit doit servir la vie, et non l’inverse : quel est le bilan humain d’un chef d’Etat, lorsqu’il est directement responsable de la mort d’au moins une personne par jour -365 morts par an- à l’échelle d’un mandat renouvelable à vie? N’est-il coupable pas de crime contre l’humanité ?

Si je suis ici, aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que nous partageons une philosophie. Si je suis ici aujourd’hui, c’est, et je ne vous en remercierai jamais assez, parce que j’ai joui de la solidarité active de la communauté ici présente et de bien d’autres organisations.

C’est pourquoi, confiant dans votre détermination, je vous invite à mobiliser toutes nos énergies pour que le crime patrimonicide soit reconnu par le droit international comme un crime contre l’humanité devant lequel il ne faut plus dérouler le tapis rouge. »



La poétique du Mvett par la professeure Angèle Ondo
8 mars, 2014, 20:08
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Angèle Ondo, docteure en lettres, professeure à l’université de Libreville au département de littérature africaine, et ancienne ministre aux droits des femmes, a présenté son ouvrage d’analyse littéraire de la poétique du Mvett, épopée traditionnelle fang à la librairie L’Harmattan à Paris (rue des écoles).

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Elle a d’abord exposé aux lecteurs présents le champ dans lequel les recherches sur le Mvett ont été menées. Comme le précise la préface du professeur Mve Ondo, recteur honoraire de l’université de Libreville, « oui, la leçon du Mvett est philosophique. Et c’est parce que l’homme a toujours besoin d’un horizon qui le fonde et lui donne sens qu’il est un Immortel, ou plutôt, un être pensant. »

 

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Pour ma part, cette présentation a fait sens. Elle a démontré qu’une culture aux références antiques égyptiennes est bien porteuse d’universel et prend place parmi les grandes traditions philosophiques, métaphysiques et ésotériques, comme l’a si bien exprimé la professeure Angèle Ondo.

C’est pourquoi d’ailleurs, l’UNESCO a inscrit le Mvett comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité, comme un art total sur le plan esthétique.

Angèle Ondo se considère comme disciple du grand maître Tsira Ndong Ntoutoume.

Elle dit de lui que « l’expression est élevée à un niveau esthétique qui fait dire à Tsira Ndong Ntoutoume, que la langue chante. »

Elle a d’ailleurs indiqué que trois femmes furent elles-aussi des maîtres du Mvett. Dans la culture fang, personne ne compte pour rien.

La formule déclamée héritée de la tradition orale dans le Mvett est:

« Je sème le vent!
Oui!
Je tire l’éléphant!
Oui!
Qu’écoutent vos oreilles?
Elles écoutent le Mvett! »

C’est sur un fond musical de Mvett qu’ Angèle Ondo a réussi, dans cette belle librairie du quartier latin, à captiver son auditoire et à susciter de nombreuses questions d’un public divers d’Européens, d’Antillais,et d’Africains. Les Gabonais présents appartenaient à toutes les ethnies.

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Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif du mouvement civique du gabon et Mme Angèle Ondo, auteure, professeure d’université, ancienne ministre.

Preuve de l’intérêt, le stock d’ouvrages prévu par la librairie L’Harmattan était épuisé à la fin de la soirée.



Elisabeth Guigou en Centrafrique: sécurité et démocratie!
8 mars, 2014, 19:58
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Élisabeth Guigou, présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, était en Afrique dans le cadre d’une mission parlementaire.

 

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Elisabeth Guigou, députée, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Après une escale rapide à Libreville, elle s’est rendue en Centrafrique où elle a pu rencontrer la présidente de transition  centrafricaine, Catherine Samba Panza, le premier ministre e ce pays et les organisations non gouvernementales impliquées sur le terrain.

 

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Catherine Samba Panza, présidente de transition de la République centrafricaine -

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Vue aérienne de Libreville, capitale du Gabon.

 

A titre personnel, il m’est agréable de savoir qu’ Elisabeth Guigou ait pu humer l’air de mon pays d’origine, où elle est connue et respectée, avec Jean-Pierre Cot, ministre de la coopération de François Mitterrand,qui a laissé un très bon souvenir dans les consciences des démocrates gabonais. Élisabeth Guigou, ministre de la Justice, avait exigé, dans les années 2000, des explications à un magistrat français qui était allé au Gabon légitimer une pénultième élection contestée.

Forte de cette crédibilité auprès des populations africaines, tant en Afrique centrale qu’en Centrafrique, elle était à la tête d’une délégation de parlementaires français, avant que le Parlement ne débatte et ne vote la prolongation de la présence française en Centrafrique.

D’après son compte-rendu, sur France Info, elle a constaté que la sécurisation de la capitale a commencé. Elle y a vu une reprise normale avec des taxis, des commerces, mais aussi  des bandits qui continuent à profiter d’un contexte de fragilité des institutions de l’État. Les populations recommencent à avoir accès aux denrées alimentaires dans des conditions décentes.

Il est urgent que les 10 000 casques bleus prévus par l’ONU arrivent sur un territoire immense dans lequel des vengeances sont tenaces. Elisabeth Guigou  a noté qu’Idriss Déby est favorable à la venue de ces casques bleus qui renforceront les 6000 soldats de la MISCA et les 2000 soldats français présents. Il serait d’ailleurs souhaitable que les Européens puissent être présents à leur tour en tant que tels.

Le déplacement d’Élisabeth Guigou consistait à établir un état des lieux de la situation centrafricaine avant d’en débattre au Parlement. Il allait aussi dans le sens d’une volonté de réconciliation nationale en appui de la démarche de la présidente centrafricaine

L’intervention de la France au Mali était une une guerre contre le terrorisme et contre l’obscurantisme.

En Centrafrique, ils’agit d’une intervention humanitaire, qui devrait en même temps aboutir à un processus démocratique comme au Mali.

La France a pris ses responsabilités contrairement aux autres pays européens en empêchant que des Etats tombent dans les mains de terroristes internationaux, et qu’un nouveau processus génocidaire à la rwandaise puisse survenir en Centrafrique.. Il faut noter que les pays européens ne peuvent passer leur temps à se plaindre de l’émigration des populations du Sud vers le Nord sans s’engager pour que les conditions de vie sur place et la démocratie puissent s’améliorer, qu’elles vivent dans leur pays de façon décente.

Après les élections dans ce pays, il serait souhaitable d’ouvrir le volet du développement et de renforcement de l’Etat. Ce pays devrait donc faire partie des pays prioritaires au niveau de la France et en Europe.

Ma propre analyse consiste à penser que l’on ne peut continuer en Afrique à avoir une position de réaction au « coup par coup », qui finalement revient à ménager les dictateurs en place, seul personnel politique au pouvoir et pour cause depuis 30 à 40 ans.

Il faudrait une mise en perspective générale de l’action de la France en Afrique vers tune démocratisation qui ne soit pas circonscrite qu’à la lutte contre le terrorisme, avant que d’autres situations centrafricaines n’émergent sur le continent. C’est donc une réflexion générale sur la démocratie à entamer afin de ne pas être dans une logique de « pompier »consistant à éteindre les feux une fois qu’il est trop tard. C’est aussi cela la mission de la gauche au pouvoir.

