Site officiel du MCG « Pour changer le Gabon »

La jeunesse gabonaise réprimée en plein sommet sur la paix et la sécurité en Afrique
4 décembre, 2013, 23:04
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Alors que s’ouvre le sommet France –Afrique avec un panel de dictateurs et quelques présidents élus démocratiquement que l’on peut compter sur les doigts d’une main (Sénégal, Mali, Guinée et Niger), la jeunesse africaine est en ébullition protestant de ses conditions d’études au Gabon et au Togo.

On peut noter l’absence du Président Jacob Zuma  de la République sud-africaine qui n’a sans doute pas souhaité s’afficher aux côtés d’individus peu recommandables. N’oublions pas qu’il est le Président du pays de Nelson Mandela et il connaît ce qu’est le prix de la liberté pour son pays.

Dans ces conditions, à quand un sommet sur l’insécurité sociale et politique des citoyens africains ?

En face de cette jeunesse, les méthodes sont les mêmes : répression, arrestations, intimidations. Ainsi, le régime gabonais utilise la violence pour ne pas avoir à dialoguer avec une jeunesse étudiante et lycéenne désenchantée. Les forces de répression n’hésitent pas à molester les jeunes gens désarmés y compris à l’intérieur des établissements scolaires, dans les lycées et dans les collèges. Cette situation est scandaleuse. Le « ministre » de l’éducation nationale feint de ne rien voir et, au lieu d’ouvrir le dialogue, le régime brutalise ces enfants, qui ont soif d’éducation, révoltés par leurs conditions d’études.

Qui a t-il de plus beau pourtant qu’une jeunesse qui demande à avoir accès à l’éducation dans un des pays les plus riches d’Afrique ? Cela, on le lui refuse. Au contraire, comme seule réponse, la violence des matraques et les gaz lacrymogènes … La jeunesse gabonaise est comme toute les jeunesses du monde. Elle a le droit d’espérer bénéficier des richesses du Gabon par de bonnes conditions d’études et surtout de se construire un avenir dans des conditions plus acceptables. La jeunesse se lève et ne veut plus courber l’échine.

La situation politique interne au Gabon est par ailleurs complètement bloquée depuis septembre 2009 et le putsch électoral du clan Bongo, qui s’est succédé à lui-même.

Personne ne sait comment les élections locales vont se dérouler alors que le pouvoir illégitime et une partie des opposants jouent à un indécent jeu de rôle au milieu d’un incendie.

Nous exigeons que le régime illégitime exerçant le pouvoir de fait depuis qu’il y a été installé par Nicolas Sarkozy cesse toute forme de violence envers la jeunesse gabonaise.

Une fois encore, la conférence nationale souveraine préparant des élections présidentielles anticipées s’avère la seule solution face à un pays en crise depuis le coup d’Etat électoral de septembre 2009.

Mengue M’Eyaà Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr



Elections locales : fraudes habituelles du régime… avec préméditation!
28 octobre, 2013, 20:00
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Alors que plusieurs candidats se préparent au combat des élections municipales, André Mba Obame a rappelé dans un entretien récent l’importance de « l’enrôlement » des populations en âge de voter. L’enrôlement est l’acte volontaire par lequel les citoyens et les citoyennes de notre pays, en âge de voter, doivent s’inscrire sur les listes électorales.

La directrice de campagne III de Mr Jean Eyeghe Ndong, Madame Véronique Essomeyo sensibilisant et rassurant les femmes commerçantes venues nombreuses ce vendredi 25 octobre 2013 derrière l’école normale zone dit épicerie (photo Jean-Pierre Rougou)

Elections locales : fraudes habituelles du régime... avec préméditation! directrice-de-campagne-de-jean-eyeghe-ndong-300x225

André Mba Obame a rappelé ce point important selon lequel la société GEMALTO chargée de mettre en œuvre la biométrie n’est pas une entreprise choisie par hasard. Ses garanties vont au-delà du régime gabonais, puisqu’elle a reçu l’agrément de l’organisation des Nations Unies (ONU). Elle ne peut donc entrer en principe dans une logique industrielle de falsification électorale, comme le Gabon en a été habitué au long des 45 dernières années, au risque de perdre tout crédit international.

Ses intérêts ne sont donc pas limités au Gabon et à l’Afrique. C’est pourquoi, le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, évoque à juste titre cet impératif.

Avec toutes les réserves possibles, les élections locales seront donc le test permettant d’observer si le régime entend entrer enfin dans les bonnes pratiques démocratiques auxquelles il n’est pas habitué.

Le Mouvement Civique du Gabon exprime ses plus vives réserves sur certains des scrutins locaux à forts enjeux pour le régime, tels que Libreville ou Port Gentil, et entend tenir notamment la société Gemalto, comme co-responsable des éventuelles fraudes. Comme le régime est au delà de la honte, celle-ci retombera sur Gemalto, qui, elle, a beaucoup à perdre dans l’aventure de la tricherie du parti-Etat.

Nous le ferons d’ailleurs savoir en Europe, en Amérique,  et auprès des Nations Unies,

Aux dernières nouvelles, le régime a pris conscience qu’il était démasqué. Il souhaiterait désormais reporter le scrutin en 2014, sans doute espérant ainsi ne pas subir le regard de la France, occupée par ses propres élections locales au mois de mars 2014.

De plus, il est évident que si les processus électoraux continuent à se dérouler dans la fraude la plus totale, il ne pourra plus être question d’évoquer une alternance paisible comme semblent encore y croire certains des partisans de la participation aux élections.

Il faudra très vite en tirer des conclusions pour l’avenir !

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr



Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, rappelle le régime à ses obligations électorales.
25 septembre, 2013, 20:45
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Dans un entretien donné à la voix du Nord, le président élu de la République gabonaise, fait le point sur le processus d’inscriptions sur les listes électorales, et met en garde le régime illégitime contre toute velléité de fraudes.

 

Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, rappelle le régime à ses obligations électorales. amo-073-300x224

Le président élu de la République gabonaise, André Mba Obame, Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif du mouvement civique du Gabon, et Jean Eyeghe Ndong, actuellement candidat à la mairie de Libreville.

«  André Mba Obame : Seriez-vous en train de me dire qu’à près d’une décennie de présence dans le paysage médiatique « Echos du Nord » n’a toujours pas réussi à tisser des liens de confiance avec son lectorat, au point que tout manquement donne lieu à des commentaires divers et tous azimuts ? Ou alors, seriez-vous en train de me dire que le lectorat gabonais est si blasé, si habitué aux errements de sa presse qu’il doute de tout et vit dans la suspicion permanente ? Si l’une ou l’autre de ces hypothèses peut se rapprocher, un tant soit peu, de la réalité, je me permettrai d’inviter chacune des parties à établir des liens de confiance. 
J’ai, pour ma part et comme tous vos lecteurs, vu un encart en « une » de votre dernière édition qui annonçait et justifiait ce manquement, tout en s’excusant auprès des lecteurs. Je dois à la suite de cela de dire que, comme chacun a pu le constater, l’actualité s’est particulièrement accélérée au lendemain de la publication de votre encadré annonçant mon mot d’ordre d’enrôlement à nos concitoyens. Aussi, avons nous convenu, d’un commun accord et pour être complets, décaler et de prolonger ce rendez-vous avec votre rédaction. Je suis bel et bien là en face de vous, prêt à répondre à toutes vos questions, en toute transparence, sans tabou ni faux-fuyants et prêt à livrer au peuple gabonais ma part de vérité sur la situation générale de notre pays.

Parlant de l’enrôlement. Vous avez appelé les Gabonais à se faire enrôler. Au constat, cet appel a été entendu et depuis lundi 09 septembre dernier, les centres d’enrôlement ont presque refusé du monde. Quelles conséquences en tirez-vous ?

Si je vous comprends, cela postule qu’avant mon appel, et plus largement avant l’invite solennelle du directoire de l’Union nationale et de l’Union des forces pour l’alternance (UFA), les centres d’enrôlement faisaient grise mine ? Cela signifie donc que les Gabonais refusaient de s’y plier, qu’ils avaient fait le choix de s’abstenir.
Dois-je vous rappeler que l’abstention, donc la non collaboration, est une arme politique généralement utilisée pour marquer la défiance du peuple vis-à-vis du pouvoir établi. En s’abstenant, le peuple signifie son refus de collaborer avec et pour envoyer le message selon lequel le peuple considère que le régime établi n’est pas assez représentatif de ses intérêts et ne peut en rien répondre à ses aspirations légitimes.

L’abstention vise donc à ne pas cautionner un régime considéré comme injuste et illégitime. Autrement dit, en ne répondant pas à l’appel à l’enrôlement lancé par le pouvoir PDG émergent, le peuple gabonais a, une fois encore, indiqué au monde entier que le pouvoir établi n’est pas l’émanation de sa volonté, qu’il ne se sent en rien pris en compte dans la gestion actuelle du pays. A contrario, en répondant à l’appel que vous avez publié le 09 septembre dernier, il a montré de quel côté se trouve la légitimité et avec qui il aimerait travailler pour construire ensemble ce Gabon généreux et prospère dont nous rêvons. Cela n’a, du reste, pas de quoi étonner puisque cet acte majeur s’inscrit dans le droit fil des résultats réels de la présidentielle anticipée d’août 2009. Je voudrai donc remercier le peuple gabonais pour sa constance dans l’action citoyenne, pour son engagement résolu et sa mobilisation autour du directoire de l’Union nationale et des leaders de l’Union des forces de l’alternance UFA.

En lançant cet appel vous avez beaucoup insisté sur la fiabilisation du fichier. Si à la fin des opérations celui-ci n’est pas fiabilisé, à quoi aboutirez-vous ? 