Le clin d’œil politique de Barack Obama a été significatif de ce nouvel état d’esprit lorsqu’il a emmené François Hollande dans la maison de Thomas Jefferson, un des founding fathers des Etats-Unis, qui a porté très haute l’idée de liberté démocratique dans ce pays et qui a été un des hommes qui a soutenu en France la Déclaration des Droits aux côtés de Lafayette, et l’a ensuite fait connaître dans son pays. Cette visite était donc un geste symbolique de ce soutien à notre belle devise « Liberté, Egalité et Fraternité ! »,valable pour tous les peuples du monde, y compris les peuples africains.

 

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement civique du Gabon

 

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

 



Les voeux du Mouvement Civique du Gabon pour l’année 2014!
1 janvier, 2014, 12:49
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Mengue M'Eyaa

 

 

Cher-e-s compatriote-s, Gabonaises, Gabonais,

 

Nous entamons la cinquième année d’existence du régime illégitime qui a succédé à celui d’Omar Bongo,  du même clan au pouvoir depuis mars 1967.

Les élections locales de décembre 2013 ont été à l’image des précédentes « consultations » électorales généralement insincères et marquées par les fraudes habituelles. Malgré leur caractère incertain et provisoire, les résultats tendraient à démontrer que, malgré la fraude, le parti-Etat ne parvient toujours pas à imposer sa « victoire ». 

Conformément à nos craintes, la biométrie n’a pas été la « potion » magique qui allait installer de la fiabilité dans les élections. Nul n’ignore les liens de l’entreprise en charge de la biométrie avec les hommes de l’ancien président français. Le Mouvement civique du Gabon avait donc raison de proposer que tout devait être mis à plat au plan électoral (recensement. Code électoral, cour constitutionnelle, constitution, etc) sous l’égide de l’Union européenne et des Nations Unies, et surtout pas sous l’égide de l’Union africaine, qui n’a jamais rien réglé.

Vouloir aller aux élections comme si nous étions en démocratie, c’était prendre le risque de se heurter à un pouvoir brutal qui ne respecterait aucun principe élémentaire en matière électorale.

Si ce n’était tragique pour notre pays, fin 2013, le Gabon vient d’obtenir la présidence d’une commission chargée des Droits de l’Homme aux Nations Unies. Combien le Gabon a-t-il dû encore payer aux autres Etats africains pour occuper cette fonction, qui, dans l’absolu, est très honorable et aurait pu revenir à des pays démocratiques, tels que le Ghana, le Sénégal, le Libéria….

Ainsi, le régime qui a fait assassiner Germain Mba, Joseph Redjambe, Pierre Claver Zeng, sans doute Pierre Mamboundou, des journalistes comme ceux de Makongonio en 1987, et bien d’autres en 1990, serait reconnu comme un défenseur des Droits de l’Homme. De qui les chefs d’États africains se moquent-ils ? Du peuple gabonais ? Et pendant combien de temps encore ? Et d’ailleurs, la France, membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies,  ne s’ y est pas opposé..

Sans doute, le régime va-t-il pouvoir ouvrir sur lui-même une enquête internationale sur les assassinats commis à Port-Gentil par ses milices armées en septembre 2009 ?

Il pourra ainsi auditionner les experts, dont le professeur André Kombila, qui a fait un rapport détaillé sur les atrocités commises par le régime. M. Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, et certaines autorités françaises ont eu ce rapport. Personne ne peut donc l’ignorer.

Il pourra également s’auto saisir également afin d’établir toute la lumière sur les violences exercées cette année sur les lycéens et sur les étudiants qui manifestaient pacifiquement.

Enfin, il y a l’ horreur des crimes dits « rituels » qui n’ont de « rituels » que le nom et qui pourraient cacher des trafics d’organes associant des membres du pouvoir. Les enquêtes judiciaires piétinent lamentablement. La Justice semble atteinte d’une étrange cécité, peinant à enquêter et à arrêter les criminels.

A qui profitent donc ces crimes ? Les démocrates gabonais-e-s connaissent tous la réponse pendant que l’opinion internationale feint d’y voir une sorte d’odieuse singularité ethnico-mystique d’une société primitive exotique, dont elle raffole.

Évidemment, depuis les Nations Unies, la commission des droits de l’Homme présidée par le Gabon, ne s’intéressera certainement pas à ces situations. 

Et la France dans tout cela ? Nos attentes étaient fortes envers François Hollande et envers la gauche au pouvoir.

La France s’est engagée en Afrique sur des terrains militaires sur lesquels il n’y a rien à redire. Toutefois, pour ce faire, elle a dû employer une stratégie diplomatique et mimer le dialogue avec des Etats dont la gouvernance est aux trois-quarts usurpée.

C’est le cas du Gabon, qui s’est retrouvé comme pays hôte des négociations centrafricaines avec le succès qu’on lui connaît, c’est à dire une entrée en guerre précipitée de la France sans avoir pu faire appel à ses partenaires européens. Où sont donc passés les accords de Libreville dans ce désastre annoncé ?

Pouvait-il en être autrement après la médiation « baroque » du Gabon et du Congo à Libreville ?

Ces deux kleptocrates étaient bien incapables de gérer la moindre réconciliation centrafricaine.  Ces deux pays sont aux prises avec une crise politique et sociale majeure et avec un déficit démocratique global, dont l’illustration la plus régulière est l’affaire des biens mal acquis. Ces dernières sont-elles d’ailleurs enterrées ou elles seront traitées un jour?

Alors, nous nous interrogeons sur l’action de la France, ce malgré certaines excellentes initiatives du Gouvernement et du ministre Pascal Canfin en matière de développement.

Pour quelles raisons séparer le développement de la diplomatie de la France en Afrique centrale ? Le chantier des transitions démocratiques coûtera sans doute moins cher que les guerres à mener. Ce sera le moyen pour le Président français de revenir à son discours du Bourget sur la marginalisation des dictateurs qui devaient avoir peur de son arrivée au pouvoir. Qui veut-on ménager et pourquoi ?

Quand, par ailleurs, il nous est signalé qu’une conseillère diplomatique en poste à la Présidence de la République française, en charge des questions africaines, se serait autorisée, selon la Lettre du Continent, à faire savoir qu’elle trouvait « moderne » M. Bongo.

Dans quel monde sommes nous si ce genre de personnes conseille le Président de la République française issu de la gauche, sur la politique africaine de la France ? Il y a un vrai problème sur le Gabon et la France.

Nous attendrions du Président de la République française qu’il manifeste, comme son parti, un peu plus de considération à l’égard du peuple gabonais et des forces démocratiques en lutte dans notre pays. Pour le moment, son capital de sympathie auprès des bi-nationaux qui votent en France n’est pas encore entamé.

Mais, François Hollande a encore la possibilité d’ouvrir une nouvelle page au Gabon en cohésion avec l’histoire des idées auxquelles il se rattache (les Lumières, la Révolution française, les Droits des femmes, la redistribution sociale et ce qui est constitutif de la démocratie en France, etc), car les peuples d’Afrique centrale sont en attente depuis un demi siècle.

Pas seulement au Mali, qui a déjà connu l’alternance,  en Centrafrique, mais aussi au Togo, au Congo, en RDC et au Gabon … Et partout où cela est nécessaire. Pourquoi balkaniser l’action diplomatique en Afrique entre les pays qui ont des droits à la démocratie et ceux dont on ne doit jamais parler ?

Bien sûr, l’essentiel des efforts pour libérer le Gabon reste à faire par les Gabonais-e-s eux-mêmes.

Un constat s’impose: il est inutile de penser que les seules élections feront partir le régime. Il faut a minima une conférence nationale qu’elle soit provoquée pacifiquement ou qu’elle soit arrachée.

C’est la seule condition du changement dans notre pays le Gabon. C’est aussi la condition pour que notre pays puisse recouvrer un minimum de souveraineté puisque aujourd’hui, le Gabon est gouverné par un Béninois, et le Français qui est secrétaire général adjoint de la Présidence de la République. Quelle honte ! C’est unique dans le monde.

Quels que soient les griefs qu’on peut avoir sur Omar Bongo, ce dernier n’aurait jamais accepté une telle situation d’écrasement des Gabonais et d’atteinte à la souveraineté nationale. Ces deux hommes décident de tous les contrats de l’Etat et payent rubis sur ongle les prestations inutiles et mégalomaniaques  de M et de Mme  Attias, dont personne n’a besoin, au détriment des entrepreneurs gabonais, qui doivent patienter à l’infini. Une telle détestation d’un pays et de ses forces vives n’a pas d’égal dans le monde…

Permettez-moi, en cette fin d’année, de laisser la parole à Nelson Mandela, qui ne fait pas que nous inspirer et dont les paroles appellent à l’action :

« j’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. » (extrait des paroles de Nelson Mandela, citées par le Président Obama lors de l’oraison funèbre en Afrique du Sud).

A vous, et à vos familles, aux combattant-e-s de la démocratie, aux résistant-e-s, au peuple gabonais, j’adresse au nom du Mouvement Civique du Gabon, tous nos vœux de réussite et de bonheur en cette année 2014.

Vive la République Gabonaise,  

Vive un Gabon souverain et démocratique!

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

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La jeunesse gabonaise réprimée en plein sommet sur la paix et la sécurité en Afrique
4 décembre, 2013, 23:04
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Alors que s’ouvre le sommet France –Afrique avec un panel de dictateurs et quelques présidents élus démocratiquement que l’on peut compter sur les doigts d’une main (Sénégal, Mali, Guinée et Niger), la jeunesse africaine est en ébullition protestant de ses conditions d’études au Gabon et au Togo.

On peut noter l’absence du Président Jacob Zuma  de la République sud-africaine qui n’a sans doute pas souhaité s’afficher aux côtés d’individus peu recommandables. N’oublions pas qu’il est le Président du pays de Nelson Mandela et il connaît ce qu’est le prix de la liberté pour son pays.

Dans ces conditions, à quand un sommet sur l’insécurité sociale et politique des citoyens africains ?

En face de cette jeunesse, les méthodes sont les mêmes : répression, arrestations, intimidations. Ainsi, le régime gabonais utilise la violence pour ne pas avoir à dialoguer avec une jeunesse étudiante et lycéenne désenchantée. Les forces de répression n’hésitent pas à molester les jeunes gens désarmés y compris à l’intérieur des établissements scolaires, dans les lycées et dans les collèges. Cette situation est scandaleuse. Le « ministre » de l’éducation nationale feint de ne rien voir et, au lieu d’ouvrir le dialogue, le régime brutalise ces enfants, qui ont soif d’éducation, révoltés par leurs conditions d’études.

Qui a t-il de plus beau pourtant qu’une jeunesse qui demande à avoir accès à l’éducation dans un des pays les plus riches d’Afrique ? Cela, on le lui refuse. Au contraire, comme seule réponse, la violence des matraques et les gaz lacrymogènes … La jeunesse gabonaise est comme toute les jeunesses du monde. Elle a le droit d’espérer bénéficier des richesses du Gabon par de bonnes conditions d’études et surtout de se construire un avenir dans des conditions plus acceptables. La jeunesse se lève et ne veut plus courber l’échine.

La situation politique interne au Gabon est par ailleurs complètement bloquée depuis septembre 2009 et le putsch électoral du clan Bongo, qui s’est succédé à lui-même.

Personne ne sait comment les élections locales vont se dérouler alors que le pouvoir illégitime et une partie des opposants jouent à un indécent jeu de rôle au milieu d’un incendie.

Nous exigeons que le régime illégitime exerçant le pouvoir de fait depuis qu’il y a été installé par Nicolas Sarkozy cesse toute forme de violence envers la jeunesse gabonaise.

Une fois encore, la conférence nationale souveraine préparant des élections présidentielles anticipées s’avère la seule solution face à un pays en crise depuis le coup d’Etat électoral de septembre 2009.

Mengue M’Eyaà Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

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Elections locales : fraudes habituelles du régime… avec préméditation!
28 octobre, 2013, 20:00
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Alors que plusieurs candidats se préparent au combat des élections municipales, André Mba Obame a rappelé dans un entretien récent l’importance de « l’enrôlement » des populations en âge de voter. L’enrôlement est l’acte volontaire par lequel les citoyens et les citoyennes de notre pays, en âge de voter, doivent s’inscrire sur les listes électorales.

La directrice de campagne III de Mr Jean Eyeghe Ndong, Madame Véronique Essomeyo sensibilisant et rassurant les femmes commerçantes venues nombreuses ce vendredi 25 octobre 2013 derrière l’école normale zone dit épicerie (photo Jean-Pierre Rougou)

Elections locales : fraudes habituelles du régime... avec préméditation! directrice-de-campagne-de-jean-eyeghe-ndong-300x225

André Mba Obame a rappelé ce point important selon lequel la société GEMALTO chargée de mettre en œuvre la biométrie n’est pas une entreprise choisie par hasard. Ses garanties vont au-delà du régime gabonais, puisqu’elle a reçu l’agrément de l’organisation des Nations Unies (ONU). Elle ne peut donc entrer en principe dans une logique industrielle de falsification électorale, comme le Gabon en a été habitué au long des 45 dernières années, au risque de perdre tout crédit international.

Ses intérêts ne sont donc pas limités au Gabon et à l’Afrique. C’est pourquoi, le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, évoque à juste titre cet impératif.

Avec toutes les réserves possibles, les élections locales seront donc le test permettant d’observer si le régime entend entrer enfin dans les bonnes pratiques démocratiques auxquelles il n’est pas habitué.

Le Mouvement Civique du Gabon exprime ses plus vives réserves sur certains des scrutins locaux à forts enjeux pour le régime, tels que Libreville ou Port Gentil, et entend tenir notamment la société Gemalto, comme co-responsable des éventuelles fraudes. Comme le régime est au delà de la honte, celle-ci retombera sur Gemalto, qui, elle, a beaucoup à perdre dans l’aventure de la tricherie du parti-Etat.