En refusant de répondre à l’appel du pouvoir PDG émergent, puis en donnant comme il l’a fait une suite positive aux différents appels venus de l’opposition, le peuple gabonais a envoyé un message clair, qui se veut aussi porteur d’une dynamique unitaire. La responsabilité des leaders de l’opposition que nous sommes est, d’une part, d’analyser sereinement ces messages afin de leur donner une suite et, d’autre part, de nous battre pied à pied avec endurance, courage et opiniâtreté pour parvenir à créer, sans délai, les conditions d’une alternance démocratique au pouvoir d’Etat. Rien ne sera obtenu sans lutte. Nous devons demeurer vigilants et nous tenir prêts à repartir au combat, sans céder sur nos convictions car, seule notre détermination et notre sens de l’organisation nous permettront d’aborder les prochaines échéances majeures en position de force.

Il ne vous a pas échappé que les prochaines Locales seront les premières élections organisées avec un fichier biométrique. Pour la suite et en vue d’une démocratisation réelle de notre système politique, elles auront valeur de test. L’Union nationale, l’ensemble des forces politiques de l’opposition réunies au sein de l’UFA et de l’UFC, et même plus largement les amis du Gabon, se devront d’analyser le déroulement de ce scrutin pour en tirer enseignements et conséquences pour la suite, et singulièrement pour la présidentielle à venir. Je sais que les présidents Myboto, Ogouliguendé, Maganga Mousavou, Kombila Koumba, Eya Mvey, Ndaot, Mayila et l’ensemble des leaders de l’UFA seront à la hauteur de cette espérance légitime et historique de notre peuple.

« Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. »

Dans le cas de figure d’un fichier non fiable, pensez-vous qu’il faudra engager la responsabilité de l’opérateur Gemalto, celle du gouvernement gabonais ou les deux à la fois ?

Vous conviendrez avec moi que le développement politique, économique, social et culturel du Gabon incombe d’abord à ceux qui se disent en responsabilité, à ceux qui exercent officiellement le pouvoir d’Etat. Tout manquement ou errements leur sera d’abord imputable. Toutefois, si le pouvoir PDG émergent se préoccupe peu de son image, ne s’embarrasse pas de scrupules et croit naïvement qu’il demeurera fréquentable ad vitam aeternam en dépit de ses manquements démocratiques et de son déficit de légitimité, autant je ne saurai croire qu’il en va de même pour Gemalto.

Cette entreprise, leader mondial de la sécurité numérique, est signataire du Global Compact, cette initiative de transparence voulue et portée par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. A ce titre, Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. Conformément à ses engagements internationaux, j’ose croire que Gemalto demeurera fidèle à sa volonté de promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’Homme dans sa sphère d’influence, tout en veillant à ne pas se rendre complice de violations des droits de l’Homme.

Selon le Global Compact auquel Gemalto a librement adhéré, le respect des droits de l’Homme ne relève pas seulement des gouvernements et des Etats mais aussi des individus et des organisations qu’ils créent. Du reste, plusieurs formes de complicité sont identifiées à cet effet. Il y a la complicité directe qui consiste à prendre clairement part à des violations des droits de l’Homme en dehors de sa propre enceinte ; la complicité bénéfique qui consiste, pour une entreprise, à tirer profit des violations des droits de l’Homme commises par d’autres et, la complicité silencieuse qui, tout en n’encourageant pas la violation des droits humains, consiste à demeurer muet face à des cas flagrants de violation des droits de l’Homme.

Parce que Gemalto a des engagements éthiques, parce que cette entreprise d’envergure mondiale mesure parfaitement les dommages qu’une telle situation pourrait lui causer, j’ose croire qu’elle ne cherchera pas à tirer profit d’un déni de démocratie et mieux qu’elle ne demeurera pas muette face à la volonté du pouvoir PDG émergent de s’opposer à ce droit fondamental et imprescriptible qu’est la liberté des peuples à choisir librement leurs dirigeants et à esquisser en toute souveraineté les contours de leur destinée.

Les partis politiques et la société civile ont fait leur travail en demandant aux citoyens d’aller se faire enrôler. Les citoyens, en se rendant massivement dans les centres d’enrôlement, ont, eux aussi, rempli leur part de contrat. Il revient désormais à Gemalto de mettre tout son savoir-faire, que nous savons incontestable, au service de l’élaboration d’un fichier électoral fiable au Gabon.

Il m’est d’ores et déjà revenu que Gemalto a attiré l’attention du Gouvernement et de la Cour constitutionnelle sur les manquements aux procédures observés durant la phase d’enrôlement. Cette grande entreprise de rang mondial a tous les outils pour déjouer les tentatives de falsification du fichier électoral du pouvoir PDG émergent. Nous jugerons au résultat.

« … c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses « chances de réélection » a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. »

Vous êtes le dernier ministre de l’Intérieur du défunt président Omar Bongo Ondimba. Le pouvoir actuel vous rend responsable des blocages apparus à cette période sur la mise en route de la biométrie. Qu’avez-vous pour leur répondre?

Le principe de l’introduction de la biométrie dans le processus électoral a été arrêté en 2006 lors des Accords d’Arambo au cours desquels je représentais le Gouvernement en ma qualité de ministre de l’Intérieur. J’ai donc accepté cette demande pertinente qui émanait de l’opposition et j’ai convaincu le président de la République et l’ensemble du Gouvernement de l’adopter.

Sur présentation du ministre de l’Intérieur, donc de votre humble serviteur, le Conseil des ministres a adopté une ordonnance introduisant la biométrie dans le processus électoral, laquelle ordonnance a été signée par le président de la République et transmise au Parlement pour ratification. C’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui a voté contre la ratification de cette ordonnance et compromis l’introduction de la biométrie. Le Gouvernement dirigé par Jean Eyeghé Ndong, déterminé à mettre en œuvre cette réforme nécessaire au renforcement de la transparence électorale, a saisi par la suite la Cour constitutionnelle. Cette dernière s’est prononcée en faveur de la position de la majorité PDG à l’Assemblée nationale. Le ministère de l’Intérieur s’était d’ores et déjà préparé à la mise en œuvre de cette réforme. Ses agents avaient reçu des formations adaptées et des opérateurs avaient déjà été identifiés. Il s’agit de faits incontestables.

Dois-je vous rappeler que la loi n°001/2011 relative à la protection des données à caractère personnel ne date que du 25 septembre 2011 et qu’elle a été obtenue de haute lutte, grâce à la sagacité, la détermination et la persévérance de feu le président Pierre Mamboundou dont je salue ici la mémoire et l’œuvre ? Ceux qui font ce procès à l’équipe dirigeante du ministère de l’Intérieur entre janvier 2006 et juin 2009 peuvent-ils, en conscience et loin des arguments bassement politiciens de comptoir, affirmer que les conditions juridiques et institutionnelles étaient, à cette époque-là, réunies pour une gestion des données à caractère personnel ou le contraire ? En absence de garanties juridiques, peuvent-ils nous dire ce qu’il serait advenu de l’usage de ces données par les différentes administrations ?

Déjà, au début des années 2000, une tentative d’organisation du fichier de la Fonction publique sur une base alphanumérique avait créé une telle confusion dans les esprits qu’elle avait déclenché une vive polémique et ouvert un débat aussi nourri que passionné sur les liens informatique et libertés publiques. Pour la construction d’un Gabon démocratique où la souveraineté appartient au seul peuple, aurait-il été sage d’embarquer le pays entier dans une opération biométrique sans garantie juridique ? A chacun de répondre…
Je voudrai, pour ma part, dire que le ministre de l’Intérieur que j’ai été entre 2006 et 2009 était au service exclusif de la République et de ses institutions.

Sur cette question, nous devons à la vérité de dire aux Gabonais que c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses « chances de réélection » a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. Personnellement, plus que la défense des intérêts d’une famille politique, j’avais aussi à cœur de contribuer à la construction d’un Gabon fort et prospère, y compris au plan politique et démocratique. Doit-on l’en blâmer ? Cependant, ai-je, à cette époque, toujours eu le discours, le sens de la communication et le tact pour indiquer aux uns et aux autres que notre démarche s’inscrivait dans le sens de la consolidation des institutions et de notre démocratie ? Je ne saurai en juger…..Je suis plutôt fier de l’action qui a été la mienne sur ce dossier.

Après avoir appelé les Gabonais à aller se faire enrôler, allez-vous leur lancer un appel à aller voter ?

Je vous ai déjà dit que les prochaines locales seront une répétition générale du scrutin majeur à venir. Au-delà des résultats officiels qui pourront être rendus par la Cour constitutionnelle, un instantané de l’état politique du pays et du rapport de forces sociologiques sera perceptible par l’ensemble des observateurs et forces politiques nationales. Cet instantané et ce rapport de forces seront déterminants pour la suite.

C’est pourquoi nous devons nous mobiliser pour faire apparaître le rapport de forces réel et offrir à l’ensemble de la communauté nationale et internationale les outils d’une analyse fine et meilleure de la situation de notre pays. Quoi qu’en pensent ou en disent certains, nous sommes parvenus à la fin d’un cycle, à la fin de cette ère où les élections truquées dictaient leur loi sur le continent.

La systématisation de fichiers électoraux biométriques est, à cet effet, un indicateur. « Un bulletin de vote est plus puissant qu’une balle de fusil », disait Abraham Lincoln, l’un des pères-fondateurs des USA. Les relations incestueuses entre le pouvoir PDG émergent et les institutions, les arrangements d’arrière-boutique ou l’envie irrépressible de fraude ne doivent pas occulter cette vérité. Nous devons donc saisir cette opportunité pour envoyer un message clair, net et solennel aux amis du Gabon quant aux échéances futures.

Jean Eyeghe Ndong, le vice-président de l’Union nationale a déclaré sa candidature à la Mairie de Libreville. Comment avez-vous accueilli cette annonce ? Et que vous inspire cette candidature ?