Nous le ferons d’ailleurs savoir en Europe, en Amérique,  et auprès des Nations Unies,

Aux dernières nouvelles, le régime a pris conscience qu’il était démasqué. Il souhaiterait désormais reporter le scrutin en 2014, sans doute espérant ainsi ne pas subir le regard de la France, occupée par ses propres élections locales au mois de mars 2014.

De plus, il est évident que si les processus électoraux continuent à se dérouler dans la fraude la plus totale, il ne pourra plus être question d’évoquer une alternance paisible comme semblent encore y croire certains des partisans de la participation aux élections.

Il faudra très vite en tirer des conclusions pour l’avenir !

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

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Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, rappelle le régime à ses obligations électorales.
25 septembre, 2013, 20:45
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Dans un entretien donné à la voix du Nord, le président élu de la République gabonaise, fait le point sur le processus d’inscriptions sur les listes électorales, et met en garde le régime illégitime contre toute velléité de fraudes.

 

Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, rappelle le régime à ses obligations électorales. amo-073-300x224

Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif du mouvement civique du Gabon, et Jean Eyeghe Ndong, actuellement candidat à la mairie de Libreville.

«  André Mba Obame : Seriez-vous en train de me dire qu’à près d’une décennie de présence dans le paysage médiatique « Echos du Nord » n’a toujours pas réussi à tisser des liens de confiance avec son lectorat, au point que tout manquement donne lieu à des commentaires divers et tous azimuts ? Ou alors, seriez-vous en train de me dire que le lectorat gabonais est si blasé, si habitué aux errements de sa presse qu’il doute de tout et vit dans la suspicion permanente ? Si l’une ou l’autre de ces hypothèses peut se rapprocher, un tant soit peu, de la réalité, je me permettrai d’inviter chacune des parties à établir des liens de confiance. 
J’ai, pour ma part et comme tous vos lecteurs, vu un encart en « une » de votre dernière édition qui annonçait et justifiait ce manquement, tout en s’excusant auprès des lecteurs. Je dois à la suite de cela de dire que, comme chacun a pu le constater, l’actualité s’est particulièrement accélérée au lendemain de la publication de votre encadré annonçant mon mot d’ordre d’enrôlement à nos concitoyens. Aussi, avons nous convenu, d’un commun accord et pour être complets, décaler et de prolonger ce rendez-vous avec votre rédaction. Je suis bel et bien là en face de vous, prêt à répondre à toutes vos questions, en toute transparence, sans tabou ni faux-fuyants et prêt à livrer au peuple gabonais ma part de vérité sur la situation générale de notre pays.

Parlant de l’enrôlement. Vous avez appelé les Gabonais à se faire enrôler. Au constat, cet appel a été entendu et depuis lundi 09 septembre dernier, les centres d’enrôlement ont presque refusé du monde. Quelles conséquences en tirez-vous ?

Si je vous comprends, cela postule qu’avant mon appel, et plus largement avant l’invite solennelle du directoire de l’Union nationale et de l’Union des forces pour l’alternance (UFA), les centres d’enrôlement faisaient grise mine ? Cela signifie donc que les Gabonais refusaient de s’y plier, qu’ils avaient fait le choix de s’abstenir.
Dois-je vous rappeler que l’abstention, donc la non collaboration, est une arme politique généralement utilisée pour marquer la défiance du peuple vis-à-vis du pouvoir établi. En s’abstenant, le peuple signifie son refus de collaborer avec et pour envoyer le message selon lequel le peuple considère que le régime établi n’est pas assez représentatif de ses intérêts et ne peut en rien répondre à ses aspirations légitimes.

L’abstention vise donc à ne pas cautionner un régime considéré comme injuste et illégitime. Autrement dit, en ne répondant pas à l’appel à l’enrôlement lancé par le pouvoir PDG émergent, le peuple gabonais a, une fois encore, indiqué au monde entier que le pouvoir établi n’est pas l’émanation de sa volonté, qu’il ne se sent en rien pris en compte dans la gestion actuelle du pays. A contrario, en répondant à l’appel que vous avez publié le 09 septembre dernier, il a montré de quel côté se trouve la légitimité et avec qui il aimerait travailler pour construire ensemble ce Gabon généreux et prospère dont nous rêvons. Cela n’a, du reste, pas de quoi étonner puisque cet acte majeur s’inscrit dans le droit fil des résultats réels de la présidentielle anticipée d’août 2009. Je voudrai donc remercier le peuple gabonais pour sa constance dans l’action citoyenne, pour son engagement résolu et sa mobilisation autour du directoire de l’Union nationale et des leaders de l’Union des forces de l’alternance UFA.

En lançant cet appel vous avez beaucoup insisté sur la fiabilisation du fichier. Si à la fin des opérations celui-ci n’est pas fiabilisé, à quoi aboutirez-vous ? 

En refusant de répondre à l’appel du pouvoir PDG émergent, puis en donnant comme il l’a fait une suite positive aux différents appels venus de l’opposition, le peuple gabonais a envoyé un message clair, qui se veut aussi porteur d’une dynamique unitaire. La responsabilité des leaders de l’opposition que nous sommes est, d’une part, d’analyser sereinement ces messages afin de leur donner une suite et, d’autre part, de nous battre pied à pied avec endurance, courage et opiniâtreté pour parvenir à créer, sans délai, les conditions d’une alternance démocratique au pouvoir d’Etat. Rien ne sera obtenu sans lutte. Nous devons demeurer vigilants et nous tenir prêts à repartir au combat, sans céder sur nos convictions car, seule notre détermination et notre sens de l’organisation nous permettront d’aborder les prochaines échéances majeures en position de force.

Il ne vous a pas échappé que les prochaines Locales seront les premières élections organisées avec un fichier biométrique. Pour la suite et en vue d’une démocratisation réelle de notre système politique, elles auront valeur de test. L’Union nationale, l’ensemble des forces politiques de l’opposition réunies au sein de l’UFA et de l’UFC, et même plus largement les amis du Gabon, se devront d’analyser le déroulement de ce scrutin pour en tirer enseignements et conséquences pour la suite, et singulièrement pour la présidentielle à venir. Je sais que les présidents Myboto, Ogouliguendé, Maganga Mousavou, Kombila Koumba, Eya Mvey, Ndaot, Mayila et l’ensemble des leaders de l’UFA seront à la hauteur de cette espérance légitime et historique de notre peuple.

« Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. »

Dans le cas de figure d’un fichier non fiable, pensez-vous qu’il faudra engager la responsabilité de l’opérateur Gemalto, celle du gouvernement gabonais ou les deux à la fois ?

Vous conviendrez avec moi que le développement politique, économique, social et culturel du Gabon incombe d’abord à ceux qui se disent en responsabilité, à ceux qui exercent officiellement le pouvoir d’Etat. Tout manquement ou errements leur sera d’abord imputable. Toutefois, si le pouvoir PDG émergent se préoccupe peu de son image, ne s’embarrasse pas de scrupules et croit naïvement qu’il demeurera fréquentable ad vitam aeternam en dépit de ses manquements démocratiques et de son déficit de légitimité, autant je ne saurai croire qu’il en va de même pour Gemalto.

Cette entreprise, leader mondial de la sécurité numérique, est signataire du Global Compact, cette initiative de transparence voulue et portée par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. A ce titre, Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. Conformément à ses engagements internationaux, j’ose croire que Gemalto demeurera fidèle à sa volonté de promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’Homme dans sa sphère d’influence, tout en veillant à ne pas se rendre complice de violations des droits de l’Homme.

Selon le Global Compact auquel Gemalto a librement adhéré, le respect des droits de l’Homme ne relève pas seulement des gouvernements et des Etats mais aussi des individus et des organisations qu’ils créent. Du reste, plusieurs formes de complicité sont identifiées à cet effet. Il y a la complicité directe qui consiste à prendre clairement part à des violations des droits de l’Homme en dehors de sa propre enceinte ; la complicité bénéfique qui consiste, pour une entreprise, à tirer profit des violations des droits de l’Homme commises par d’autres et, la complicité silencieuse qui, tout en n’encourageant pas la violation des droits humains, consiste à demeurer muet face à des cas flagrants de violation des droits de l’Homme.

Parce que Gemalto a des engagements éthiques, parce que cette entreprise d’envergure mondiale mesure parfaitement les dommages qu’une telle situation pourrait lui causer, j’ose croire qu’elle ne cherchera pas à tirer profit d’un déni de démocratie et mieux qu’elle ne demeurera pas muette face à la volonté du pouvoir PDG émergent de s’opposer à ce droit fondamental et imprescriptible qu’est la liberté des peuples à choisir librement leurs dirigeants et à esquisser en toute souveraineté les contours de leur destinée.

Les partis politiques et la société civile ont fait leur travail en demandant aux citoyens d’aller se faire enrôler. Les citoyens, en se rendant massivement dans les centres d’enrôlement, ont, eux aussi, rempli leur part de contrat. Il revient désormais à Gemalto de mettre tout son savoir-faire, que nous savons incontestable, au service de l’élaboration d’un fichier électoral fiable au Gabon.

Il m’est d’ores et déjà revenu que Gemalto a attiré l’attention du Gouvernement et de la Cour constitutionnelle sur les manquements aux procédures observés durant la phase d’enrôlement. Cette grande entreprise de rang mondial a tous les outils pour déjouer les tentatives de falsification du fichier électoral du pouvoir PDG émergent. Nous jugerons au résultat.

« … c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses « chances de réélection » a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. »

Vous êtes le dernier ministre de l’Intérieur du défunt président Omar Bongo Ondimba. Le pouvoir actuel vous rend responsable des blocages apparus à cette période sur la mise en route de la biométrie. Qu’avez-vous pour leur répondre?

Le principe de l’introduction de la biométrie dans le processus électoral a été arrêté en 2006 lors des Accords d’Arambo au cours desquels je représentais le Gouvernement en ma qualité de ministre de l’Intérieur. J’ai donc accepté cette demande pertinente qui émanait de l’opposition et j’ai convaincu le président de la République et l’ensemble du Gouvernement de l’adopter.

Sur présentation du ministre de l’Intérieur, donc de votre humble serviteur, le Conseil des ministres a adopté une ordonnance introduisant la biométrie dans le processus électoral, laquelle ordonnance a été signée par le président de la République et transmise au Parlement pour ratification. C’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui a voté contre la ratification de cette ordonnance et compromis l’introduction de la biométrie. Le Gouvernement dirigé par Jean Eyeghé Ndong, déterminé à mettre en œuvre cette réforme nécessaire au renforcement de la transparence électorale, a saisi par la suite la Cour constitutionnelle. Cette dernière s’est prononcée en faveur de la position de la majorité PDG à l’Assemblée nationale. Le ministère de l’Intérieur s’était d’ores et déjà préparé à la mise en œuvre de cette réforme. Ses agents avaient reçu des formations adaptées et des opérateurs avaient déjà été identifiés. Il s’agit de faits incontestables.

Dois-je vous rappeler que la loi n°001/2011 relative à la protection des données à caractère personnel ne date que du 25 septembre 2011 et qu’elle a été obtenue de haute lutte, grâce à la sagacité, la détermination et la persévérance de feu le président Pierre Mamboundou dont je salue ici la mémoire et l’œuvre ? Ceux qui font ce procès à l’équipe dirigeante du ministère de l’Intérieur entre janvier 2006 et juin 2009 peuvent-ils, en conscience et loin des arguments bassement politiciens de comptoir, affirmer que les conditions juridiques et institutionnelles étaient, à cette époque-là, réunies pour une gestion des données à caractère personnel ou le contraire ? En absence de garanties juridiques, peuvent-ils nous dire ce qu’il serait advenu de l’usage de ces données par les différentes administrations ?

Déjà, au début des années 2000, une tentative d’organisation du fichier de la Fonction publique sur une base alphanumérique avait créé une telle confusion dans les esprits qu’elle avait déclenché une vive polémique et ouvert un débat aussi nourri que passionné sur les liens informatique et libertés publiques. Pour la construction d’un Gabon démocratique où la souveraineté appartient au seul peuple, aurait-il été sage d’embarquer le pays entier dans une opération biométrique sans garantie juridique ? A chacun de répondre…
Je voudrai, pour ma part, dire que le ministre de l’Intérieur que j’ai été entre 2006 et 2009 était au service exclusif de la République et de ses institutions.

Sur cette question, nous devons à la vérité de dire aux Gabonais que c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses « chances de réélection » a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. Personnellement, plus que la défense des intérêts d’une famille politique, j’avais aussi à cœur de contribuer à la construction d’un Gabon fort et prospère, y compris au plan politique et démocratique. Doit-on l’en blâmer ? Cependant, ai-je, à cette époque, toujours eu le discours, le sens de la communication et le tact pour indiquer aux uns et aux autres que notre démarche s’inscrivait dans le sens de la consolidation des institutions et de notre démocratie ? Je ne saurai en juger…..Je suis plutôt fier de l’action qui a été la mienne sur ce dossier.

Après avoir appelé les Gabonais à aller se faire enrôler, allez-vous leur lancer un appel à aller voter ?

Je vous ai déjà dit que les prochaines locales seront une répétition générale du scrutin majeur à venir. Au-delà des résultats officiels qui pourront être rendus par la Cour constitutionnelle, un instantané de l’état politique du pays et du rapport de forces sociologiques sera perceptible par l’ensemble des observateurs et forces politiques nationales. Cet instantané et ce rapport de forces seront déterminants pour la suite.

C’est pourquoi nous devons nous mobiliser pour faire apparaître le rapport de forces réel et offrir à l’ensemble de la communauté nationale et internationale les outils d’une analyse fine et meilleure de la situation de notre pays. Quoi qu’en pensent ou en disent certains, nous sommes parvenus à la fin d’un cycle, à la fin de cette ère où les élections truquées dictaient leur loi sur le continent.

La systématisation de fichiers électoraux biométriques est, à cet effet, un indicateur. « Un bulletin de vote est plus puissant qu’une balle de fusil », disait Abraham Lincoln, l’un des pères-fondateurs des USA. Les relations incestueuses entre le pouvoir PDG émergent et les institutions, les arrangements d’arrière-boutique ou l’envie irrépressible de fraude ne doivent pas occulter cette vérité. Nous devons donc saisir cette opportunité pour envoyer un message clair, net et solennel aux amis du Gabon quant aux échéances futures.