Jean Eyéghé Ndong est vice-président de l’Union nationale, parti dont je suis le secrétaire exécutif. Mais au-delà de cela, Jean Eyeghe Ndong est un homme d’Etat qui a toutes les qualités pour être un excellent maire de Libreville.

Je sais son attachement de toujours à cette ville dans laquelle il est né et a grandi. Nul n’ignore sa grande proximité avec ses concitoyens ainsi que son engagement de toujours sur les questions sociales et les préoccupations quotidiennes des Gabonaises et des Gabonais. Comme beaucoup de Gabonais, je crois qu’il a jusque-là fait montre d’un sens élevé de l’Etat, d’un courage historique et d’une détermination qui me font dire qu’il peut encore beaucoup apporté à notre pays. Que l’on ne trouvera pas mieux que lui pour diriger la capitale du Gabon.

Comme beaucoup de Gabonais, j’ai noté que sa candidature est placée sous le sceau du rassemblement et je m’en réjouis. Je m’en réjouis d’autant plus que cette candidature devrait être portée par l’UFA. Elle s’inscrit donc dans l’idée d’unité et dans une perspective commune et demeure fidèle à la ligne fondatrice de l’Union nationale et de l’UFA.

La candidature de Jean Eyéghé Ndong est donc le prolongement des luttes que nous avons menées ensemble depuis quatre (4) ans bientôt. Comme celle du président Maganga Moussavou à Mouila, elle est porteuse de cette généreuse idée d’unité que le peuple gabonais a toujours appelée de ses vœux. Doit-on reprocher à des leaders d’être à l’écoute de leur peuple ? Je ne le pense pas. Bien au contraire, j’encourage mes amis, partisans du changement et de l’alternance, à s’inscrire avec enthousiasme et détermination, dans cette démarche unitaire à l’occasion des échéances futures…

Un débat a cours sur le fait générationnel. Les jeunes générations estiment que c’est leur heure, que c’est leur temps. Trouvez-vous ce discours légitime et déterminant pour la gestion de la ville de Libreville ?

Ce sont vos collègues du site d’information « Gabonreview » qui ont récemment titré sur « la République des imberbes ». Etant moi-même arrivé jeune aux responsabilités, je ne suis certainement pas le mieux placé pour y répondre. Je vous dirai simplement que, comme pour paraphraser l’écrivain Guinéen Thierno Monenembo, « la jeunesse n’est ni un diplôme ni un gage de compétence, de probité ou de rigueur ». A contrario, je vous dirai que le grand âge n’est pas non plus un gage de sagesse, de pondération et d’abnégation.

Tout est fonction de nos parcours personnels et des épreuves que nous affrontons dans la vie. A sa sortie de prison, Nelson Mandela avait plus de 70 ans, mais il incarnait l’avenir de l’Afrique du Sud, de l’Afrique voire du monde. Il l’a d’autant mieux incarné qu’il a su composer avec toutes les couches de la société sud-africaine : Blancs, Noirs, Métis, Indiens, Jeunes, Vieux, Femmes, Hommes… Chacun avait pu trouver sa juste place à ses côtés.

Ce débat oiseux et pernicieux que l’on veut nous imposer sur le renouvellement de la classe politique sur la seule base de l’âge traduit l’aridité intellectuelle de ses promoteurs, autant qu’il dénote de leur incapacité à fédérer les Gabonais de toutes catégories et tous horizons. Plus grave, il révèle la nature profonde d’un régime qui ne cherche qu’à entretenir des clivages et la division, à opposer les Gabonais entre eux, selon la maxime éculée du « diviser pour régner ». Après le débat Jeunes/Vieux à quoi passeront-ils ? Au débat Est/Ouest ? Nord/Sud ? Fang/kota ? Vili/Nzébi ? Myéné/Téké ? Punu/Obamba ? Puis quoi encore ? Département des Plateaux/Djouri-Agnili ? Lébombi-Léyou/Mpassa ? Méfions-nous toujours de ces débats qui tendent à entretenir des clivages, à diviser et entretenir le sectarisme.

Notre pays a une longue tradition de responsabilisation de la jeunesse. Omar Bongo Ondimba n’était-il pas devenu président de la République à 32 ans ? Paul Malékou n’a-t-il pas été appelé au Gouvernement à 24 ans. Et des exemples de ce type sont nombreux dans notre histoire. Ce qui manque réellement à notre pays c’est la circulation de ses élites et le renouvellement régulier de sa classe politique. D’où la nécessité de l’alternance politique. La jeunesse ne saurait être le seul critère qui vaille.

Ce qui compte avant tout, c’est nos cursus, expériences, vécus et épreuves personnelles. Car, c’est dans l’épreuve qu’on s’endurcit et apprend davantage de la vie. A cet effet, je puis vous dire que celle que je traverse est lourde d’enseignements que je crois que chacun, le moment venu, est capable de mettre au service du pays, mettre au servir de notre cause commune, à savoir l’alternance au pouvoir d’Etat et la construction d’un Gabon démocratique et prospère, un « Gabon pour tous »…
Le Gouvernement alternatif que j’ai mis en place le 25 janvier 2011, visait dans sa composition cet objectif de renouvellement des élites.

« Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. »

Certains ont parlé d’une retraite définitive du champ politique vu la raréfaction de vos apparitions. L’avez-vous envisagé ?

Dès ma première sortie publique en juillet 2009 à Port-Gentil, j’avais indiqué que ma candidature à la présidentielle était un « acte de foi dans le Gabon, un rempart contre le sectarisme et l’égoïsme ». Tant que l’égoïsme, l’affairisme serviront de bréviaire, je ferai face. Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. Or, le Gabon, contrairement à moi, est éternel. Pour tout vous dire, tant que Dieu m’accordera le souffle de vie, j’essayerai de me consacrer à mon pays et à mes compatriotes. Le reste n’est que menterie politicienne, aveu d’impuissance et humour de mauvais goût. Pour conclure sur cette question, le croyant que je suis n’oublie pas que : « l’Homme propose, Dieu dispose ».

Quel regard avez-vous de la situation politique du pays ?

Au lendemain de l’élection présidentielle du 30 août 2009, nous avions attiré l’attention de la communauté internationale sur les risques qui pesaient sur notre pays et le caractère dictatorial de ce pouvoir qui s’était installé dans la violence et contre la volonté exprimée par le peuple gabonais. Aujourd’hui, ce que nous dénoncions à l’époque se confirme chaque jour avec gravité.

De manière arbitraire, de hauts cadres de la Nation sont l’objet de mesures illégales de suspension de salaires pour les fonctionnaires et d’interdiction de sortie du territoire depuis 33 mois au seul motif qu’ils ont notoirement exprimé leur opposition à l’installation d’un pouvoir illégitime à la tête de l’Etat. Il n’y a contre ces hauts cadres, au nombre desquels on compte des professeurs d’Université, pharmaciens, ambassadeur et d’anciens directeur généraux d’Administration centrale, aucune poursuite judiciaire ni procédure disciplinaire. En droit, cela s’appelle de l’abus de pouvoir.

Pour délit d’opinion, depuis 2009, tous les hauts cadres gabonais ont été écartés de l’Administration et des organismes publics dans lesquels ils exerçaient et où leurs compétences et leur intégrité étaient reconnues.
Il n’est nul besoin d’en dire plus, tant le peuple gabonais, dans son immense majorité, a bien conscience désormais du péril qui menace notre pays, en tant que Nation et en tant que République.

Au mois de juillet dernier, le magazine « Jeune Afrique » notait que sous Omar Bongo, moins de 20% du PIB était utilisé pour l’investissement alors que son successeur en utilise 35% pour le même objectif d’investissement. A vos yeux, la réalité se dessine-t-elle selon l’analyse de cet hebdomadaire ?

« Jeune Afrique » aurait pu également noter que depuis l’indépendance du Gabon, jamais une loi de règlement n’avait été adoptée par ordonnance car cela est contraire à la Constitution, et que pour la première fois dans l’Histoire de notre pays, le Conseil des ministres a adopté en février 2013 une ordonnance portant règlement définitif du budget 2011. Se substituant ainsi au Parlement pour se prononcer sur sa propre gestion.

Votre confrère aurait tout autant pu relever que jamais depuis l’indépendance de notre pays, le juge des comptes n’avait refusé de déclarer conformes les comptes de l’Etat au terme d’un exercice budgétaire et que depuis que ce pouvoir illégitime s’est imposé à la tête de notre pays, aucun des comptes qu’il a présenté à la Cour des comptes n’a obtenu la déclaration de conformité de cette institution. Les comptes des exercices 2010 et 2011 n’ont pour ainsi dire pu être « certifiés » par le juge des comptes.

Ceci pour vous dire que le budget est une prévision. Ce qui compte ce n’est pas la prévision, c’est la réalisation. Et en termes de réalisation, donc en ce qui concerne l’usage qui est fait par ce pouvoir des ressources de l’Etat, il faudrait y consacrer un entretien exclusif. La réalité de notre pays aujourd’hui est bien plus triste et bien plus grave que vous ne l’imaginez. Et c’est avec gravité que je le dis. Notre pays se trouve entre les mains d’une bande de brigands qui, devant l’impuissance ou la complicité non assumée du Gouvernement et de toutes les autres institutions de la République, pillent notre pays au vu et au su de tous. Nos compatriotes n’en peuvent plus d’assister impuissants à ce spectacle. L’avenir nous dira…

Le pouvoir en place met oppose de plus en plus à l’opposition le bilan de ses réalisations : infrastructures routières, structures sanitaires rénovées ou en construction, complexe hydroélectrique comme le Grand Poubara. Le message n’est-il pas de dire à l’opposition qu’elle gagnerait à revisiter son discours ?

Allez donc demander aux populations de Libreville qui manquent d’eau potable depuis quatre ans et vous saurez. Rendez-vous donc dans un hôpital, n’importe lequel, et vous demanderez leur opinion à nos compatriotes que vous y rencontrerez.

J’ai entendu parler de la République des maquettes. Je dois à la vérité de dire que j’ai trouvé le qualificatif un peu dur au départ. Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit.
Quant aux exemples que vous prenez, tel le Grand Poubara et les routes, ils constituent la parfaite illustration de l’ingratitude de ceux qui ont commis l’ignominie de déclarer qu’ils avaient trouvé ce pays tel un champ de ruines. Parce qu’à ma connaissance, ces projets avaient bel et bien démarré avant 2009 et leurs financements entièrement garantis. Ce sont les entreprises adjudicataires qui sont parvenues à tenir leurs engagements qui sont à féliciter. Quant à ceux qui font de la récupération politique, ce petit jeu ne trompe personne.

Comment ressentez-vous la situation de l’insalubrité de la ville de Libreville ?

« Comme on fait son lit on se couche » dit le proverbe. La situation d’insalubrité est l’expression parmi d’autres de la vraie nature de ce pouvoir. Les Gabonais ne sont pas sa préoccupation. Pourquoi le seraient-ils, ils n’ont pas votés pour lui. La vie quotidienne des Gabonais ne préoccupe point ce pouvoir. Seul l’intéresse le pillage des ressources du pays.

Votre mot de fin ?

Les Gabonais de manière constante nous exprime leur détermination à être débarrassés de ce régime qui détruit notre pays, humilie son peuple et compromet l’avenir. Mon engagement, aux côtés de mes compagnons de l’Union nationale et des autres forces politiques, pour l’alternance politique dans notre pays reste entier et je suis plus que jamais déterminé à y parvenir.

Je crois qu’après quatre années, les uns et les autres ont définitivement compris que nous avons changé d’époque. Elle est désormais révolue la période des petits arrangements d’arrière-boutique. Nous sommes déterminés à débarrasser notre pays du pouvoir PDG émergent et vous pouvez me croire, avec l’aide des Gabonais, nous y parviendrons.  » Entretien paru dans la voix du nord -



Démocratie: le changement, ce doit être maintenant en Afrique et au Gabon!
21 septembre, 2013, 8:03
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Les élections locales attisent la convoitise au Gabon. Le régime le sait. L’opposition désunie part dans les plus mauvaises conditions, sans aucune garantie internationale sur la surveillance du pouvoir illégitime, sans avoir pu organiser de conférence nationale et sans que personne n’ait pu mettre en garde le clan Bongo dans ses pratiques de falsification.

Démocratie: le changement, ce doit être maintenant en Afrique et au Gabon! fh-elysee-300x111

La cacophonie règne donc dans les rangs de l’opposition. La France pourtant débarrassée de Sarkozy-Guéant- Bourgi ne hausse pas le ton sur le continent et semble se passionner pour la liberté…en Syrie, alors que chacun sait que les menaces de prise de pouvoir islamistes ne sont pas un vain concept. Des exemples récents sont là pour le démontrer.

La « Communauté internationale » est active sur les odieux massacres de population en Syrie, et Ban Ki Moon, en général si accommodant, prend un ton grave pour dénoncer l’usage du gazage des populations. Rappelons-nous en 2009 et en 2010 les appels à l’action internationale lorsque les populations de Port-Gentil ont été assassinées par le régime Bongo et que les cadavres ont été jetés à la mer par dizaines par les milices du clan. Mais, évidemment, le Gabon gêne, comme une grande partie de l’Afrique centrale dérange, des pays africains regorgeant de richesses naturelles dont la France et l’Europe auraient du mal à se passer.

Bien sûr, nous ne pouvons qu’approuver les 28 décisions opérationnelles qui forment les conclusions du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) portée par le ministre Pascal Canfin, qui font suite aux assises du développement.

Nous ne pouvons qu’approuver la concentration de l’Aide publique au développement sur certains pays et en excluant d’autres qui sont des scandales démocratiques et économiques comme le Gabon ou le Congo. Mais, l’exclusion de ces pays du champ des priorités ne fait pas une politique. En effet, pour ne parler que d’eux, ces pays sont sous-développés et 95% de leur population sont en dehors des seuils de pauvreté et vivent dans les pires conditions.

La responsabilité historique de la France est engagée pour avoir jusqu’à présent installé et couvert les agissements du clan Bongo au pouvoir depuis plus de 45 ans au nom d’intérêts dont il est difficile de comprendre en quoi ils étaient mieux protégés par des cliques malfaisantes.

Nous ne pouvons qu’approuver les initiatives de la France dans ses résolutions sur le développement, en tentant de soutenir les agricultures des pays en développement, en marquant son souhait de mieux aider en matière d’éducation (« capital humain ») et de santé.

Nous approuvons encore lorsqu’il est dit que la responsabilité sociale et environnementale est mise en avant, quand on sait, qu’au Gabon, le régime vend, à titre punitif pour les populations concernées, des territoires entiers du Woleu-Ntem à la multinationale Olam destinés à la plantation de l’hévéaculture anéantissant les cultures traditionnelles et détruisant les terres.

Nous sommes pleinement en accord avec l‘idée de la « transparence des flux financiers et à la mobilisation des ressources domestiques » , ou, à une lutte intense contre la corruption. Mais, attention aux Etats responsables de la corruption, qui seraient « chargés » d’en organiser la répression! C’est le cas au Gabon, où la corruption vient des sommets de l’Etat.

Les 28 orientations du Gouvernement français nous satisfont, mais il manque un volet poltique plus fort.

Nous souhaitons un nouveau « discours de la Baule ». Nous le voulons, cette fois-ci avec des actes forts. Nous souhaitons une mise en demeure directe des régimes corrompus : qu’ils se démettent et nous sommes près à discuter des délais.

Nous souhaitons que la France s’implique directement dans le processus électoral au Gabon de façon à empêcher le régime à organiser la fraude massive en utilisant le pouvoir d’Etat.

Nous souhaitons que la France organise la transition politique et le départ du clan Bongo. Il est temps au risque de casser tout espoir de solution politique commune entre le Gabon et la France.

Nous ne pouvons nous contenter de la politique des « petits pas », des politiques macro-économiques sur des grands thèmes qui ne contrarient personne et qui ménagent la plupart des intérêts financiers.

Après avoir tant espéré et lutté en faveur de la chute rapide de M. Sarkozy, nous sommes en attente d’initiatives de la part du pouvoir français

Une autre étape est maintenant à franchir dans l’histoire tumultueuse de la gauche gouvernementale et de la démocratie en Afrique, et cette étape ne saurait se limiter à deux beaux exemples, le Sénégal et le Mali. 



17 août 1960 – 17 août 2013 : Indépendance du Gabon ? tout reste à faire !
17 août, 2013, 22:46
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17 août 1960 – 17 août 2013 : Indépendance du Gabon ? tout reste à faire ! drapeau-gabonais-300x225

 

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 Mengue M’Eyaà, présidente du conseil exécutif – Mouvement Civique du Gabon

 Citoyens, et citoyennes gabonais-e-s,

Chaque année, le 17 août, le régime se livre à un exercice laborieux d’auto-satisfaction mimant l’unité nationale qu’il ne représente pas.

L’Indépendance a été dans l’histoire un moment de fierté pour les populations africaines,mais très rapidement celles-ci ont dû déchanter. En effet, l’intervention de la France et de Jacques Foccard, installant au pouvoir des hommes liges , ont jeté un doute sur la réalité de « l’indépendance ». Ce doute s’est transformé en certitude jusqu’à aujourd’hui.

Le Gabon a connu en 1964 de vrais patriotes qui ont renversé le président Léon Mba pour tenter à cette période d’instaurer la démocratie. Ces patriotes militaires et civils ont marqué l’histoire du pays. IIs ont disparu de l’histoire officielle du Gabon en même temps qu’ils ont été emprisonnés ou éliminés sur intervention de l’armée française. La Françafrique née avec les Indépendances connaissait au Gabon la preuve matérielle de son existence que nous connaissons jusqu’à aujourd’hui.

Peut-on imaginer un pays dans lequel le poste de secrétaire général de la Présidence de la République gabonaise est occupé par un Français ? C’est le cas du Gabon aujourd’hui. Pour autant, il est fort peu probable qu’un (e) Gabonais (e) puisse occuper un tel poste à l’Elysée . Indépendance ?

Cest donc à la mémoire de ces premiers combattants de la démocratie que le Mouvement civique du Gabon dédie ce 17 août.

A partir de 1967, Léon Mba ayant été écarté du pouvoir peu avant sa mort – dont certains disent qu’elle fut précipitée -, Albert Bernard Bongo a dès lors été installé par les Français, ouvrant la période d’une dictature corrompue, qui s’est prolongée jusqu’à aujourd’hui.

Les différentes mobilisations populaires contre le régime (1981, 1990, 1993, 2009) ont à chaque fois été réprimées dans la violence et dans le sang. Le multipartisme obtenu par les populations en 1990 a été remis en cause progressivement en vue de son abolition.

La richesse du pays a été dilapidée par l’enrichissement du clan qui occupe le pouvoir depuis plus d’une quarantaine d’années. Les structures élémentaires de vie sociale en matière de santé ou d’éducation sont défaillantes. Le Gabon est dans un état de sous-développement 50 ans après les indépendances et presque autant d’années sous le joug du clan Bongo

Le coup d’Etat électoral d’août-septembre 2009 est la poursuite des méthodes des années 60. La France a avalisé la fraude à travers des émissaires officieux. Mme Rogombe, présidente par intérim après la mort d’Omar Bongo, et Mme Mbourantsuo, présidente du conseil constitutionnel, ont été convoquées à l’Elysée peu après l’élection afin d’obtenir que M. Bongo soit proclamé vainqueur des élections qu’il avait largement perdues.