Jean Eyeghe Ndong, le vice-président de l’Union nationale a déclaré sa candidature à la Mairie de Libreville. Comment avez-vous accueilli cette annonce ? Et que vous inspire cette candidature ?

Jean Eyéghé Ndong est vice-président de l’Union nationale, parti dont je suis le secrétaire exécutif. Mais au-delà de cela, Jean Eyeghe Ndong est un homme d’Etat qui a toutes les qualités pour être un excellent maire de Libreville.

Je sais son attachement de toujours à cette ville dans laquelle il est né et a grandi. Nul n’ignore sa grande proximité avec ses concitoyens ainsi que son engagement de toujours sur les questions sociales et les préoccupations quotidiennes des Gabonaises et des Gabonais. Comme beaucoup de Gabonais, je crois qu’il a jusque-là fait montre d’un sens élevé de l’Etat, d’un courage historique et d’une détermination qui me font dire qu’il peut encore beaucoup apporté à notre pays. Que l’on ne trouvera pas mieux que lui pour diriger la capitale du Gabon.

Comme beaucoup de Gabonais, j’ai noté que sa candidature est placée sous le sceau du rassemblement et je m’en réjouis. Je m’en réjouis d’autant plus que cette candidature devrait être portée par l’UFA. Elle s’inscrit donc dans l’idée d’unité et dans une perspective commune et demeure fidèle à la ligne fondatrice de l’Union nationale et de l’UFA.

La candidature de Jean Eyéghé Ndong est donc le prolongement des luttes que nous avons menées ensemble depuis quatre (4) ans bientôt. Comme celle du président Maganga Moussavou à Mouila, elle est porteuse de cette généreuse idée d’unité que le peuple gabonais a toujours appelée de ses vœux. Doit-on reprocher à des leaders d’être à l’écoute de leur peuple ? Je ne le pense pas. Bien au contraire, j’encourage mes amis, partisans du changement et de l’alternance, à s’inscrire avec enthousiasme et détermination, dans cette démarche unitaire à l’occasion des échéances futures…

Un débat a cours sur le fait générationnel. Les jeunes générations estiment que c’est leur heure, que c’est leur temps. Trouvez-vous ce discours légitime et déterminant pour la gestion de la ville de Libreville ?

Ce sont vos collègues du site d’information « Gabonreview » qui ont récemment titré sur « la République des imberbes ». Etant moi-même arrivé jeune aux responsabilités, je ne suis certainement pas le mieux placé pour y répondre. Je vous dirai simplement que, comme pour paraphraser l’écrivain Guinéen Thierno Monenembo, « la jeunesse n’est ni un diplôme ni un gage de compétence, de probité ou de rigueur ». A contrario, je vous dirai que le grand âge n’est pas non plus un gage de sagesse, de pondération et d’abnégation.

Tout est fonction de nos parcours personnels et des épreuves que nous affrontons dans la vie. A sa sortie de prison, Nelson Mandela avait plus de 70 ans, mais il incarnait l’avenir de l’Afrique du Sud, de l’Afrique voire du monde. Il l’a d’autant mieux incarné qu’il a su composer avec toutes les couches de la société sud-africaine : Blancs, Noirs, Métis, Indiens, Jeunes, Vieux, Femmes, Hommes… Chacun avait pu trouver sa juste place à ses côtés.

Ce débat oiseux et pernicieux que l’on veut nous imposer sur le renouvellement de la classe politique sur la seule base de l’âge traduit l’aridité intellectuelle de ses promoteurs, autant qu’il dénote de leur incapacité à fédérer les Gabonais de toutes catégories et tous horizons. Plus grave, il révèle la nature profonde d’un régime qui ne cherche qu’à entretenir des clivages et la division, à opposer les Gabonais entre eux, selon la maxime éculée du « diviser pour régner ». Après le débat Jeunes/Vieux à quoi passeront-ils ? Au débat Est/Ouest ? Nord/Sud ? Fang/kota ? Vili/Nzébi ? Myéné/Téké ? Punu/Obamba ? Puis quoi encore ? Département des Plateaux/Djouri-Agnili ? Lébombi-Léyou/Mpassa ? Méfions-nous toujours de ces débats qui tendent à entretenir des clivages, à diviser et entretenir le sectarisme.

Notre pays a une longue tradition de responsabilisation de la jeunesse. Omar Bongo Ondimba n’était-il pas devenu président de la République à 32 ans ? Paul Malékou n’a-t-il pas été appelé au Gouvernement à 24 ans. Et des exemples de ce type sont nombreux dans notre histoire. Ce qui manque réellement à notre pays c’est la circulation de ses élites et le renouvellement régulier de sa classe politique. D’où la nécessité de l’alternance politique. La jeunesse ne saurait être le seul critère qui vaille.

Ce qui compte avant tout, c’est nos cursus, expériences, vécus et épreuves personnelles. Car, c’est dans l’épreuve qu’on s’endurcit et apprend davantage de la vie. A cet effet, je puis vous dire que celle que je traverse est lourde d’enseignements que je crois que chacun, le moment venu, est capable de mettre au service du pays, mettre au servir de notre cause commune, à savoir l’alternance au pouvoir d’Etat et la construction d’un Gabon démocratique et prospère, un « Gabon pour tous »…
Le Gouvernement alternatif que j’ai mis en place le 25 janvier 2011, visait dans sa composition cet objectif de renouvellement des élites.

« Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. »

Certains ont parlé d’une retraite définitive du champ politique vu la raréfaction de vos apparitions. L’avez-vous envisagé ?

Dès ma première sortie publique en juillet 2009 à Port-Gentil, j’avais indiqué que ma candidature à la présidentielle était un « acte de foi dans le Gabon, un rempart contre le sectarisme et l’égoïsme ». Tant que l’égoïsme, l’affairisme serviront de bréviaire, je ferai face. Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. Or, le Gabon, contrairement à moi, est éternel. Pour tout vous dire, tant que Dieu m’accordera le souffle de vie, j’essayerai de me consacrer à mon pays et à mes compatriotes. Le reste n’est que menterie politicienne, aveu d’impuissance et humour de mauvais goût. Pour conclure sur cette question, le croyant que je suis n’oublie pas que : « l’Homme propose, Dieu dispose ».

Quel regard avez-vous de la situation politique du pays ?

Au lendemain de l’élection présidentielle du 30 août 2009, nous avions attiré l’attention de la communauté internationale sur les risques qui pesaient sur notre pays et le caractère dictatorial de ce pouvoir qui s’était installé dans la violence et contre la volonté exprimée par le peuple gabonais. Aujourd’hui, ce que nous dénoncions à l’époque se confirme chaque jour avec gravité.

De manière arbitraire, de hauts cadres de la Nation sont l’objet de mesures illégales de suspension de salaires pour les fonctionnaires et d’interdiction de sortie du territoire depuis 33 mois au seul motif qu’ils ont notoirement exprimé leur opposition à l’installation d’un pouvoir illégitime à la tête de l’Etat. Il n’y a contre ces hauts cadres, au nombre desquels on compte des professeurs d’Université, pharmaciens, ambassadeur et d’anciens directeur généraux d’Administration centrale, aucune poursuite judiciaire ni procédure disciplinaire. En droit, cela s’appelle de l’abus de pouvoir.