Ce 17 août 2013 serait passé inaperçu au Gabon si la gauche en France n’était pas au pouvoir depuis un peu plus d’une année. Elle continue à susciter un espoir et une attente de la part du peuple gabonais.

Elle a démontré au Mali qu’une élection présidentielle pouvait avoir lieu dans des conditions normales, à deux tours. Les multiples candidats ont joué le jeu de la démocratie dans ce pays, et se sont maintenus ou ralliés auprès des mieux placés au second tour. Rappelons nous que l’élection présidentielle a été à un seul tour au Gabon.

Les seules élections à venir en 2013 sont locales. Depuis 2009, le régime a empêché toute évolution sur la sincérité des scrutins de façon à continuer d’ organiser sans contraintes la fraude massive, à tel point, que même les élections locales, dont l’intérêt est déjà limité compte tenue de la faible décentralisation des collectivités locales, sont compromises.

Le Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon appelle à la non participation aux élections locales. Face aux blocages du régime, les conditions ne sont pas remplies pour un exercice apaisé dans leur déroulement Tant que le régime ne sera pas contraint, il paraît clair que la situation ne pourra se débloquer.

Le 17 août sera une véritable fête de l’Indépendance lorsque la démocratie sera installée dans notre pays.

Vive l’Indépendance, et vive la République libre du Gabon !

Mengue M’Eyaà 

Présidente du Conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon



Quand Ali Bongo rêve d’être populaire au Gabon… grâce au Football Français!
4 août, 2013, 18:07
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Les Gabonais aiment le football.

Quand Ali Bongo rêve d'être populaire au Gabon... grâce au Football Français! psg-gabon-2-300x199

Le régime illégitime le sait. Il veut donc utiliser la passion des Gabonais pour le football en la détournant en sa faveur. Ii est impopulaire depuis son coup d’Etat électoral en 2009 lorsqu’il a été installé par Sarkozy-Guéant-Bourgi.

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Comme Ali Bongo est l’homme le plus impopulaire du pays, y compris dans la province originelle d’Omar Bongo, le Haut-Ogoué, dont il ne parle même pas la langue, une vaste opération de communication est menée  au niveau international pour  rendre M.Bongo fréquentable. Ceux qui tirent profit de l’organisation de tels événements voudraient distiller l’idée selon laquelle c’est  un homme « éclairé » et « moderne », alors que la répression est féroce et impitoyable et que règne une atmosphère de terreur envers ceux et celles qui s’opposent au régime. Les commandes d’armes se poursuivent notamment dans les derniers temps vers  la Turquie. La vidéosurveillance de Libreville est surdéveloppée non pour lutter contre la délinquance, mais pour mieux surveiller les opposants. Des délinquants sont d’ailleurs utilisés pour agresser les opposants.

 

La dernière trouvaille est d’avoir fait venir le week-end du 3 et 4 août les équipes du PSG et de Bordeaux à Libreville, capitale du Gabon. A l’aide du réseau des pays pétroliers, de l’OPEP à laquelle  fait partie le Gabon, et de ceux qui gèrent le Qatar, le PSG et Bordeaux,  deux équipes françaises viennent faire un tour au Gabon sans se soucier de ce qui se passe au Gabon. N’oublions pas que dans années 70-80, le Gabon était considéré comme le « Qatar de l’Afrique ». Le Qatar est développé et le Gabon avec seulement 1,5 million d’habitants sombre dans le sous-développement. En 50 an.s, le Qatar est devenu un des propriétaires du PSG tandis que le Gabon en est toujours au même point: le sous-développement le plus total et la croissance de 6% dont parle le régime ne profite qu’à 1 % de la population.

 

Un nouveau scandale d’État ? Le chiffre de 800.000 euros par match circule lorsqu’il n’y a pas d’eau courante à l’hôpital général d’Oyem ,dans le Nord du Gabon (province du Woleu-Ntem). Les structures de santé au Gabon sont dans un état de délabrement à tel point que les malades doivent venir à l’hôpital général de Libreville avec leurs médicaments.

 

Le putschiste livre une« interview » dans le Figaro le 3 août, journal qui a soutenu de bout en bout Nicolas Sarkozy. Disons que cette interview a dû être écrite par les nouveaux Thénardier du Gabon, M. Attias et l’ex-Mme Sarkozy, qui ont trouvé au Gabon un nouvel Eldolrado financier.

 

Dans « l’interview », on est horrifié de voir Bongo – ou ceux qui ont rédigé l’interview pour lui car il en est bien incapable – oser citer Senghor, alors que chacun sait que le clan Bongo a très peu fréquenté les établissements scolaires. Le savoir n’a jamais été leur passion. Ils n’ont jamais aimé la culture. Leurs  diplômes ont été obtenus sur interventions partout dans le monde aux fins de leur donner un minimum de respectabilité. La forfaiture et la manipulation n’ont donc aucune limite.

 

De plus, le concept du« donner et du recevoir », chez Senghor, se fait dans le cadre du dialogue des civilisations des peuples du Sud et ceux du Nord. Utiliser cette citation n’a pas de sens dans le contexte d’une opération de promotion business, telle que le régime l’a mise en œuvre.

 

A nouveau, le conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon dénonce la gabegie financière, A la vue de ce spectacle, il est logique que la France n’ait pas retenu le Gabon, pays à revenu intermédiaire, au nombre des pays prioritaires de l’aide publique au développement. Pour autant, le peuple gabonais continue à souffrir. Pascal Cafin a annoncé que l’utilisation des crédits rassemblés pour le développement et la reconstruction du Mali sera vérifiable à partir d’un site internet. ll serait bon que cette disposition, faite pour combattre la corruption et les détournements de fonds, soit élargie au Gabon, notoirement connu pour la prédation, le gaspillage la captation des budgets publics. Il serait en effet   indécent d’accorder la moindre aide à un pays capable de dépenser de telles sommes pour faire venir des équipes françaises de football, même si elles sont prestigieuses.

 

Il est inacceptable que le régime tente de récupérer les sportifs gabonais.

 

On sait par exemple que Aubameyang, jeune prodige du football, est français .Mais, il a accepté de mettre sa compétence au service du pays de son père.

Pierre Aubame, surnommé Yaya par les Gabonais, ancien international et entraîneur national du Gabon, père d’ Aubameyang.

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Ni sa formation en football, ni son éducation n’ont été assurés par le pouvoir, mais par ses parents. Son père est Pierre Aubame, ancien entraîneur national de l’équipe gabonaise et ancien international en Europe et en Amérique latine. Il est donc curieux que le régime tente de récupérer Aubameyang. C’est donc le talent individuel d’un jeune Français, avec une double culture, qui aime son pays le Gabon et qui a mis son talent au service du peuple gabonais , et ce malgré le régime.

 

 

Il en est de même dans d’autres domaines sportifs. Par exemple, le régime a décidé de« tuer » le cyclisme gabonais, qui, grâce aux efforts de Thomas Franck Eyaà, commençait à sortir de l’inconnu pour le porter à l’international.

 

Le ministre de la Jeunesse et des sports et quelques aigrefins de son ministère ont décidé, en complicité avec la fédération internationale de cyclisme, de l’ écarter de la direction de la fédération, qu’il avait crée avec ses deniers personnels dans la plus grande solitude, pour placer un homme-lige, plus docile et prêt à partager l’argent du cyclisme avec ses maîtres et ses complices. Le Conseil d’État, plus haute juridiction gabonaise, a donné raison aux arguments de M. Eyaà. Mais, au Gabon, contrairement à tous les pays du monde, un ministre peut s’opposer à une décision de justice. Et, ce ministre continue à narguer le Conseil d’État. Où sommes-nous donc ? Quel est ce pays dans lequel un ministre peut s’affranchir des décisions des plus hautes juridictions ?

 

Le Gabon perd ses dernières libertés publiques en même temps qu’il décline au plan économique. Une bande d’escrocs, sous la coupe d’un « directeur de cabinet » béninois, son gourou vaudou,  quasi illettré, met le pays sous coupe réglée. Des officines de barbouzes sont recyclées pour servir les intérêts mafieux de la Françafrique. Les Gabonais sont sensés assister en spectateurs au spectacle  ou d’être heureux sur commande du régime qui leur offre les « jeux du cirque » à travers le sport business et ses filières internationales…

 

Autre contribution du régime à la destruction de la démocratie : l’anéantissement de la Cité de la démocratie, symbole des évènements de 1990, dans laquelle aurait dû être proclamé le nom du vainqueur à la présidentielle de 2009, Pierre Mamboundou ou André Mba Obame, à Libreville qu’il veut transformer en… terrain de golf, sport totalement inconnu au Gabon. Il en existe un autre actuellement à Libreville (quartier Lalala fréquenté par l’élite locale et les Européens qui sont passionnés de golf).

 

Est- ce que l’urgence au Gabon était d’envisager un terrain de golf ?

 

Que faut-il faire ?

 

L’heure est à la révolte.

 

« Indignons-nous pour notre pays ».

 

Il faut que ce régime Bongo, de pure communication, soit chassé.

 

Le peuple gabonais est patient et digne. Nous n’accepterons pas longtemps qu’on vienne nous marcher dessus au vu du monde entier jusqu’à devenir la risée.

 

Mengue M’Eyaà

 

Présidente du conseil exécutif

Mouvement civique duGabon

 

http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

 



Le mouvement civique du Gabon met en garde l’Association de lutte contre les crimes dits « rituels » contre la récupération politique du régime.
29 juillet, 2013, 23:35
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La présidente du Conseil exécutif du mouvement civique du Gabon s’est rendue le 20 juillet au centre international de séjour à Paris à la réunion organisée par le président de l’Association de lutte contre les crimes rituels, Jean Elvis Ebang Ondo.