Pour délit d’opinion, depuis 2009, tous les hauts cadres gabonais ont été écartés de l’Administration et des organismes publics dans lesquels ils exerçaient et où leurs compétences et leur intégrité étaient reconnues.
Il n’est nul besoin d’en dire plus, tant le peuple gabonais, dans son immense majorité, a bien conscience désormais du péril qui menace notre pays, en tant que Nation et en tant que République.

Au mois de juillet dernier, le magazine « Jeune Afrique » notait que sous Omar Bongo, moins de 20% du PIB était utilisé pour l’investissement alors que son successeur en utilise 35% pour le même objectif d’investissement. A vos yeux, la réalité se dessine-t-elle selon l’analyse de cet hebdomadaire ?

« Jeune Afrique » aurait pu également noter que depuis l’indépendance du Gabon, jamais une loi de règlement n’avait été adoptée par ordonnance car cela est contraire à la Constitution, et que pour la première fois dans l’Histoire de notre pays, le Conseil des ministres a adopté en février 2013 une ordonnance portant règlement définitif du budget 2011. Se substituant ainsi au Parlement pour se prononcer sur sa propre gestion.

Votre confrère aurait tout autant pu relever que jamais depuis l’indépendance de notre pays, le juge des comptes n’avait refusé de déclarer conformes les comptes de l’Etat au terme d’un exercice budgétaire et que depuis que ce pouvoir illégitime s’est imposé à la tête de notre pays, aucun des comptes qu’il a présenté à la Cour des comptes n’a obtenu la déclaration de conformité de cette institution. Les comptes des exercices 2010 et 2011 n’ont pour ainsi dire pu être « certifiés » par le juge des comptes.

Ceci pour vous dire que le budget est une prévision. Ce qui compte ce n’est pas la prévision, c’est la réalisation. Et en termes de réalisation, donc en ce qui concerne l’usage qui est fait par ce pouvoir des ressources de l’Etat, il faudrait y consacrer un entretien exclusif. La réalité de notre pays aujourd’hui est bien plus triste et bien plus grave que vous ne l’imaginez. Et c’est avec gravité que je le dis. Notre pays se trouve entre les mains d’une bande de brigands qui, devant l’impuissance ou la complicité non assumée du Gouvernement et de toutes les autres institutions de la République, pillent notre pays au vu et au su de tous. Nos compatriotes n’en peuvent plus d’assister impuissants à ce spectacle. L’avenir nous dira…

Le pouvoir en place met oppose de plus en plus à l’opposition le bilan de ses réalisations : infrastructures routières, structures sanitaires rénovées ou en construction, complexe hydroélectrique comme le Grand Poubara. Le message n’est-il pas de dire à l’opposition qu’elle gagnerait à revisiter son discours ?

Allez donc demander aux populations de Libreville qui manquent d’eau potable depuis quatre ans et vous saurez. Rendez-vous donc dans un hôpital, n’importe lequel, et vous demanderez leur opinion à nos compatriotes que vous y rencontrerez.

J’ai entendu parler de la République des maquettes. Je dois à la vérité de dire que j’ai trouvé le qualificatif un peu dur au départ. Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit.
Quant aux exemples que vous prenez, tel le Grand Poubara et les routes, ils constituent la parfaite illustration de l’ingratitude de ceux qui ont commis l’ignominie de déclarer qu’ils avaient trouvé ce pays tel un champ de ruines. Parce qu’à ma connaissance, ces projets avaient bel et bien démarré avant 2009 et leurs financements entièrement garantis. Ce sont les entreprises adjudicataires qui sont parvenues à tenir leurs engagements qui sont à féliciter. Quant à ceux qui font de la récupération politique, ce petit jeu ne trompe personne.

Comment ressentez-vous la situation de l’insalubrité de la ville de Libreville ?

« Comme on fait son lit on se couche » dit le proverbe. La situation d’insalubrité est l’expression parmi d’autres de la vraie nature de ce pouvoir. Les Gabonais ne sont pas sa préoccupation. Pourquoi le seraient-ils, ils n’ont pas votés pour lui. La vie quotidienne des Gabonais ne préoccupe point ce pouvoir. Seul l’intéresse le pillage des ressources du pays.

Votre mot de fin ?

Les Gabonais de manière constante nous exprime leur détermination à être débarrassés de ce régime qui détruit notre pays, humilie son peuple et compromet l’avenir. Mon engagement, aux côtés de mes compagnons de l’Union nationale et des autres forces politiques, pour l’alternance politique dans notre pays reste entier et je suis plus que jamais déterminé à y parvenir.

Je crois qu’après quatre années, les uns et les autres ont définitivement compris que nous avons changé d’époque. Elle est désormais révolue la période des petits arrangements d’arrière-boutique. Nous sommes déterminés à débarrasser notre pays du pouvoir PDG émergent et vous pouvez me croire, avec l’aide des Gabonais, nous y parviendrons.  » Entretien paru dans la voix du nord -



Démocratie: le changement, ce doit être maintenant en Afrique et au Gabon!
21 septembre, 2013, 8:03
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Les élections locales attisent la convoitise au Gabon. Le régime le sait. L’opposition désunie part dans les plus mauvaises conditions, sans aucune garantie internationale sur la surveillance du pouvoir illégitime, sans avoir pu organiser de conférence nationale et sans que personne n’ait pu mettre en garde le clan Bongo dans ses pratiques de falsification.

Démocratie: le changement, ce doit être maintenant en Afrique et au Gabon! fh-elysee-300x111

La cacophonie règne donc dans les rangs de l’opposition. La France pourtant débarrassée de Sarkozy-Guéant- Bourgi ne hausse pas le ton sur le continent et semble se passionner pour la liberté…en Syrie, alors que chacun sait que les menaces de prise de pouvoir islamistes ne sont pas un vain concept. Des exemples récents sont là pour le démontrer.

La « Communauté internationale » est active sur les odieux massacres de population en Syrie, et Ban Ki Moon, en général si accommodant, prend un ton grave pour dénoncer l’usage du gazage des populations. Rappelons-nous en 2009 et en 2010 les appels à l’action internationale lorsque les populations de Port-Gentil ont été assassinées par le régime Bongo et que les cadavres ont été jetés à la mer par dizaines par les milices du clan. Mais, évidemment, le Gabon gêne, comme une grande partie de l’Afrique centrale dérange, des pays africains regorgeant de richesses naturelles dont la France et l’Europe auraient du mal à se passer.

Bien sûr, nous ne pouvons qu’approuver les 28 décisions opérationnelles qui forment les conclusions du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) portée par le ministre Pascal Canfin, qui font suite aux assises du développement.

Nous ne pouvons qu’approuver la concentration de l’Aide publique au développement sur certains pays et en excluant d’autres qui sont des scandales démocratiques et économiques comme le Gabon ou le Congo. Mais, l’exclusion de ces pays du champ des priorités ne fait pas une politique. En effet, pour ne parler que d’eux, ces pays sont sous-développés et 95% de leur population sont en dehors des seuils de pauvreté et vivent dans les pires conditions.