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Le Mouvement civique du Gabon a sur ce sujet pris position à plusieurs reprises contre cette forme de criminalité, appelant les ambassades occidentales sur le territoire gabonais à prendre conscience de cette violation particulière des droits de l’Homme, des femmes et des enfants . Il a pris connaissance avec satisfaction de la réaction des ambassades de France et des Etats-Unis au Gabon, après son interpellation sur ce sujet, qui n’ont pas hésité à recevoir des associations gabonaises de lutte contre ces crimes.

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L’ayant accueilli sur Paris l’été dernier, et ayant participé avec une délégation de l’opposition à un rendez-vous avec le conseiller du président de la République française, il était question d’éclaircir la position de Jean Clovis Ebang Ondo sur son association avec le régime dans l’organisation d’une manifestation à Libreville.

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Comme cela était prévisible, et compte tenu de son attitude politique qui a mis en méfiance les citoyens gabonais en France comme au Gabon, la réunion qui s’est tenue à Paris en très petit comité n’a pu rassembler que 6 personnes.

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Mme Mengue M’Eyaà a fait le rappel de la position de l’opposition gabonaise sur les crimes dits « rituels ».

Sur la forme,

Il a été rappelé que le MCG ne se reconnaît pas dans le terme de « diaspora », utilisé par M. Jean Elvis Ebang Ondo qui est impropre pour qualifier les Gabonais de l’extérieur.

Il est préférable d’évoquer les Gabonais de l’extérieur, car les Gabonais sont toujours très proches de leur pays et n’ont pas constitué une culture distincte qui pourrait générer une identité culturelle d’une « diaspora » telle qu’on l’entend habituellement. Par ailleurs, une diaspora peut être sans pays ce qui n’est pas le cas des ressortissant-e-s gabonais-e-s.

Le mot « diaspora », utile pour une association de quartier perd son sens dans le cadre d’un combat politique sur des enjeux nationaux ou internationaux. Par ailleurs, toutes les organisations qui se sont dénommées sous le label « diaspora » ont fini par être récupérées par le régime. Un vote réunissant les Gabonais a d’ailleurs conduit à l’éviction du terme de diaspora. Le terme « diaspora » donne l’illusion d’une communauté homogène, or, c’est un s logan qui vient en appui d’un projet politique.

Le Mouvement Civique du Gabon, organisation politique, ne se reconnaît donc pas sous le label « diaspora ».

Par ailleurs, il se serait souhaitable que lorsqu’un acteur politique ou associatif vient du Gabon, les échanges soient interactifs, et qu ‘ils aient lieu de manière publique et collective. Cela participe de la formation d’une conscience politique collective et civique, méthode de prédilection du Mouvement Civique du Gabon.

Sur le fond,

1° Les crimes doivent être signalés à l’Organisation mondiale de la Santé, car il est possible que des trafics d’organes soient sous-jacents.

2° La stricte séparation entre les croyances religieuses et l’enquête sur ces crimes est impérative pour écarter toute interprétation magico-religieuse qui n’a pas sa place dans les procédures judiciaires et dans l’interprétation des crimes.

3° La justice gabonaise et la police judiciaire sont défaillantes en raison de la nature non-démocratique du régime, qui exerce un contrôle direct sur ces institutions.

4° Des membres du parti-Etat sont complices des crimes. Ils doivent être démasqués et empêchés de nuire.

5° Aucune des cultures gabonaises n’est anthropophage. Il faut donc écarter l’argument culturaliste pour justifier les crimes « rituels », qui n’ont rien de « rituels ». Ce sont tout simplement des crimes et leurs auteurs doivent être traduits devant la justice africaine ou internationale. Les instances onusiennes chargées des Droits humains pourraient être utilement saisies.

Face au plaidoyer pro-domo du président Jean Clovis Ebang Ondo, il a été rappelé qu’aucune complaisance ne peut être accordée au régime gabonais, et à son caractère intrinsèquement liberticide et meurtrier.

Par conséquent, le conseil exécutif rappelle à l’ALCR à l’ardente nécessité de choisir son combat :

la lutte contre les crimes rituels avec les démocrates gabonais ou avec ceux qui sont incapables depuis 45 ans de juguler ce grave problème installé au cœur du pouvoir gabonais. La présence de Mme Bongo dans ce cortège était un acte politique de récupération du clan Bongo.

Il était naturel et compréhensible que les associations et partis politiques constamment réprimés ne veuillent pas manifester aux côtés des membres du régime.

Il est étonnant que M. Jean Elvis Ebang Ondo soit plus sévère envers des opposant-e-s gabonais-e-s, qui ont fait l’objet d’arrestations, même si ceux-ci peuvent être parfois maladroits, qu’envers les membres du régime dont la responsabilité collective est établie depuis plus de 45 ans.

Il n’y a pas de neutralité possible.

 

L’ALCR est donc mise sous observation et devra donc prouver qu’elle n’est pas l’instrument du régime gabonais que le Mouvement Civique du Gabon, et d’autres, ne reconnaissent pas.

 

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon

 

Présidente du mouvement civique du Gabon



De la coopération au développement : une approche locale ?
8 juillet, 2013, 21:29
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                                                                           Mengue M’Eyaà avec Pascal Canfin, ministre du développement

Depuis les « Indépendances » africaines des années 60, les pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales, et les citoyens n’ont cessé de s’interroger sur les mécanismes du développement. Une des pensées les plus fécondes sur ce thème est sans doute Esther Duflot à travers l’ouvrage qu’elle a co-écrit  avec Abhijit V.Banerjee: repenser la pauvreté (éditions Seuil). Un des points essentiels de cette interrogation est de tenter de comprendre comment les anciennes colonies de l’Europe sont désespérément restées en retard par rapport aux normes de développement les plus orthodoxes. Cette réalité est encore plus visible si on les compare à d’autres aires géographiques ravagées par la seconde guerre mondiale ou même issues de domination coloniale persistante.

Faut-il développer à partir de doctrines pré-établies comme ont tenté de le faire certaines idéologies politiques prônant le développement et conduisant aux pires catastrophes ? Faut-il une approche empirique de celui-ci, voire micro-locale et mettre à l’écart l’État dont on voit les limites et les incohérences ?

C’est là tout l’enjeu d’une approche par les territoires. Les ONG sont à la croisée du chemin. A la fois, proches des populations, elles sont obligées pour interagir de « collaborer » avec les pouvoirs en place au risque d’y perdre une partie de leur âme en fermant les yeux sur les à-côtés de leurs interventions. En effet, répondant aux besoins immédiats des populations, leur « activisme humanitaire » ne correspond pas nécessairement aux critères de contrôle politique mis en place par des régimes non-démocratiques. Elles sont alors conduites à déployer une diplomatie visant à ne pas effaroucher les potentats locaux pour pouvoir continuer d’intervenir auprès des populations.

Agir sur le terrain en Afrique revient en fait à revendiquer une parcelle d’influence, qui devient très vite insupportable aux Etats. On ne reviendra pas sur la nature de l’Etat en Afrique que Jean-François Bayard1 a contribué à qualifier à travers la « politique du ventre » Le fait est que, rarement issu d’un processus « rationel-légal », il est l’instrument de groupes disposant des moyens de la violence dont l’apparence seulement est légitime, pour continuer à suivre l’analogie avec Max Weber.

Mais, l’Etat sur le continent s’analyse aussi par le constat de facteurs objectifs, qui, même dans des conditions d’efficience classique, le heurterait à une impuissance consubstantielle :

  • L’immensité des territoires rend difficile le contrôle réel de ceux-ci. Cette réalité a été vue avec acuité dans le récent conflit malien. Toute une partie du pays était en passe d’être contrôlée par des groupes extérieurs avant l’intervention française.

  • Même avec une gestion harmonieuse et conforme aux critères européens, les budgets nationaux seraient, à de rares exceptions, insuffisants pour couvrir les besoins sociaux de la population.

  • A la décharge des États, les groupes de pression économiques et financiers, endogènes et surtout exogènes – multinationales – utilisent tous les moyens visant à préserver leurs intérêts face à des pouvoirs peu sensibles à l’intérêt général. En ce sens, la proposition du Président de la République François Hollande est une victoire au moins sur les sociétés multinationales françaises en exigeant une forme de transparence financière de leurs comptes notamment lorsqu’elles ont des activités extérieures – Total détient la majeure partie de son activité en dehors des frontières françaises.

  • Mais, ce premier pas n’est valable qu’à l’échelle de la France et laisse évidemment de côté toutes les autres multinationales.

Ces éléments esquissent les limites de l’action étatique.

L’action internationale de la France a été relancée avec la venue de François Hollande. Dans les 5 dernières années, il a fallu constater une rare dépréciation de l’action gouvernementale française en matière de développement accompagnée d’une philosophie politique étonnamment régressive manifestée par le discours de Dakar du Président Sarkozy au cours duquel, selon lui, « les Africains n’étaient pas entrés dans l’histoire ».

Les promesses du nouveau Président de la République ont été de renverser la conception néo-conservatrice  en relevant le niveau de l’aide publique au développement, et en lançant de nouveaux champs de réflexion autour de cette question.

Alors que les « affaires africaines » étaient précédemment gérées sur le mode des « réseaux » néo-foccardiens (mélange d’affairisme et de stratégies néo-coloniales de la part d’individus ou de groupes d’entreprises), François Hollande sépare l’action diplomatique classique du ministère des affaires étrangères, qui traite du continent africain comme de tous les autres et les politiques de développement, en tentant de faire de ces dernières un outil de travail pour la France et l’Afrique plutôt qu’un instrument de clientélisme international.

Pascal Canfin, connu pour ses combats contre les fraudes financières internationales et la corruption, est devenu ministre du développement à la suite de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Il a été chargé de piloter l’ensemble des travaux autour des assises du développement.

Ainsi, faut-il appréhender la tenue des assises du développement clôturées le 1er mars 2013 après 4 mois de travaux sous la forme d’ateliers2. Les acteurs étatiques classiques -ministères, AFD -, les ONG, les élus locaux des différentes collectivités et même le tissu associatif des ressortissants africains et d’autres continents ont pu y participer et apporter des contributions.