La responsabilité historique de la France est engagée pour avoir jusqu’à présent installé et couvert les agissements du clan Bongo au pouvoir depuis plus de 45 ans au nom d’intérêts dont il est difficile de comprendre en quoi ils étaient mieux protégés par des cliques malfaisantes.

Nous ne pouvons qu’approuver les initiatives de la France dans ses résolutions sur le développement, en tentant de soutenir les agricultures des pays en développement, en marquant son souhait de mieux aider en matière d’éducation (« capital humain ») et de santé.

Nous approuvons encore lorsqu’il est dit que la responsabilité sociale et environnementale est mise en avant, quand on sait, qu’au Gabon, le régime vend, à titre punitif pour les populations concernées, des territoires entiers du Woleu-Ntem à la multinationale Olam destinés à la plantation de l’hévéaculture anéantissant les cultures traditionnelles et détruisant les terres.

Nous sommes pleinement en accord avec l‘idée de la « transparence des flux financiers et à la mobilisation des ressources domestiques » , ou, à une lutte intense contre la corruption. Mais, attention aux Etats responsables de la corruption, qui seraient « chargés » d’en organiser la répression! C’est le cas au Gabon, où la corruption vient des sommets de l’Etat.

Les 28 orientations du Gouvernement français nous satisfont, mais il manque un volet poltique plus fort.

Nous souhaitons un nouveau « discours de la Baule ». Nous le voulons, cette fois-ci avec des actes forts. Nous souhaitons une mise en demeure directe des régimes corrompus : qu’ils se démettent et nous sommes près à discuter des délais.

Nous souhaitons que la France s’implique directement dans le processus électoral au Gabon de façon à empêcher le régime à organiser la fraude massive en utilisant le pouvoir d’Etat.

Nous souhaitons que la France organise la transition politique et le départ du clan Bongo. Il est temps au risque de casser tout espoir de solution politique commune entre le Gabon et la France.

Nous ne pouvons nous contenter de la politique des « petits pas », des politiques macro-économiques sur des grands thèmes qui ne contrarient personne et qui ménagent la plupart des intérêts financiers.

Après avoir tant espéré et lutté en faveur de la chute rapide de M. Sarkozy, nous sommes en attente d’initiatives de la part du pouvoir français

Une autre étape est maintenant à franchir dans l’histoire tumultueuse de la gauche gouvernementale et de la démocratie en Afrique, et cette étape ne saurait se limiter à deux beaux exemples, le Sénégal et le Mali. 



17 août 1960 – 17 août 2013 : Indépendance du Gabon ? tout reste à faire !
17 août, 2013, 22:46
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17 août 1960 – 17 août 2013 : Indépendance du Gabon ? tout reste à faire ! drapeau-gabonais-300x225

 

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 Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif – Mouvement Civique du Gabon

 Citoyens, et citoyennes gabonais-e-s,

Chaque année, le 17 août, le régime se livre à un exercice laborieux d’auto-satisfaction mimant l’unité nationale qu’il ne représente pas.

L’Indépendance a été dans l’histoire un moment de fierté pour les populations africaines,mais très rapidement celles-ci ont dû déchanter. En effet, l’intervention de la France et de Jacques Foccard, installant au pouvoir des hommes liges , ont jeté un doute sur la réalité de « l’indépendance ». Ce doute s’est transformé en certitude jusqu’à aujourd’hui.

Le Gabon a connu en 1964 de vrais patriotes qui ont renversé le président Léon Mba pour tenter à cette période d’instaurer la démocratie. Ces patriotes militaires et civils ont marqué l’histoire du pays. IIs ont disparu de l’histoire officielle du Gabon en même temps qu’ils ont été emprisonnés ou éliminés sur intervention de l’armée française. La Françafrique née avec les Indépendances connaissait au Gabon la preuve matérielle de son existence que nous connaissons jusqu’à aujourd’hui.

Peut-on imaginer un pays dans lequel le poste de secrétaire général de la Présidence de la République gabonaise est occupé par un Français ? C’est le cas du Gabon aujourd’hui. Pour autant, il est fort peu probable qu’un (e) Gabonais (e) puisse occuper un tel poste à l’Elysée . Indépendance ?

Cest donc à la mémoire de ces premiers combattants de la démocratie que le Mouvement civique du Gabon dédie ce 17 août.

A partir de 1967, Léon Mba ayant été écarté du pouvoir peu avant sa mort – dont certains disent qu’elle fut précipitée -, Albert Bernard Bongo a dès lors été installé par les Français, ouvrant la période d’une dictature corrompue, qui s’est prolongée jusqu’à aujourd’hui.

Les différentes mobilisations populaires contre le régime (1981, 1990, 1993, 2009) ont à chaque fois été réprimées dans la violence et dans le sang. Le multipartisme obtenu par les populations en 1990 a été remis en cause progressivement en vue de son abolition.

La richesse du pays a été dilapidée par l’enrichissement du clan qui occupe le pouvoir depuis plus d’une quarantaine d’années. Les structures élémentaires de vie sociale en matière de santé ou d’éducation sont défaillantes. Le Gabon est dans un état de sous-développement 50 ans après les indépendances et presque autant d’années sous le joug du clan Bongo

Le coup d’Etat électoral d’août-septembre 2009 est la poursuite des méthodes des années 60. La France a avalisé la fraude à travers des émissaires officieux. Mme Rogombe, présidente par intérim après la mort d’Omar Bongo, et Mme Mbourantsuo, présidente du conseil constitutionnel, ont été convoquées à l’Elysée peu après l’élection afin d’obtenir que M. Bongo soit proclamé vainqueur des élections qu’il avait largement perdues.

Ce 17 août 2013 serait passé inaperçu au Gabon si la gauche en France n’était pas au pouvoir depuis un peu plus d’une année. Elle continue à susciter un espoir et une attente de la part du peuple gabonais.

Elle a démontré au Mali qu’une élection présidentielle pouvait avoir lieu dans des conditions normales, à deux tours. Les multiples candidats ont joué le jeu de la démocratie dans ce pays, et se sont maintenus ou ralliés auprès des mieux placés au second tour. Rappelons nous que l’élection présidentielle a été à un seul tour au Gabon.

Les seules élections à venir en 2013 sont locales. Depuis 2009, le régime a empêché toute évolution sur la sincérité des scrutins de façon à continuer d’ organiser sans contraintes la fraude massive, à tel point, que même les élections locales, dont l’intérêt est déjà limité compte tenue de la faible décentralisation des collectivités locales, sont compromises.

Le Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon appelle à la non participation aux élections locales. Face aux blocages du régime, les conditions ne sont pas remplies pour un exercice apaisé dans leur déroulement Tant que le régime ne sera pas contraint, il paraît clair que la situation ne pourra se débloquer.

Le 17 août sera une véritable fête de l’Indépendance lorsque la démocratie sera installée dans notre pays.

Vive l’Indépendance, et vive la République libre du Gabon !

Mengue M’Eyaà 

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon


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