Que faut-il retirer des assises du développement ?

La diversité des intervenants, comprenant des structures critiques des conceptions étatiques de la coopération nord-sud, a permis un climat propice à des avancées pratiques pour améliorer le développement.

A court terme notamment, deux propositions à effets immédiats ont été lancées :

  • La présentation au Parlement d’une loi d’orientation et de programmation sur le développement, une première dans l’histoire de la V è République. Dès 2013, le montant de l’APD a été porté à 3,1 milliards d’euros, et la France contribue à 10 % de l’aide publique au développement mondial.

  • La perspective de création d’un conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI)

Mais, en dehors de ces propositions essentielles de nature institutionnelles (la « boîte à outils » aurait pu dire le Président de la République), c’est une véritable « refondation » qui a été proposée à travers la mise en exergue du fait territorial au centre de nouvelles stratégies de promotion du développement.

Pour succéder au quasi-immobilisme des 10 dernières années – à l’exception peut-être de la taxation des billets d’avions dont le produit était destiné au financement du développement -, le biais territorial était depuis de nombreuses années dans les esprits de tous les acteurs soucieux de faire avancer l’amélioration des conditions des populations du Sud depuis les années 50 et 60. Partant de l’idée d’un échec des coopération d’État à État, l’approche locale s’avère beaucoup plus fructueuse, sans qu’il ne soit nécessaire de la « fétichiser »à son tour.

C’est le sens du « Manifeste pour le dialogue des territoires » notamment défendu par Global Local Forum. Il s’agit de redonner toute leur place aux projets de proximité au service de petites communautés humaines, en appui de réalités vécues sur des espaces maîtrisés. Ces petites communautés peuvent être évidemment des collectivités locales décentralisées ou des organisations d’Etat déconcentrées si le système politico-institutionnel est suffisamment avancé sur un tel degré d’organisation. Cela est rarement le cas, car les échelons d’administration territoriale quand ils existent, sont souvent bâtis sur le modèle pyramidal étatique visant à contrôler les populations, moins à générer des capacités d’autonomie, et encore moins à produire du développement.

Ce qui est visé n’est donc pas l’architecture institutionnel décliné au plan local mais bien l’humain, le village ou la communauté de village, pour être encore plus précis, les villageois ou les habitants des petites villes. Comme l’indique le manifeste, ce n’est pas un « habillage conceptuel des séparatismes ». Le développement territorial est compatible avec des politiques de programmation nationales à condition qu’elles existent au plan local.

  • Ainsi, au Gabon, dans l’Ogoué-Maritime, renforcer un centre hospitalier de Port-Gentil ne correspondait à aucune politique publique nationale particulière. Le volontarisme des personnels locaux, puis l’intérêt manifesté par l’hôpital de Bondy ont permis que s’organisent, avec l’appui du maire progressiste Pierre-Louis Agondjo Okawe, et des élus de Bondy (Seine-Saint-Denis), des échanges entre personnels. Le déplacement en France des soignants de l’hôpital Paul Igamba de Port-Gentil a été la preuve d’un travail de terrain avec des formations complémentaires utiles. Les échanges de bonnes pratiques au plan territorial par des acteurs de terrain sont un des procédés d’amélioration du développement.

  • A Djéol, en Mauritanie, une action de coopération internationale avec Noisy le Sec (Seine-Saint-Denis) s’est bâtie depuis une trentaine d’années dans un contexte de total désintérêt de l’Etat mauritanien, car le village concerné, constitué de populations noires, n’intéressaient que très faiblement l’Etat central. Ainsi, pour compenser l’absence totale de l’Etat, les communautés djéoloises de l’extérieur – en Europe ou aux Etats-Unis – se sont elles-mêmes organisées en vue de collecter des fonds visant à co-financer avec Noisy le Sec un projet de centre de santé destiné, en priorité, à la santé des femmes.

    Compte tenu de la qualité de la structure ouverte en 2011, des pressions locale et française, l’Etat mauritanien a été amené à devoir s’intéresser à une structure de santé qui commençait en matière de santé publique à rayonner au delà du seul village de Djéol. Il s’est donc résolu à pourvoir en personnel soignant le poste de santé construit et doté dans sa totalité par la commune de Noisy le Sec en partenariat avec l’association des ressortissants djéolois de France (ARDF). Bel exemple de solidarité internationale sans compter également l’appui technique d’une ONG d’ingénieurs en retraite, missionnée par la ville de Noisy le Sec, qui ont apporté un savoir-faire et une expertise de contrôle du chantier qu’il aurait été difficile aux acteurs de financer à leurs coûts réels3.

Comme on peut le voir dans ces exemples, la coopération décentralisée4 n’est pas oubliée, car, datant officiellement d’une vingtaine d’années, elle a fait ses preuves notamment dans les pays africains dans lesquels les élus locaux ont un minimum de légitimité démocratique.

Comment définir la coopération décentralisée ? On peut reprendre à notre compte la définition qu’en donne le ministère des affaires étrangères : ce sont des actions menées par les collectivités territoriales françaises directement et en partenariat avec des collectivités territoriales des pays du Sud, dans différents domaines comme l’eau, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation, etc…

Dans ce cadre, le développement local y trouve tout son intérêt. La ville de Paris5 a pu mettre en œuvre avec les villes de Cotonou et d’Abidjan une politique partagée d’aménagement des zones lagunaires et marécageuses. En effet, des zones entières font l’objet d’un habitat anarchique dans des espaces non aménagés aux abords de ces deux immenses capitales. L’Union européenne a apporté son soutien à ce projet à la fois local mais structurant compte tenu des enjeux démographiques et environnementaux.

Le rôle des organisations non gouvernementales a été souligné par les assises du développement6. Une place toute particulière leur a été réservée. 700 d’entre elles étaient représentées. Le chantier n° 4 des assises du développement a énoncé le rôle essentiel des ONG dans l’intermédiation entre les États et les société civiles. Le doublement de l’aide par leur canal a été affirmé, notamment au niveau de l’Agence Française du Développement, laquelle doit réviser et discuter avec elles des dispositifs à mettre en place. La fiscalité devra leur être encore plus favorable.

Le vecteur environnemental est le plus complexe à mettre en œuvre compte tenu des enjeux économiques qu’il rencontre au sud et au nord, et dans la relation entre les deux. Mais, il est aussi le plus prometteur car il va permettre d’éviter les orientations productivistes pour plutôt réfléchir à une meilleure adaptation aux modes de vie des populations. Face au changement climatique, en raison des énergies tels que le soleil et l’eau, la biodiversité et les forêts, les pays du Sud n’ont pas besoin de passer par le modèle productiviste européen pour se développer.

Par conséquent, il n’est pas inutile d’avoir précisé que les objectifs sont de préserver la planète tout en favorisant – ce qui semblerait logique – l’accès de chacun aux ressources énergétiques et à l’eau. Au delà des bonnes intentions proclamées, les stratégies de l’Agence française du développement seront valorisées dès lors qu’elles auront un lien avec l’énergie, l’agriculture, la biodiversité. Pour prendre un exemple concret, l’AFD ne financera plus de centrales à charbons sans mécanisme de récupération de CO2.

Enfin, un volet de défense des droits humains a été repris dans les conclusions des travaux, qui sont en conformité avec l’analyse faite sur le développement.Le respect des exigences démocratiques, la lutte contre la corruption, le renforcement de l’Etat de droit, ou la promotion du droits des femmes ne sont pas des combats anecdotiques par rapport aux droits économiques et sociaux. Il est annoncé que les politiques de développement en prendront compte pour l’avenir.

En guise de conclusion provisoire, le Président de la République a fait le lien avec le cœur de son discours sur le développement tenu lors de la campagne électorale.

Il a ainsi prononcé des moments forts et attendus sur le plan des relations France et Afrique. En écho aux travaux menés au cours des assises, il a rappelé que la politique de développement doit notamment se faire à partir de critères politiques7 « c’est-à-dire l’exigence démocratique, qui est d’ailleurs une condition du développement et pas simplement son aboutissement ».

  Dans ce cadre, la lutte contre la corruption est une dimension essentielle : « la corruption s’entretient mutuellement, pour qu’il y ait des corrompus, il faut qu’il y ait descorrupteurs. Ca va dans les deux sens ». Et il évoque aussi le « renforcement de l’Etat de droit, et d’institutions capables de protéger les personnes ».

  Après avoir rappelé l’accroissement de l’aide publique au développement française, il souhaite que l’évaluation et l’impact de notre aide s’améliore. « Des indicateurs seront introduits pour gagner en transparence, en efficacité et en respect des objectifs de diversité. », d’où le rôle souhaité des ONG peu suspectes de défendre tel ou tel intérêt privé ou apparemment public. François Hollande a rappelé la nécessité d’une « clarté et d’une transparence pour les industries extractives », précision bien utile dans le contexte africain.

  Puis, il a conclu sur les biens mal acquis : « nous serons également attentifs, pour ne pas dire exigeants, dans la lutte contre les flux illicites de capitaux et également par rapport aux biens mal acquis. La justice fera, en France, en toute indépendance son travail jusqu’au bout ». La Justice peut donc à sa façon contribuer à l’effort commun en faveur du développement.

Après 15 années d’absence de débats, Les Assises du développement du 5 novembre au 1er mars 2013 sur la solidarité internationale ont été un moment inaugural de la relance politique de la France sur cette question.

L’approche territoriale n’est pas la solution à tous les problèmes du développement, mais, elle permet de répondre aux besoins de proximité des populations. Il est normal que de ce point de vue, la France puisse afficher une vision plus modeste de l’action étatique au profit des collectivités, des associations internationales, ou des citoyens qu’ils soient d’ici ou qu’ils soient de là-bas…

Mengue M’Eyaà

 Co coordinatrice de Global Local Forum

http://www.global-local-forum.com

 Présidente du conseil exécutif 

Mouvement Civique du Gabon

Présidente du Mouvement Civique des Femmes

1« L’Etat en Afrique » de Jean-François Bayard – Fayard -

219 tables rondes, 600 participant-e-s réparti-e-s dans 6 collèges, ONG, Etat, entreprises, chercheurs, élu-e-s nationaux et européens. Le comité de pilotage était constitué de 15 ministères. Au total, 250 contributions ont été écrites et publiées.

3Selon le témoignage de M. Helmut Bonnet qui exerçait au moment de la réalisation du centre de santé à Djéol les fonctions de conseiller municipal délégué à la vie associative et aux relations internationales de la ville de Noisy le Sec.

 

4Plus de 4800 collectivités territoriales françaises sont engagées à l’internationale avec plus de 12500 projets de coopération décentralisée.

5Notons que Paris a été une des premières villes françaises à organiser ses propres assises du développement.

6Selon le recensement communiqué par le ministère des affaires étrangères, il est compté plus d’un million de bénévoles mobilisés pour la solidarité internationale et le développement durable  et plus de 300 Ong de dimension nationale qui œuvrent au développement.

7Il faut d’ailleurs noter la présence du Président de la République sénégalaise, M. Macky Sall.



Le M.C.G rend dommage à Pierre Mauroy, ancien Premier ministre, qui a soutenu les démocrates gabonais.
8 juin, 2013, 21:22
Classé dans : Non classé

Le M.C.G rend dommage à Pierre Mauroy, ancien Premier ministre, qui a soutenu les démocrates gabonais. mengue-pierre-mauroy-300x225

Mengue M’Eyaà et Pierre Mauroy

Les démocrates gabonais présentent leurs condoléances à la famille de Pierre Mauroy, homme d’Etat, ancien premier ministre, qui a pris le soin de venir au Gabon et a rencontré les résistants gabonais malgré un rendez-vous imposé avec Bongo.

Malgré les pressions du régime, Pierre Mauroy avait tenu néanmoins à honorer ce rendez-vous avec ceux qui luttent en faveur de la fin d’une dictature de plus de 45 ans.
Sous son impulsion, une équipe du PS s’était rendue au Gabon pour aider les démocrates gabonais à lutter contre les fraudes du régime dans les processus électoraux. Pierre Louis Agondjo-Okawe, alors président du Parti gabonais du Progrès (parti associé à l’Internationale socialiste), et Pierre Mauroy s’appréciaient mutuellement.
La disparition de Pierre Mauroy est aussi pour nous la perte d’un soutien inconditionnel aux hommes et aux femmes qui veulent le changement en Afrique et au Gabon.
Il était un internationaliste convaincu et ne mimait pas ses convictions. Il avait une bienveillante autorité et a apporté beaucoup de réformes majeures pour la France dans le premier septennat de François Mitterrand.
« La terre, c’est la seule que nous ayons. La vie, c’est la seule que nous vivons. Il n’est pas d’autre choix: prendre conscience de l’oppression, de la misère, du désespoir et prendre le moyen de les faire reculer », disait François Mitterrand.

La vie politique de Pierre Mauroy a incarné ce combat!

 

Mengue M’Eyaà

Présidente du conseil exécutif

Mouvement Civique du Gabon



- STOP AUX CRIMES RITUELS – POUR UNE INTERNATIONALE DU REFUS
12 mai, 2013, 12:07
Classé dans : Non classé

Communiqué de presse du

Mouvement Civique du Gabon

- STOP   AUX CRIMES RITUELS  –   POUR UNE INTERNATIONALE DU REFUS drapeau-gabonais-300x225

Le Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon dénonce les nouvelles arrestations arbitraires intervenues au cours des manifestations contre les crimes rituels à Libreville le 11 mai 2013.

Plusieurs démocrates gabonais et responsables d’ONG, Blanche Abegué, Georges Mpaga, Auguste Eyene,JuniorTchissamboet  ont en effet été arrêtés sans raison alors qu’ils défilaient pacifiquement dans un défilé distinct de celui dans lequel se trouvait l’association de lutte contre les crimes rituels (ALCR), et auquel s’était agrégée Mme Bongo, attirant des soupçons justifiés de récupération au profit du régime illégitime.

Après cette manifestation, L’ ALCR doit d’ailleurs clarifier très rapidement sa position.

Le journaliste de RFI, Yves Laurent Ngoma, a été également bousculé par les forces de l’ordre, rappelant en passant les pratiques du régime à l’endroit de la presse gabonaise et internationale dans un rapport récent de « Reporters sans frontières ». Après la répression exercée sur TV +, le Mouvement Civique du Gabon proteste pour la façon dont la presse gabonaise et internationale est traitée, et particulièrement ce jour-là. On reconnaît l’état de la démocratie dans un pays par la façon dont la presse et les médias sont traités. Au Gabon, il y a une violation permanente de la liberté de la presse.

Ces arrestations évoquées interviennent une fois de plus, dans les habitudes des méthodes brutales du régime, après que de nombreux citoyennes et citoyens gabonais démocrates aient fait l’objet de menaces directes ou indirectes, dont, Marc Ona, Gloria Mika, Paulette Oyane Ondo, ou moi-même Mengue M’Eyaà.

Sous la pression, le régime a été contraint de libérer dans la nuit du 11 au 12 mai ceux qui ont été arrêtés. Il est donc inutile que le putschiste fanfaronne comme s’il avait le contrôle d’une quelconque situation et tente de prendre des accents « gaulliens » parce que De Gaulle a libéré la France de ses occupants et que M. Bongo oppresse le Gabon et fait occuper le pays pour le dépouiller.

C’est pourquoi, il est absurde d’avoir envisagé un défilé commun de protestation avec les représentants du régime dont la responsabilité est totale.

En revanche, l’autre défilé des populations gabonaises était légitime. Il est donc inutile pour Mme Bongo de faire une mise en scène de récupération de la douleur du peuple gabonais.

Il fallait que le peuple gabonais puisse défiler librement.

Mme Bongo a sa part de responsabilité, elle qui participe en complice à la dépossession des Gabonais. La seule mission qu’elle peut s’attribuer, si elle respecte le peuple gabonais et si elle est sensible à la douleur de ceux qui ont perdu des êtres chers depuis plus de 40 ans, est de demander à M. Bongo, son époux, de quitter le poste usurpé qu’il occupe.

Le régime est étonnamment laxiste envers les auteurs de crimes « rituels » qui sont rarement identifiés et sanctionnés par une justice elle-même sous contrôle.

Seul le départ du putschiste gabonais et de son clan pourront permettre une véritable lutte contre cette forme de criminalité. Le problème principal du Gabon est l’absence de démocratie et l’existence d’une clique malfaisante et corrompue qui étouffe la possibilité d’un Etat de droit.

1° Nous demandons que se tienne la Conférence nationale, proposée par les démocrates gabonais, dont l’idée a été exposée au Président de la République française, François Hollande, est la seule solution permettant aux Gabonais de reprendre le contrôle en main de leur destin.

Faut-il le rappeler ? Le résultat de plus de 45 ans de dictature, dont la dernière étape a été le coup d’Etat électoral de septembre 2009 avalisé par la France de Sarkozy-Guéant-Bourgi, est l’existence de crimes odieux d’une cruauté insoutenable commis par des affidés du régime en raison de croyances d’un autre âge. Ces crimes auraient pour « finalité » le maintien de positions politiques dans le parti-Etat.

Nous demandons aux représentations diplomatiques des pays démocratiques européennes ou américaines présentes sur le territoire gabonais d’exiger publiquement de la part du régime qu’il mette un terme aux pratiques des crimes « rituels ».

Ceux-ci ne doivent pas être considérés comme des sujets « culturalistes » mais comme des crimes contre l’Humanité, encouragés par le régime gabonais.

Nous demandons que La France convoque l’ambassadeur du Gabon à Paris pour explication.

Il y a donc un « devoir d’ingérence » qui ne viole aucune souveraineté, car c’est le peuple gabonais souverain, qui devrait désigner ceux, celle ou celui qui incarnent cette souveraineté. Ce n’est pas le cas aujourd’hui au Gabon.

Les représentations diplomatiques des pays démocratiques, notamment les Européens et les Américains, ne peuvent faire comme si elles n’étaient pas au courant des pratiques barbares du régime gabonais.

Elles doivent prendre position, comme pour la Yougoslavie, l’Arménie, et elles ne peuvent reproduire des attitudes qu’elles pouvaient avoir eues en France sous l’occupation en feignant d’ignorer les pratiques du régime de Vichy. Des crimes barbares doivent être dénoncées par des ambassades d’États démocratiques.

Les seuls intérêts économiques de la France au Gabon ne peuvent justifier le silence.

Les représentations diplomatiques ne peuvent pas prétendre qu’elles ne savaient pas.

Le peuple gabonais, comme les peuples tunisiens, égyptiens, syriens ou maliens, ne veulent plus se faire massacrer par des individus occupant des fonctions qui ne leur ont jamais été confiées au mépris de toute démocratie.

Le Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon n’entend pas se contenter d’une posture de victime face au régime mais affirme sa volonté de mettre fin par tous les moyens possibles à la persistance de la dictature du clan Bongo au Gabon.

Puisqu’il ne veut pas de conférence nationale, qu’il ne veut pas organiser une élection présidentielle anticipée, et qu’il veut dialoguer avec une opposition choisie par lui, les prochaines marches doivent avoir pour mot d’ordre le départ du putschiste gabonais, tant qu’il est encore temps pour lui.

Fait à Paris, le 12 mai 2013 .

P. le Mouvement Civique du Gabon

La Présidente du Conseil exécutif

Mengue M’Eyaà


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